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Catastrophe humanitaire

Incendie du camp Moria. L’enfer continue pour des milliers de réfugiés livrés à eux-mêmes

Suite à l'incendie ravageant le camp de réfugiés Moria à Lesbos en Grèce, la situation est catastrophique. Une semaine plus tard, une seule proposition : reproduire un camp de fortune, sous la répression.

jeudi 17 septembre

Crédit photo : Louisa Gouliamaki /AFP

Mercredi dernier, le camp Moria est parti en fumée. Les images ont rapidement circulé rappelant aux yeux du monde l’existence révoltante d’une concentration de plus de 13 000 réfugiés sur une île grecque, à Lesbos. Une situation qui, avant l’incendie, était déjà catastrophique, les structures sur place étant prévues pour 3000 personnes. Les conditions de survie étaient des plus lamentables, comme le dénoncent régulièrement les ONGs humanitaires sur place, pointant notamment un pic à 20 000 personnes concentrés dans la zone.

Cette catastrophe humanitaire permanente entre désormais dans une nouvelle phase qui exacerbe les politiques migratoires réactionnaires de l’Union Européenne. La première série d’annonces des gouvernements européens portait sur l’accueil de 400 personnes, notamment des mineurs. Mais cela est bien sûr insuffisant pour les milliers de personnes livrées à elles-mêmes, Stephan Oberreit, chef de mission pour Médecins Sans Frontières, en Grèce témoigne des réactions : « les manifestations pour exiger une évacuation vers le continent sont quasi quotidiennes, et souvent réprimées par des tirs de gaz lacrymogène. ». Si la présidente de la Commission Européenne a exprimé une « profonde tristesse » face à la situation, c’est concrètement une profonde répression qui s’enclenche actuellement sur le terrain, notamment contre ces manifestations, avec comme mesure principale du gouvernement Grec, l’envoie de forces répressives sur place pour empêcher les réfugiés de quitter l’enfer de l’île.

L’Europe forteresse fait preuve une nouvelle fois de toute son hypocrisie, en proposant d’accueillir, comme toujours, une petite partie des réfugiés, tout en reproduisant les mécanismes antécédents. Un nouveau camp est en effet en cours de construction à Lesbos, dans lequel 500 personnes sont déjà entrées avec une interdiction d’en ressortir. On s’avance vers un durcissement des protocoles, sous couvert de crise sanitaire avec des camps/prisons qui ne font que temporiser la problématique des centaines de milliers de personnes qui fuient les guerres, la pauvreté, la crises climatique...

Les catastrophes humanitaires ne feront que s’empirer si les frontières restent fermées et que les seules politiques des différents gouvernements se résument à la répression et l’enfermement. En régularisant tous les sans-papiers et en ouvrant les frontières et en mettant les moyens suffisants pour accueillir l’ensemble des personnes qui le souhaite, nous pouvons mettre fin à ces enfers. Mais il faut également dénoncer, et en premier lieu en France, les politiques d’interventions impérialistes qui sont une des principales causes des guerres et de la pauvreté dans les pays d’origines des réfugiés, de même sur les questions climatiques, où ce sont les grandes entreprises occidentales qui nous mènent droit vers la catastrophe. Il est impératif de remettre en cause ce système de production guidé par le profit, sur le dos de la majorité de la population.




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