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Politique

Elections européennes

Européennes : lancement d’une campagne polarisée aux enjeux politiques nombreux

2 607. C’est le total des candidats des 33 listes déposées pour les élections européennes prévues dimanche 26 mai en France. Un enjeu politique important pour les différentes forces politiques, après 6 mois d’un mouvement social inédit.

lundi 6 mai

Depuis vendredi, c’est donc officiel. Au total, il y aura 33 listes aux européennes. Jamais dans l’histoire des européennes, l’offre politique n’a été aussi fragmentée. Pour exemple, en 1999, dernier scrutin comparable avec une circonscription unique, 20 listes de 87 candidats avaient été déposées. Cette année, il y aura donc 33 listes avec au total 2607 candidats. Aux dernières élections européennes de 2014, il y avait en moyenne 24 liste par circonscription, dans un contexte, où le scrutin était organisé dans 8 circonscriptions.

Pour Emmanuel Macron, ce scrutin pourrait être décisif pour la suite de son quinquennat. Dans Le Monde, Virginie Malingre rapporte les confidences d’un proche du chef de l’Etat : « Pour lui, c’est une élection cruciale pour l’avenir de l’Europe, mais aussi pour son quinquennat » et la journaliste souligne, « l’heure est grave » pour Jupiter. En effet, sans une victoire face à l’extrême droite aux Européennes, une relance du quinquennat en passant à une sorte d’acte II du macronisme serait compromise.

D’après les derniers sondages, le pari n’est pas gagné d’avance en effet. Les résultats d’Ipsos Sopra Steria donnent le Rassemblement National avec Jordan Bardella à 22% et La République En Marche avec Nathalie Loiseau à 21,5%. Sous pression, le patron de l’exécutif prévient son gouvernement : « en cas de mauvais résultat, ce ne sera pas la même configuration, le 27 mai, à la table du Conseil des ministres. On peut être un très bon ministre mais contraint de partir si les élections ne suivent pas » comme le rapporte pour Libération Lilian Alemagna et Charlotte Belaich.

Côté Gilets Jaunes, les 3 listes déposées s’en revendiquant ne recueillent pas des soutiens massifs de la part du mouvement. Comme le souligne Charles Sapin pour Le Figaro : « créditée de 13% des intentions de vote en janvier dernier, une éventuelle liste jaune ne recueillerait, selon les sondages, plus que 2% aujourd’hui ». En effet, la plus grande partie des manifestants ne placent dans cette échéance du 26 mai que très peu d’espoir. Par ailleurs, ces listes dites « Gilet Jaunes » sont au mieux confuses politiquement et au pire proches des idées d’extrême-droite, ce qui est loin de représenter la majorité des opinions exprimées au cours du mouvement. Comme les Gilets Jaunes se sont caractérisés jusqu’à présent pour être un mouvement « extra-parlementaire » et fortement imprégné d’un certain « antipolitisme », cela a probablement permis que ces courants profitent de ce « vide » pour mettre leur propre contenu politique.

Si la campagne pour les Européennes ne suscite encore que peu d’échos à trois semaines du « jour J », elle se trouve déjà polarisée entre d’une part la candidate de la majorité présidentielle, et d’autre part, celle du Rassemblement National. Pour le reste, la droite de François-Xavier Bellamy fait du sur-place autour de 13,5 %, victime d’un chef de l’Etat qui s’efforce de lui disputer sa base électorale : « le retour des frontières, une fermeté en matière migratoire, un éloge de la famille » énumère Laurent Joffrin dans Libé. Quant à la gauche réformiste, elle paye sa dispersion entre EELV et la FI, autour de 8% d’intentions de vote, et le Parti Socialiste et Place Publique autour de 5%.

Le principal vainqueur de ces élections sera semble-t-il l’abstention record. Et plus avance la campagne, et plus le taux d’abstention monte. Selon une étude, la participation serait ainsi en baisse, entre 38 et 42 %, contre 40 à 44 %, il y a quelques semaines. A titre de comparaison, en 2014, seulement 42,4 % des électeurs s’étaient rendus aux urnes. Donnée supplémentaire importante, l’abstention touche plus particulièrement les électeurs se revendiquant de gauche qui s’abstiendraient à 59 %, contre 41 % pour ceux se revendiquant de droite. Si le discrédit des partis politiques est au plus haut, comme l’exprime l’abstention record qui s’annonce lors de ces européennes, les partis de gauche sont particulièrement touchés.

Côté travailleurs, Nathalie Arthaud pour Lutte Ouvrière, soutenue par le NPA, est la seule candidate à faire porter “la voix des travailleurs” dans le cadre des ces Européennes. Si de nombreux médias, à l’image des “Inrocks”, pointent “un problème de pluralisme” dans la couverture médiatique de ces élections, la ligne anticapitaliste et internationaliste de LO résonne avec les aspirations de nombreux gilets jaunes, dont l’appel de Saint-Nazaire, rassemblant 200 délégations de gilets jaunes, insistait sur la nécessité d’en venir à bout du capitalisme qui exploite. Par ailleurs, cette obstruction médiatique de Nathalie Arthaud a l’avantage de battre en brèche : “derrière la prétendue neutralité de la justice et des médias il y a la dictature du capital. La voix des travailleurs passe par la lutte de classe”, insiste sur Twitter la candidate.

Crédits photo : 20 minutes - Slideshow




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