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Politique

Ni oubli, ni pardon !

« Faire vivre sa mémoire et les luttes qu’il menait » : manifestation hommage à Clément Méric à Paris

Ce dimanche a eu lieu une manifestation en mémoire de Clément Méric, assassiné par des néo-nazis en 2013. A l'appel notamment de l'AFA Paris-Banlieue, plus d'un millier de personnes étaient présentes en hommage et contre l'extrême-droite.

lundi 6 juin

Dimanche 5 juin avait lieu à Paris une manifestation en hommage à Clément Méric, militant antifasciste et syndicaliste étudiant, tué à coups de poing américains en plein Paris par des néonazis le 5 juin 2013. À l’appel de plusieurs organisations tels qu’Action Antifa Paris-Banlieue, l’UJFP et la CNT, plus d’un millier de manifestants se sont réunis pour commémorer la mort de Clément Méric. Fumigènes et drapeaux en mains, c’était également pour eux l’occasion de rappeler leur résolution à perpétuer la lutte de leur camarade.

L’année dernière, le juge d’instruction du procès en appel de ses meurtriers, des skinheads du groupe fasciste « Troisième Voie », a requalifié le meurtre en « violences volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner ». Une requalification honteuse, qui a permis aux assassins de s’en sortir avec des peines allégées et qui envoie un message clair d’impunité à ceux qui perpétuent les violences de l’extrême-droite. Il s’agissait de la première manifestation en hommage à Clément Méric depuis ce procès, dans un contexte où l’ensemble de la classe politique et des médias font le jeu de l’extrême-droite et de ses violences, qui se sont multipliées en France à l’image de l’assassinat du Rugbyman Frederico Aramburu en mars dernier.

Et c’est pour rappeler l’opposition des valeurs et de combats que des dizaines d’organisations antiracistes, anticapitalistes, anti-impérialistes et du mouvement étudiant venus de tout le pays étaient présents à la manifestation, rythmée par de nombreux chants révolutionnaires, antifascistes ou encore pour la libération de la Palestine.

De nombreux militants ont ainsi exprimé leur désillusion légitime vis-à-vis de l’État et de ses instituons judiciaires, carcérales et répressives. Geneviève Bernanos, du Collectif des Mères Solidaires, rappelle que c’est précisément parce que c’est cette justice bourgeoise qui musèle et condamne nos luttes, qu’on ne peut leur faire confiance pour les protéger.

C’est également le cas de Landry, militant antiraciste et membre du collectif Justice et Vérité pour Gaye Camara, tué d’une balle dans la tête par la BAC de Stains. Ce dernier, fort de son expérience face à cette justice à deux vitesses, rappelle que c’est « à nous de lutter pour ne pas les laisser bénéficier d’une impunité quelconque ».

À l’heure où Le Pen est devenue une habituée du second tour, où Zemmour remplit des salles et où les discours racistes et réactionnaires sont alimentés à longueur de journées par le gouvernement et les médias, ce rendez-vous en hommage à Clément Méric est un exemple émouvant qu’on ne doit rien céder à la peur, et que la lutte contre l’extrême-droite se mène par la rue.

Seul le rapport de force pourra nous permettre d’imposer notre de modèle de société débarrassé de l’exploitation, et en finir avec les idéologies réactionnaires. C’est pourquoi il est plus qu’urgent que le mouvement ouvrier se saisisse de la lutte contre l’extrême-droite, partout où elle sévit.



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