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Politique

Mépris de classe

Elodie, infirmière tuée au travail : R. Ferrand refuse puis interrompt une minute de silence

Non content de détruire matériellement l’hôpital public, Richard Ferrand, Président de l’Assemblée nationale, poursuivi par la justice, a craché au visage de toute la profession médicale, en refusant de laisser se tenir une minute de silence pour une infirmière tuée sur son lieu de travail.

mercredi 19 février

Crédit photo : AFP

Le 13 février dernier, à Thouars, dans les Deux-Sèvres, Elodie Multon, une infirmière d’une unité psychiatrique, a été mortellement blessée à l’arme blanche par un patient qui tentait de s’enfuir. Une tentative de fuite comme il en arrive régulièrement mais qui ne vont jamais jusqu’au drame. Pour beaucoup de professionnels de la santé, il est évident que ce cas illustre tragiquement le manque de moyens et de personnels dans l’hôpital public, qui expliquent que personne ne se soit rendu compte que le patient était armé.

En pleine crise de l’hôpital public, Olivier Véran, nouveau promu au poste de ministre de la Santé a indiqué se rendre sur les lieux. Mais à LREM pour ceux dont la carrière n’est pas directement concernée par l’hôpital public, on se laisse aller au mépris le plus inhumain. En brave élève de son président et de ses sorties ignominieuses, Richard Ferrand, président de l’Assemblée Nationale, qui fait l’objet d’une enquête pour « prise illégale d’intérêts », s’est senti obligé de faire étalage de son indifférence totale envers les travailleurs et les travailleuses.

En effet, hier la députée FI de Meurthe-et-Moselle, Caroline Fiat, aide-soignante, a interpellé le président de l’Assemblée sur son refus d’observer une minute de silence en hommage à cette infirmière, morte au travail. « Dès qu’un fonctionnaire d’Etat décède dans l’exercice de ses fonctions, il est d’usage de lui rendre hommage dans cet hémicycle. Grande surprise ce matin, pour ne pas dire stupéfaction […] vous avez refusé notre demande de rendre hommage avec une minute de silence à cette infirmière tuée dans l’exercice de ses fonctions. » a-t-elle expliqué.

Pourtant, alors que la députée choisissait de transformer le reste de son temps de parole en une minute de silence, suivie par quelques (peu nombreux) députés qui se levaient pour se joindre à elle, Richard Ferrand a immédiatement repris la parole, interrompant le trop court silence dans un véritable affront à la mémoire de cette infirmière, et en réalité de toute sa profession. « Madame Fiat, nous sommes tous sensibles à l’émotion provoquée par le drame que vous venez d’évoquer mais, ainsi que je l’ai indiqué au président de votre groupe, l’usage limite la pratique des minutes de silence à des cas exceptionnels et solennels et il ne peut y avoir dans cet hémicycle de minutes de silence à l’initiative d’un député ou d’un groupe. » a-t-il justifié froidement.

Dans un communiqué, la CGT du centre hospitalier Nord-Deux-Sèvres a réagi vivement à la scène : « C’est toute sa famille qui est insultée, c’est toute la communauté soignante qui est bafouée ! » Le syndicat exige des excuses publiques, un hommage national pour Elodie Multon (sous la forme d’une minute de silence), la démission de Richard Ferrand, en interpelant les autres élus pour qu’ils s’associent ces revendications.




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