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General Electric a annoncé la suppression de plus de 1050 emplois en France

General Electric prévoit la suppression de 1050 emplois, essentiellement sur le site de Belfort. Les organisations syndicales et les élus annoncent que « l'heure est à la mobilisation générale ».

mardi 28 mai

Crédits photo : SEBASTIEN BOZON - AFP

Le géant américain General Electric a annoncé son « plan social » attendu depuis quelques mois par l’ensemble des salariés et syndicats. Les syndicats se doutaient que l’annonce tomberait après les élections, ce qui n’a pas manqué : le groupe a annoncé ce mardi 28 mai des « des projets d’évolution de l’organisation de ses activités gaz et de ses fonctions support » qui « pourraient entraîner un maximum de 1044 réductions de postes, essentiellement sur les sites de Belfort et Boulogne-Billancourt ».

Encore une fois, pour les grandes entreprises, c’est le profit qui prime, au détriment de vies humaines. « C’est plus de la moitié des salariés de l’activité gaz […] qui vont perdre leur emploi » déplore le délégué central de la CGT, Karim Matoug. En effet, l’annonce prévoit de supprimer 1050 postes dont 792 dans la production des turbines à gaz sur 1800 postes. Les suppressions entraîneront également du chômage dans les sous-traitants du groupe, et auront un impact sur l’ensemble de la zone.

Dans le détail, le groupe américain, qui avait racheté en 2015 la branche énergie d’Alstom, envisage jusqu’à 792 suppressions de postes dans l’entité gaz, et 252 dans celle dédiée aux fonctions supports, a précisé à l’Agence France-Presse (AFP) un porte-parole du groupe. « C’est la mort annoncée du site », a renchéri dans les colonnes du Monde Dominique Thiriet, secrétaire de la CGT à General Electric Belfort.

Après le rachat de la branche énergie d’Alstom, General Electric s’était engagé à créer 1000 postes en France et à ne pas en supprimer d’ici 2018. En 2019, le groupe a donné 50 millions d’euros à l’État pour ne pas avoir respecté son engagement et va supprimer 1050 postes. La direction se justifie en expliquant qu’il y a une baisse durable des commandes mondiales ; mais pour Alexis Sesmat, délégué syndical SUD, la réalité est bien differente. « Le marché des turbines à gaz est cyclique. Actuellement, on est en bas de cycle, mais l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prédit que le gaz sera la première source dans le mix énergétique d’ici vingt ans. » « S’il faut développer les énergies renouvelables pour diminuer notre empreinte carbone, celles-ci n’apportent pas d’inertie sur le réseau. Elles sont par essence intermittentes. »

Les salariés payent pour les erreurs des patrons

General Electric a deux usines qui produisent les mêmes turbines. Il y a celle de Belfort et une en Caroline du Sud, à Greenville. Alors que le groupe s’était engagé à créer des emplois, ils ont transféré la fabrication de deux modèles de turbines aux USA. On constate que la politique de General Electric a été de supprimer des productions à Belfort pour faire en sorte qu’elle soit moins rentable et supprimer des postes. De plus, cela s’accompagne d’une politique managériale agressive. Alexis Sesmat expliquait dans Le Monde que « désormais, l’alternative est la suivante : soit les salariés luttent jusqu’à l’épuisement pour donner du sens à leur travail et maintenir un niveau de qualité qui a fait la réputation de l’entreprise, soit ils se protègent en étant complètement résignés ». On parle ici d’une boîte qui pousse ses salariés à bout. En mars, le cabinet Secafi rendait une expertise sur demande des CHSCT de General Electric. Le résultat est édifiant. Sur 1 893 salariés, 63 % sont « en niveau de risques psychosociaux de fort à très fort ». Après avoir poussé les salariés à bout on les jette comme des moins que rien.

De plus, la situation financière du groupe est loin d’être catastrophique et s’il fait moins de bénéfices, c’est dû non pas au faible taux de commande mais plutôt à la politique financière de la boîte. Dans Le Monde, Quentin, chargé d’affaires au sein de la division gaz explique : « Ce qui se passe en ce moment est un terrible gâchis. On a l’impression de payer pour les erreurs du passé ». « Début 2017, il [le PDG NDLA] a fait un emprunt bancaire afin de continuer à rémunérer les actionnaires à hauteur de 1 dollar par action. En un trimestre, il a distribué 147 % de nos bénéfices sous forme de dividendes ! ». Voilà les raisons de ces suppressions de postes : faire plus de bénéfices afin de les redistribuer aux actionnaires, sur le dos de milliers de salariés.

D’après le journal patronal L’Usine Nouvelle, pour General Electric, « dans la division électricité, les commandes ont reculé de 14 % au premier trimestre » et ils n’ont fait « que » 80 millions de dollars de bénéfice. Mais au total, au niveau du groupe, le bénéfice est de 954 millions de dollars au premier trimestre. Il s’agit d’un choix délibéré et criminel de la part de General Electric de supprimer ne serait-ce qu’un seul poste.




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