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États-Unis. Jakob Blake 29 ans, criblé de balles devant ses enfants

Les images, d’abord publiées sur Twitter, montrent la victime s’éloignant de deux policiers alors que ces derniers pointent leurs armes sur lui. Alors qu’il tente de rentrer dans son véhicule, où se trouvent ses trois enfants, l’un des policiers ouvre le feu sur lui à sept reprises. Une énième démonstration n’a pas manqué de raviver la colère populaire.

lundi 24 août

Crédits images : Facebook

La scène, filmée par un voisin, se déroule le dimanche 23 août dans la ville américaine de Kenosha au nord-est des États-Unis. On y voit Jacob Blake, un homme noir de 29 ans venant de s’interposer entre deux personnes pour mettre fin à une dispute. Plusieurs agents de police sont alors présents, appelés sur les lieux pour une affaire d’incident domestique. Deux d’entre eux braquent rapidement leurs armes sur Jakob qui, visiblement désarmé, retourne vers son véhicule, où l’attendent ses trois enfants. C’est alors que l’un des deux policiers présents attrape l’homme par son t-shirt avant de lui tirer sept balles dans le dos, a bout portant, sous les yeux de sa famille et notamment de ses trois enfants, présents dans le véhicule.

Rapidement, la victime est transférée vers l’hôpital le plus proche où, selon sa famille, elle reste dans un état grave, encore aujourd’hui pris en charge en unité de soins intensifs. L’avocat de la victime, qui avait auparavant représenté George Floyd, s’exprime :

«  Les trois fils de Jacob Blake étaient dans la voiture lorsque la police de Kenosha lui a tiré dessus. Ils ont vu un policier tirer sur leur père. Ils vont être traumatisés à vie. […] Il essayait simplement de faire ce qui lui paraissait juste, en s’interposant dans cet dispute. C’est un miracle qu’il soit toujours vivant. »

«  Les policiers ne nous ont pas dit pourquoi ils ont fait ça. […] Puisqu’il est noir, il est automatiquement suspect. »

Un ami de la famille ajoute :

« C’était l’anniversaire de son fils. Son fils était dans la voiture quand ils lui ont tiré dessus. […] Il n’était un danger pour personne.  »

Un énième cas d’une extrême violence commis suite à l’intervention de la police américaine qui s’inscrit dans la continuité des nombreux cas de violences policières et de meurtres de la police américaine, notamment contre la communauté noire américaine, alors que les États-Unis connaissent l’un des plus importants mouvements sociaux contre le racisme et les violences policières de leur histoire. L’incident, qui n’est pas sans rappeler la mort tragique de George Floyd, n’aura pas manqué de déclencher un renouveau de colère populaire : le soir même, un large mouvement d’indignation et de révolte remue la ville. Plusieurs milliers de manifestants se réunissent sur le lieu du drame. Rapidement, de nombreux camions de police font leur entrée dans le quartier. Plus loin, d’autres groupes de manifestants se réunissent devant les bâtiments administratifs de la police, exigeant justice et vérité—Eux mêmes suivis de près par la police. Rapidement, de violents affrontements éclatent, et dureront jusqu’au matin suivant. S’en suivront la mise en place d’un couvre feu dans la ville entière, toujours en vigueur aujourd’hui, et une escalade de répression, jusqu’à la mise en place d’un état d’urgence.

« Les policiers impliqués ont été mis en congé administratif. », indique un communiqué de presse du Département de la Justice locale. Une punition bien dérisoire face à des violences policières qui semblent n’en plus finir, et qui tous les ans tuent toujours plus de noirs américains, le plus souvent dans l’impunité la plus totale.

Ces événements ont tout de suite rassemblés des habitants du quartier, ulcérés par la situation, qui ont interpellé les policiers alors que ceux-ci commençaient à barricader la ville. Des révoltes ont éclaté dans la nuit, défiant la police, s’inscrivant dans la lignée du mouvement qui a secoué les États-Unis cet été, contre le racisme d’état et les violences policières. La famille de Jacob Blake a déjà contacté Ben Crump, avocat de la famille de George Floyd pour lequel se sont soulevées des dizaines de milliers de personnes aux États-Unis, pour dire stop aux violences racistes de l’un des piliers fondamentaux de la première puissance impérialiste.




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