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Notre classe

Grève des travailleurs en première ligne

Journée de mobilisation dans la grande distribution. Des centaines de salariés manifestent à Paris

Ce jeudi 9 Juillet était posée une journée de mobilisation et de grève par la CGT dans le secteur du commerce et des services. Plusieurs centaines de travailleurs se sont donné rendez-vous place d'Italie devant le centre commercial Italie2 pour faire entendre leurs voix et leurs revendications.

jeudi 9 juillet

En première ligne pendant le confinement, les travailleurs du commerce, de la grande distribution ou des services se sont retrouvés ce jeudi 9 Juillet sur la place d’Italie pour faire entendre leur colère. Dans ce secteur, le patronat a profité du confinement pour faire des chiffres d’affaire records, les magasins ne désemplissant pas, assaillis par une clientèle inquiète qui a rarement autant dépensé. En effet, IRI, un institut d’étude, a calculé une hausse du chiffre d’affaires de 22% de la grande distribution alimentaire, pendant l’épidémie.

Dans le même temps, les salariés de ces enseignes, envoyés en première ligne pour faire tourner le pays et répondre aux besoins vitaux de la population, ont dû affronter des conditions de travail ne respectant pas les mesures d’hygiènes. C’est sans masques, sans armes face à l’épidémie qu’ils ont dû faire face, certains y ont perdu la vie.

Certains secteurs ont été particulièrement touchés par les pertes liés au Covid-19 ; c’est le cas des agents de sécurité, chez qui on a dénombré plus de 20 morts pendant le confinement.

Pire encore, alors qu’ils ont montré que c’étaient eux qui faisaient tourner la société, ils n’ont obtenu aucune récompense si ce n’est le mépris. Payés au SMIC horaire, travaillant intensément pendant le confinement pour pourvoir aux besoins de la population, ils subissent aujourd’hui une série de plans de licenciements, de PSE, de pertes d’emplois au travers de dépôts de bilan ou encore de redressements judiciaires. De manière scandaleuse, les directions des grandes enseignes refusent aujourd’hui d’accorder les primes promises par Bruno le Maire pendant le confinement. Comme nous l’explique Zouhir, délégué syndical CGT, et hospitalisé pendant la crise sanitaire, les primes sont aujourd’hui proratisées par le patronat, et ne sont accordées que dans des conditions particulières. Un salarié ayant vu stopper son travail par la maladie, n’ayant pas travaillé pendant les jours fériés, ou ayant dû travailler à temps partiel pour garder ses enfants voit ainsi sa prime sucrée par les directions de son entreprise.

Désormais les directions des grandes enseignes de la distribution ou du commerce n’hésitent pas à utiliser l’argument de la crise économique pour justifier licenciements, plans de départs et plans d’attaques des conditions de travail. Un argument qui ne tient pas quand les études montrent les chiffres d’affaires réalisées par le secteur. Après la promesse d’une prime qui n’est jamais venue, le gouvernement, main dans la main avec le patronat, veut faire travailler davantage, baisser les salaires.

Concrètement cela revient à revenir sur les 35 heures et à faire signer des accords qui n’auront pour unique but de baisser des salaires déjà parmi les plus bas, tout en attaquant les conditions de travail.

Les travailleurs présents sont ainsi nombreux à revendiquer de meilleurs conditions de travail et une augmentation des salaires. Dans certains magasins c’est plus de 80% des salariés qui étaient en grève ; c’est le cas du Biocoop Retour à la Terre, situé vers Philippe Auguste, où le magasin était fermé jeudi matin par la grève de ses employés.

Dès lors, à l’heure où les attaques du patronat en lien avec le gouvernement se font de plus en plus virulentes, il est nécessaire de coordonner le secteur pour lui permettre de mettre en place une riposte à la hauteur des attaques, en refusant les licenciements, les PSE, les attaques contre les conditions de travail tout en revendiquant la hausse des salaires et le partage du temps de travail.




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