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Fuite dans une centrale nucléaire en Chine : vers une catastrophe industrielle ?

Une fuite dans une centrale nucléaire EPR à Taishan en Chine a été révélée hier par la chaîne de télévision américaine CNN. Aucun communiqué officiel n'a émané des autorités chinoises, qui pourraient minimiser et cacher les conséquences de la fuite.

lundi 14 juin

Crédits photo : AFP

Selon un communiqué d’EDF datant de lundi, il s’agirait d’une « augmentation de la concentration de gaz rares dans le circuit primaire », qui se situe au sein de la double enceinte en béton. Les gaz ne seraient pas sortis du circuit primaire qui fonctionne en circuit fermé.

Vers la fin du mois dernier, Framatone, une filiale du groupe EDF, a été informée d’un incident dans la centrale nucléaire de Taishan en Chine. Il s’agit d’une centrale de la filière française de type EPR, une nouvelle génération de centrales développées par EDF, qui possède 33 % des parts de la centrale de Taishan. La centrale est exploitée par l’électricien public China General Nuclear (CGN). Les autorités américaines ont été contactées de leur côté par la filiale américaine de Framatone, multinationale française spécialisée dans le combustible nucléaire et qui est également impliquée dans la gestion de la centrale.

Les documents consultés par CNN indiquent une potentielle « menace radiologique imminente ». Malgré tout, les autorités françaises et anglaises estiment que la centrale n’est pas dans un état de crise selon des sources citées par CNN. En effet, Framatone serait entrée en contact avec les autorités américaines principalement pour obtenir une autorisation dérogatoire afin de pouvoir obtenir une assistance technique dans le but de résoudre le problème au sein de la centrale. Toutefois, la situation a justifié la tenue de plusieurs réunions du Conseil de sécurité national américain, ainsi que différents échanges entre les autorités françaises, américaines et chinoises.

La gestion de l’incident par les autorités chinoises : une potentielle minimisation du problème

L’une des principales préoccupations concerne la gestion de l’incident par les autorités chinoises qui chercheraient à minimiser l’incident afin de pouvoir continuer à faire tourner la centrale. En effet, la Chine a tendance à privilégier l’apparence de normalité et de contrôle, au risque de mettre en jeu la sécurité de milliers de personnes. Ainsi, les autorités chinoises refusent de communiquer davantage sur la situation et aucun communiqué officiel public n’a été produit.

Selon une lettre de Framatone adressée au département américain de l’énergie le 8 juin, « l’autorité de sûreté chinoise aurait repoussé les limites acceptables pour la détection des rayonnements à l’extérieur de la centrale pour éviter son arrêt ». Si les relevés effectués par l’agence chinoise restent dans le « domaine de sûreté autorisé », la question est de savoir comment et par qui est déterminé le domaine de sûreté. Rien ne permet de savoir si les échelles sont similaires à celles de la France par exemple. La crainte concerne donc une augmentation artificielle des seuils par les autorités chinoises afin de cacher des fuites anormales.

Si les différentes sources indiquent que pour l’instant, la situation n’a pas atteint un niveau de crise mettant en danger les travailleur.euse.s et la population aux alentours, il est essentiel d’enquêter sur la situation réelle de la centrale nucléaire et sur les risques potentiels. Les travailleur.euse.s qui seront les premiers touché.e.s en cas de problème, et qui sont les plus qualifié.e.s pour évaluer un potentiel problème, devraient pouvoir évaluer et communiquer directement sur le risque encouru. La sûreté des travailleur.euse.s et de la population ne peut dépendre de préoccupations économiques ou diplomatiques, mettant en danger des milliers de vies.




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