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Libérez Georges Abdallah !

"Fedayin" : un film choc sur la vie de Georges Abdallah et son combat pour la Palestine

Diffusé dans le cadre de la campagne pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, plus ancien prisonnier politique d’Europe détenu en France, le documentaire « Fedayin » revient sur le combat de ce militant qui n’a jamais renié sa cause : la libération du peuple palestinien et la lutte contre l’impérialisme.

mercredi 29 septembre

Photo : Vacarme(s) Films

Rempli d’images d’archives, d’interviews de proches de Georges Abdallah, de militants de la cause palestinienne et de militants révolutionnaires qui ont eux aussi été prisonniers politiques comme Jean-Marc Rouillan (Action directe) ou le militant belge Bertrand Sassoye (Cellules communistes combattantes), le film-documentaire produit par le collectif Vacarme(s) Films, retrace le parcours de Georges Abdallah, militant libanais pour la cause palestinienne et contre l’impérialisme. Un film qui plonge le spectateur au cœur de la résistance palestinienne face à la colonisation israélienne. Du Moyen-Orient, région déchirée par l’impérialisme, jusqu’à Paris, au cœur de l’impérialisme français.

La vie de Georges Abdallah : celle d’un combattant pour la cause palestinienne et de la lutte contre l’impérialisme

Dans le documentaire, Robert Abdallah, porte-parole de la campagne de libération de Georges Abdallah au Liban revient sur le parcours qui a mené son frère à s’engager dans la lutte révolutionnaire et à devenir militant communiste. Enseignant dans une région pauvre au nord du Liban, Georges Abdallah est très vite confronté aux contradictions de classes et va côtoyer de nombreux réfugiés palestiniens qui fuient en masse la colonisation brutale de l’État israélien depuis la Nakba de 1948. C’est surtout à partir de 1970 que les « fedayins » (combattants armés pour la cause palestinienne) brutalement réprimés en Jordanie, arrivent en masse dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban. Ces camps d’exilés palestiniens au Liban deviennent très vite les foyers et l’avant-garde de la résistance palestinienne. Engagé dans la lutte armée avec le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), Georges Abdallah vit dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahar El-Bared, avec qui il partage les conditions de vie et dans lequel il coordonne et représente le FPLP.

A partir de 1978, l’État israélien en lien avec les phalangistes de l’extrême-droite libanaise, multiplie les agressions sur le sol libanais pour tenter de détruire la résistance palestinienne qui s’organise dans ces camps de réfugiés. Dans ce cadre, de nombreux libanais vont lier l’oppression qu’ils subissent à celle que subie le peuple palestinien et vont se solidariser de la cause palestinienne. Comme le rappelle le militant pro-palestinien Mohammed Khatib dans le film, c’est dans ce contexte que Georges Abdallah « comprend que le combat pour la Palestine est aussi le combat pour le Liban ». C’est d’ailleurs ce qui se joue dans la « guerre civile » libanaise dans laquelle la bourgeoisie libanaise chrétienne alliée à Israël et aux puissances impérialistes cherchent à mater la résistance palestinienne soutenue des organisations d’extrême-gauche.

On peut regretter que le film présente les années 1970 au Liban comme le théâtre d’une guerre civile dans laquelle s’affrontent des forces ouvertement réactionnaire et la gauche alliées aux organisations palestiniennes sans mettre au premier plan la poussée ouvrière, paysanne et populaire, protagoniste central d’un processus politique et social qui secoue le Liban d’alors et qui finit par être dévoyé sur un terrain confessionnel et communautaire. Pour autant, le film-documentaire révèle avec justesse, l’importance de la lutte de libération de la Palestine pour les peuples arabes et opprimés et montre bien qu’il ne s’agissait pas d’une « guerre civile confessionnelle » comme cherchait à le faire l’impérialisme.

L’État d’Israël envahit le Liban en 1982 et des milliers de fedayins doivent alors quitter le Liban. Cette tournure du conflit conduit aux terribles massacres des camps de Sabra et Chatila par les phalangistes et l’armée israélienne qui feront des milliers de morts. Face à cette défaite tragique, Georges Abdallah décide de quitter le FPLP pour fonder les Fractions armées révolutionnaires du Liban (FARL), et opère un changement tactique : il décide que la lutte armée contre la domination impérialiste doit se mener dorénavant au sein même des puissances impérialistes.

L’affaire Georges Abdallah : un révélateur du rôle de la France dans l’oppression du peuple palestinien

George Abdallah sera arrêté en France en 1984 pour détention de faux-papiers, puis condamné en 1987 pour complicité dans les exécutions ciblées de Charles Ray, attaché militaire américain à Paris et l’agent du Mossad Yacov Barsimentov. Et comme le rappelle dans le film son avocat Jean-Louis Chalanset, Georges Abdallah devient très vite le bouc-émissaire d’une série d’attentats perpétrés de façon indiscriminée contre des civils et revendiqués par le Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient (CSPPA), officine proche du pouvoir iranien.

Georges Abdallah est condamné par une cours spéciale dans un simulacre de procès « avec la complicité des journalistes français qui savaient pertinemment que les preuves apportées par les services secrets étaient fausses » comme le rappelle Jean-Marc Rouillan dans le documentaire. Un procès au cours duquel les États-Unis se portent même partie civil pour demander une peine plus lourde. Signe de l’alliance inter-impérialiste entre la France et les États-Unis pour faire taire un militant de la cause palestinienne.

Libérable depuis 1999, Georges Abdallah est maintenu prisonnier par l’État français dans la prison de Lannemezan en quartier de haute sécurité, faisant de lui le plus vieux prisonnier politique d’Europe. Conformément à son engagement, le militant n’a jamais plié. Geoerges Abdallah refuse encore aujourd’hui de renier ses principes et continue d’utiliser son emprisonnement et la médiatisation de son affaire comme d’une tribune pour la cause palestinienne.

Or c’est bien ce qui motive la France mais aussi les États-Unis à le garder en détention malgré les textes et engagements internationaux. Les demandes pour exiger sa libération resteront d’ailleurs sans suite, comme en 2013 où Manuel Valls refuse en accord avec les États-Unis, de signer l’arrêté d’expulsion vers le Liban qui aurait pu rendre sa liberté à Georges Abdallah. Cette détermination de l’État français et de l’État américain à maintenir un militant pro-palestinien en détention en mépris du droit international, révèle en réalité à quel point la résistance palestinienne est un caillou dans la chaussure des intérêts des puissances impérialistes.

Le film-documentaire se ferme sur une note de la DST (ex-DGSI) en 2007 qui montre le symbole que peut représenter aujourd’hui Georges Abdallah dans la lutte pro-palestinienne, et notamment au Liban : « Personnalité emblématique de la lutte antisioniste, la libération de Georges Abdallah constituerait sans nul doute, au Liban, un évènement. Il sera probablement fêté comme un héros à son retour dans son pays, mais aussi par différentes mouvances engagées dans la lutte révolutionnaire ». Aujourd’hui encore, la récente résurgence de la lutte palestinienne face à la brutalité de la colonisation israélienne montre à quel point le soutien inconditionnel à la lutte de libération du peuple palestinien, ainsi que l’opposition intransigeante à la politique de l’État d’Israël et des puissances impérialistes est d’une actualité brulante pour tout révolutionnaire et toute organisation se revendiquant de l’internationalisme.

Le soutien inconditionnel à Georges Abdallah, otage de l’impérialisme, et à tous les prisonniers politiques de l’occupation israélienne est donc plus que jamais à l’ordre du jour. Dans ce cadre, la campagne unitaire pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah organise tout un mois d’actions dont de nouvelles diffusions du film « Fedayin », qui se terminera sur la 11ème manifestation de soutien organisée à Lannemezan le 23 octobre prochain.




Mots-clés

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