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Islamophobie

Fonds Marianne. Derrière la démission du préfet Gravel, un scandale d’État

Christian Gravel, le préfet responsable du Fonds Marianne mis en place par Schiappa, démissionne suite aux révélations de détournement de ce fonds. Une affaire qui met en lumière les rouages de la campagne islamophobe initiée par la Macronie en 2021.

Benoit Barnett

7 juin 2023

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Fonds Marianne. Derrière la démission du préfet Gravel, un scandale d'État

Crédit Photo : Capture d’écran BFM TV

Ce mardi, Mediapart donne des nouvelles du Fond Marianne, créé suite à la mort de Samuel Paty en 2021. Le journal avait déjà fait partie de ceux qui, en avril dernier, avaient révélé l’utilisation de ce fonds pour financer des contenus politiques, relayant l’islamophobie d’État et de la propagande pro-Macron pendant la dernière période électorale. Les 2,5 millions d’euros issus des fonds publics, prévus pour « défendre les valeurs de la République » et « soutenir des actions en ligne, à portée nationale, destinées aux jeunes de 12 à 25 ans exposés aux idéologies séparatistes » ont, au final, servi l’offensive islamophobe du gouvernement Macron.

Dans ce nouvel article, on apprend la démission de Christian Gravel, préfet responsable du Comité interministériel de prévention contre la délinquance, la radicalisation et les dérives sectaires (CIPDR), alors en charge du Fonds Marianne. Sa démission intervient suite aux révélations concernant la subvention donnée à l’Union fédérative des sociétés d’éducation physique et de préparation militaire (USEPPM) dont la somme s’élève à 335 000 euros. Une somme importante, dont la moitié aurait fini dans la poche du journaliste Mohamed Sifaoui, dirigeant de l’association et responsable de plusieurs émissions sur l’islam politique, et de son collègue Cyril Karunagaran, au lieu d’être injectée dans une campagne multimédia promise au CIPDR. Cet argent, qui devait rémunérer une dizaine de personnes, a donc été réinjecté comme salaire dans les comptes en banque des deux responsables de l’USEPPM, une organisation qui se révèle être une coquille vide.

Très proche de l’ancien premier ministre Manuel Valls, responsable de sa nomination comme préfet en 2015, et proche des fondateurs du Printemps Républicain , Christian Gravel a été posté au CIPDR comme un « outil précieux » de la politique contre le « séparatisme », selon des proches de Schiappa. Avec sa démission, ce sont les rouages de l’offensive islamophobe du gouvernement qui est mise sous les projecteurs.

D’après les révélations, Christian Gravel a été auditionné par la Commission d’enquête ad hoc du Sénat qui l’avait déjà mis en cause en raison de la non-communication d’un document relatif au projet mené avec l’USEPPM. Lors de l’audition, il a expliqué que ce projet émanait d’une « commande politique » de Marlène Schiappa, instigatrice du Fonds Marianne, avec qui Sifaoui avait déjà collaboré pour l’élaboration de la loi « Séparatisme » aux côtés de figures du Printemps Républicain tels que Gilles Clavreul, ou Caroline Fourest.

Même si Mohamed Sifaoui ne s’est pas présenté à son audition à la Commission d’enquête sénatoriale, c’est Cyril Karunagan qui a confirmé l’implication du gouvernement dans le détournement des fonds publics : « Entre fin 2020 et début 2021, Mohamed Sifaoui m’a fait savoir que les pouvoirs publics, et notamment le cabinet de Marlène Schiappa, l’encourageaient à s’engager dans un contre-discours républicain ». Une affirmation corroborée par Sebastien Jallet, dirigeant du cabinet de Schiappa de 2020 à 2022, expliquant lui aussi qu’elle était directement intervenue dans le processus de sélection du Fonds Marianne. Aussi, Jallet a déclaré sous serment que lors des échanges avec le cabinet Schiappa, Mohamed Sifaoui avait été incité à « envisager un projet associatif pour recevoir un soutien ».

Ainsi, la démission de Christian Gravel n’est qu’un fusible qui saute dans une affaire qui incrimine directement Marlène Schiappa. Alors que cette dernière pensait pouvoir se tenir loin du scandale, les révélations successives continuent à la replacer au centre des responsabilités. Au même moment où la campagne islamophobe du gouvernement suit son cours, comme on le voit avec l’offensive dirigée par Pap N’Diaye sur les tenues des élèves, l’affaire du Fonds Marianne confirme que, sous couvert de laïcité, l’assassinat de Samuel Paty a été instrumentalisé par le gouvenrment comme à fric pour puiser dans les fonds publics afin de mener une politique systématique de racisme et d’islamophobie d’État.


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