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Entretien avec Christophe Schirch, militant CGT à FLEX-N-GATE, après la grève sur les salaires de Burnhaupt-le-Haut

Nous avons interviewé Christophe Schirch, militant à la CGT chez le sous-traitant de PSA FLEX-N-GATE, après la grève sur les salaires de l’usine de Burnhaupt-le-Haut près de Mulhouse. Alors que la question des salaires prend une place de plus en plus centrale dans une situation de forte augmentation des prix, et que les directions syndicales n’apportent aucun plan à la hauteur, il est essentiel de s’armer pour les prochaines luttes en partageant et coordonnant les expériences.

mardi 22 mars

Crédit photo : UNSA Flex N Gate Audincourt, débrayage pour la hausse des salaires

RP : Vous avez mené deux débrayages dans votre usine de Burnhaupt-le-Haut près de Mulhouse, qui est un sous-traitant de PSA. Peux-tu nous dire comment vous avez procédé ?

Christophe : nous avons fait un premier débrayage qui avait pour but de mettre la pression sur la direction de l’entreprise dès l’ouverture des NAO, afin qu’ils aient conscience du mécontentement des salariés. Ce premier débrayage a été très bien suivi car une cinquantaine de salariés sont sortis dont environ 70% des ouvriers des 2 équipes de journée les 7 mars et 10 mars 2022.

RP : Quel est le sentiment dans les ateliers, les deux débrayages marché sur l’usine, est-ce que tu l’expliques par l’ampleur que prend la question des salaires ?

Christophe : Le sentiment est mitigé car beaucoup de salariés sont déçus de ne pas avoir vu ce mouvement se produire également sur les 2 autres sites de la division, mais ils sont actuellement lourdement impactés par le chômage partiel (lorsque les ¾ de l’usine sont en chômage partiel il est très compliqué de débrayer). Néanmoins les salariés sont conscients de l’impact que leur mouvement a eu et pour l’instant ils sont plutôt contents dans leur majorité du résultat. Compte tenu de l’impact financier dû à l’activité partielle et à la rémunération de 84% qui en découle d’une part mais aussi de l’absence de la prime de participation et de la prime d’intéressement économique, nous estimons que les salariés ont perdu entre 3000 et 5000 euros durant l’année 2021.
C’est d’autant plus inacceptable que pendant ce temps le propriétaire de l’entreprise qui est la 61eme fortune mondiale n’a cessé de s’enrichir.

RP : Il y eu une intersyndicale ce qui est assez rare comment avez-vous discuté , est-ce une poussée de la base ?

Christophe : oui il y a eu une intersyndicale dès le début des négociations avec les 5 syndicats représentatifs dans l’entreprise. Il y a actuellement 3 syndicats sur le site mais seuls 2 ont participé aux mouvements de débrayages. Le 3ème n’a fait preuve d’aucune activité et c’est fort dommage qu’il n’ait pas voulu soutenir et accompagner les salariés.
Plusieurs salariés souhaitent que nous agissions ensemble dans ce type de situations mais malgré cela la lutte a permis d’avoir 3,2 % d’AG ce qui n’aurait pas eu lieu sans mobilisation des salariés, même si cela reste insuffisant.

RP : Il y a un nombre important de grèves locales dans le pays surtout après la pandémie. Avec la guerre en Ukraine tous les produits de première nécessité vont augmenter. Comment réagissent les salariés ?

Christophe : Les salariés sont surtout particulièrement inquiets quant à la flambée des prix des carburants d’autant plus qu’il n’y a ni train ni bus pour aller au travail. Ils se demandent comment cette situation va finir et si elle va encore se détériorer, ce qui fait que d’autre mobilisation auront lieu.

RP : Avec ces différentes luttes, qu’il va falloir coordonner localement mais aussi nationalement pour en faire un enjeu capital et surtout gagner ensemble. Comment envisagestu les choses ?

Christophe : Je pense que la solidarité doit prévaloir surtout dans ces périodes excessivement compliquées ou l’avenir est sombre. Seule l’unité et la détermination peut inverser la tendance. La solidarité doit être un réflexe en toutes circonstances. Nous devons nous entraider que nous soyons salariés du public ou du privé et que nous soyons actifs ou retraités.

RP : Les attaques vont se poursuivre de plus belle après les élections présidentielles. Quel est ton point de vue de militant, comment faut-il envisager les prochaines luttes ?

Christophe : Les salariés doivent faire preuve de courage et de détermination comme l’ont fait nos anciens qui sont l’exemple à suivre. Nous devons systématiquement soutenir tous ceux qui mènent des combats et plus nous serons nombreux plus ce système inégalitaire qui prône la division sera faible. Ensemble on va plus loin. Ne cédons pas à la fatalité ou à la résignation. Nous devons construire un monde meilleur qui sera plus juste.
Nous devons vivre et non survivre



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