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Politique

Grèves et actions

Droit de grève. Après Philippe, E. Ciotti souhaite durcir la répression envers les grévistes

Invité de l’Interview politique sur LCI hier matin, le député LR des Alpes-Maritimes s’est rangé derrière les propos du gouvernement, fustigeant les actions des grévistes et demandant des sanctions.

mercredi 22 janvier

Crédit photo : REUTERS/Eric Gaillard

Invité de l’Interview politique sur LCI hier matin, le député Les Républicains des Alpes-Maritimes s’est rangé derrière les propos d’Edouard Philippe tenus la veille lors des Questions au Gouvernement. Le premier ministre a condamné les actions menées par les grévistes dans le cadre de la bataille contre la réforme des retraites, actions qui se sont multipliées ces derniers jours et montrent l’importante détermination à mener le bras de fer contre le gouvernement. « Tout cela c’est méconnaître la démocratie, tout cela c’est méconnaître la loi, tout cela devra être sanctionné » a ainsi affirmé Edouard Philippe, appelant à la répression des grévistes

Des leçons de démocratie, vraiment ?

Éric Ciotti a joué la surenchère ce matin sur le plateau de LCI « Cela n’est pas acceptable. On ne peut pas utiliser la violence pour faire valoir ses idées dans une démocratie » a ainsi affirmé le député Les Républicains. Interrogé pourtant sur la multiplication des violences policières à l’encontre du mouvement des Gilets Jaunes et des grévistes, comptabilisant plusieurs dizaines d’éborgnés, des mains arrachées et des centaines d’hospitalisations, ainsi que sur l’assassinat récent de Cédric Chouviat entre les mains des forces de l’ordre, Éric Ciotti « récuse et dénonce ce mot honteux de "violences policières" ».

Celui qu’on appelait « le Monsieur sécurité de l’UMP », rapporteurs de divers projets de loi répressifs sous les gouvernements Fillon, visant notamment les jeunes de banlieue et les manifestants (à l’image de la « loi sur les violences en bande » adoptée en 2010) a ainsi une vision toute particulière de « la démocratie ». Il a critiqué le gouvernement sur ce qu’il qualifie comme une forme d’immobilisme, Emmanuel Macron étant mis en difficulté sur l’adoption de la réforme des retraites par la contestation sociale et le mouvement de grèves. Éric Ciotti revendique quant à lui la réforme menée par Nicolas Sarkozy en 2010, réhaussant l’âge de départ à taux plein à 67 ans.

Mais de quoi éditorialistes et politiciens ont-ils peur ?

Depuis plusieurs jours, les principaux médias favorables à la réforme ainsi que des représentants des hautes sphères de l’Etat comme Macron ou Philippe ont fustigé la multiplication des actions menées par les grévistes. Sans les nommer, ils font évidemment référence à des événements comme la pénétration l’envahissement du siège de la CFDT par des grévistes de la coordination SNCF-RATP, aux séries de coupures menées par la CGT énergies visant d’importants centres économiques comme le marché de Rungis, le Marché d’Intérêt National et le Orly Val. Des actions qui contrairement aux dires du personnel politique n’ont que très peu impactées les usagers. Enedis ayant dans ce cas précis, alimenté les zones d’habitation du Sud Francilien à partir d’un autre réseau. L’envahissement d’un théâtre parisien par des manifestants où se trouvait Emmanuel Macron, a également donné lieu à la scène surréaliste de la fuite du chef de l’Etat.

Une série d’actions qui met en lumière et met en lumière les brèches toujours ouvertes dans le macronisme. Alors que le gouvernement cherche à remettre en cause le droit de grève et les méthodes légitimes de lutte des travailleurs, l’heure est à la solidarité. En ce sens, les déclarations des directions syndicales ne cautionnant pas les actions des grévistes comme celle de la CGT doivent être dénoncées, ou encore la plainte déposée par Laurent Berger doivent être combattues.




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