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De l'argent il y en a

L’exploitation paye : le PDG de Stellantis a gagné plus de 100 000 euros par jour en 2023

La rémunération du patron de Stellantis va atteindre 36,5 millions d’euros en 2023, soit une augmentation de 56% en un an. Des chiffres démentiels réalisés sur le dos des travailleurs du groupe, qui ont, entre autres, vu baisser leurs primes.

Roxane Sinigaglia

23 février

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L'exploitation paye : le PDG de Stellantis a gagné plus de 100 000 euros par jour en 2023

Crédits photo : Alexander Migl, Wikimedia Commons

Le salaire du PDG de Stellantis a été annoncé ce vendredi : 36,5 millions d’euros pour Carlos Tavares. Ce montant astronomique revient à toucher « 100 000 euros par jour, samedi et dimanche compris », comme le rappelle Jean-Pierre Mercier, porte-parole de Lutte Ouvrière. Alors que le salaire de Carlos Tavares s’élevait déjà en 2022 à 23,5 millions d’euros, cette augmentation de 56% de salaire en un an n’est pas anodine. Elle témoigne des bénéfices records du groupe automobile, qui s’élèvent à 18,6 milliards d’euros en 2023, réalisés sur le dos des travailleurs.

Pour justifier cette somme, l’entreprise croit se dédouaner en affirmant que le salaire fixe de Carlos Tavares est resté à 2 millions d’euros en 2023, et que ce montant n’a pas changé depuis trois ans. Mais le PDG de Stellantis touche tous les ans, en plus de ce salaire, un bonus de performance de 11 millions d’euros environ. S’ajoute à cela une prime de 10 millions d’euros, comme « récompense » pour avoir réussi à faire du groupe un « fournisseur de mobilité technologique durable ». Et ce n’est pas terminé. Le multimillionnaire recevra également 13 millions d’euros de bonus en actions, liés à ses objectifs à long terme, qu’il touchera « sous réserve de réalisations futures potentielles », selon le Figaro.

Ce niveau de salaire insensé s’inscrit dans les bénéfices records de Stellantis, qui s’élèvent à 18,6 milliards d’euros en 2023. Des profits réalisés sur le dos des travailleurs, par des licenciements massifs et une baisse des salaires. Le licenciement de 1800 intérimaires en un mois illustre cette volonté de casse sociale par le groupe Stellantis. 600 intérimaires sur le site de Mulhouse, 750 à Sochaux, de 200 à 250 à Poissy et 200 intérimaires à Rennes ont perdu ou vont perdre leur poste d’ici les prochains jours.

Pendant les Négociations Annuelles Obligatoires, l’augmentation générale des salaires de 4,3% a été votée, alors que l’inflation s’est élevée à 4,9% en moyenne en 2023. En somme, les salaires des travailleurs ont diminué. Pour tenter de contourner les critiques autour des profits records de l’entreprise, Carlos Tavares a affirmé la semaine dernière que 1,9 milliard d’euros seraient redistribués sous forme de prime aux salariés du monde entier, soit un intéressement de 4100 euros par travailleur.

Derrière ces belles paroles, la prime aux salariés a diminué de 200 euros par rapport à l’année dernière alors que les bénéfices de l’entreprise ont augmenté de 11%, et les quelques 10 000 intérimaires de l’entreprise ne toucheront pas un centime de prime. Par ailleurs, comme nous le rappelions la semaine dernière, « les primes en « récompenses » ne sont qu’un revenu ponctuel et incertain qui ne permet pas de cotiser pour la retraite ou le chômage ».

Stellantis réalise donc une casse sociale d’ampleur consciemment organisée sur le dos des travailleurs, pour augmenter ses gains de productivité. A l’échelle mondiale, c’est près d’un quart des emplois de l’automobile, soit 70 000 postes, qui seraient menacés d’ici à 2030 selon une étude, sous prétexte du passage des véhicules thermiques à électriques.

Alors que Bruno Le Maire a annoncé des coupes budgétaires de 10 milliards d’euros qui vont précariser toujours plus la population, le salaire de plusieurs millions d’euros de Carlos Tavares nous rappelle que de l’argent, il y en a, et avant tout dans les poches des grands patrons et des actionnaires. La grève massive qui a eu lieu aux États-Unis en septembre dernier a été une démonstration historique de la force des travailleurs de l’automobile face à leurs patrons, et doit montrer l’exemple pour les futures mobilisations. Il faut un plan de bataille contre la casse sociale et l’austérité, pour de meilleures conditions de travail et des salaires dignes.


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