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Impunité policière : le non-lieu pour le policier qui a tué Liu Shaoyao d’une balle confirmé en appel

La Cour d’appel de Paris a confirmé le non-lieu accordé au policier qui avait tué Liu Shaoyao par balle le 26 mars 2017. Encore une fois l’impunité policière est totale.

mercredi 18 novembre

Crédits photo : Benjamin CREMEL / AFP - Mobilisations pour Liu Shaoyao en avril 2017

Ce mardi 17 novembre, la Cour d’Appel de Paris a confirmé le non-lieu accordé le 11 juillet 2019 au policier ayant tué Liu Shaoyao d’une balle, le 26 mars 2017. Ce soir-là, trois agents de la BAC, appelés par un voisin qui avait signalé un homme avec un couteau dans son couloir, défoncent la porte du domicile de la famille Liu avant de tirer sur Liu Shaoyao, 56 ans devant deux de ses enfants. Ces derniers resteront deux heures enfermés près du corps de leur père, comme le raconte sa fille Isabelle Shaoyao dans une interview accordée à StreetPress.

Suite à la mort de Liu Shaoyao une bataille va avoir lieu pendant deux ans pour tenter d’obtenir un procès et donnera lieu à des révoltes de la communauté chinoise. Mobilisée aux côtés d’autres familles de victimes de violences policières, la famille Liu conteste la version policière qui affirme que le père de famille les aurait attaqué avec des ciseaux et plaident la légitime défense. Une version finalement retenue par le juge qui conclue à un non-lieu en juillet 2019, confirmé hier par la Cour d’Appel.

Une impunité policière inacceptable, mais malheureusement commune dans ce type d’affaires. Comme le rappelait Basta Mag en juillet dernier, deux tiers des affaires de décès dans le cadre d’une opération policière finissent sur un non-lieu ou un classement sans suite. Une injustice renforcée par les révélations récentes de StreetPresse qui a récemment retrouvé deux des policiers impliqués dans l’affaire dans le cadre de témoignages sur des actes de tortures commis au commissariat du 19ème arrondissement. "StreetPress a pu, à partir de différents documents de procédures, identifier ces trois fonctionnaires mis en cause par Moha. Deux d’entre eux, les gardiens de la paix D. et G., faisaient partie de l’équipage de la BAC qui, le 26 mars 2017, a été impliqué dans la mort de Liu Shaoyao (il ne s’agit pas du tireur)." rapporte ainsi Mathieu Molard.

Cette nouvelle décision de "justice" scandaleuse s’inscrit ainsi dans une longue histoire d’impunité policière. Une impunité qui résonne de façon particulière à l’heure où l’Etat entend légiférer pour renforcer encore la "protection" des policiers en tentant d’interdire de facto la diffusion d’images de policiers en exercice dans le cadre de sa loi sécurité globale. Il est ainsi plus urgent que jamais de continuer à se mobiliser aux côtés des familles de victimes dans leur combat pour tenter d’obtenir la vérité, et contre toutes les attaques du gouvernement contre les droits démocratiques.




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