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La SNCF emprunte 2 milliards d’euros pour masquer les conséquences désastreuses de la privatisation

Dans un communiqué paru le 27 octobre, la SNCF indique avoir emprunté la somme de 2 milliards d’euros sur 30 ans.

vendredi 30 octobre

Photo : AFP

C’est dans le contexte de crise sanitaire que l’on connait depuis maintenant plus de sept mois que la SNCF a annoncé via un communiqué daté du 27 octobre avoir emprunté la somme de 2 milliard sur 30 ans, les transports étant particulièrement touchés par la crise du Covid-19. Les trains ne se remplissent pas et la SNCF était déjà auparavant obligée de supprimer des trains pour ne pas être déficitaire. La dette qui s’élève à 55 milliards se retrouve amplifiée par la crise et le gouvernement n’a toujours pas proposé d’aide pour le secteur des transports.

La privatisation en cause

On peut remettre le sujet sur la table : la privatisation n’aide pas. Au contraire, dans une logique de pure rentabilité, des trains sont supprimés, et on peut dénoncer par exemple le fait que les indemnités péages versées à des entreprises privées sur certaines ligne (par exemple Paris-Bordeaux) ne diminuent pas dans la période de crise sanitaire. Pire encore que des entreprises comme Eiffage ou Vinci qui détiennent des parts de certaines lignes à grande vitesse, continuent d’engraisser leurs actionnaires pendant la période de crise alors que ces derniers pourraient sortir de leur poche pour compenser la crise. Si la situation ne s’améliore pas, la SNCF pourrait recourir à des suppressions de postes supplémentaires, là où depuis la réforme ferroviaire, les suppressions et les réorganisations s’enchaînent dans le but de faire toujours plus de profits.

La SNCF a creusé sa dette pour que les différents gouvernements puissent se vanter d’avoir contribué au réseau à grande vitesse (au détriment des petites lignes). Et aujourd’hui, la réforme du ferroviaire entraîne la SNCF à brader son patrimoine immobilier, puisque c’est Gares & Connexions (SA indépendante) qui en fait cadeau au privé à travers des SEM (sociétés d’économie mixtes). Les exemples les plus emblématiques sont les grandes gares comme Montparnasse ou Saint-Lazare transformées en centre commerciaux, au détriment des travailleurs et des usagers qui subissent la réorganisation (suppressions de postes, fermetures de guichets, etc).

Pour des transports gratuits et préparés à affronter la crise du Covid 19

Depuis le début de la crise nous avons pu constater qu’au même titre que les hôpitaux ou la grande distribution, les transports ne sont pas en reste et peuvent être considérés comme un secteur essentiel de la production, avec le rôle de transporter des millions de travailleurs chaque jour. Mais la privatisation et les restructurations de la SNCF entraînent désastreuses d’un point de vu économique et sanitaire sur les travailleurs du rail et les usagers. La crise sanitaire mal gérée par le gouvernement et les diverses directions des transports font que ce secteur est un foyer de contamination et n’est pas étranger à l’arrivée de la seconde vague. En témoignent les images de RER et métros bondés qui circulent depuis des mois sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui tout le monde devrait pouvoir avoir le droit au minimum nécessaire, du gel hydroalcoolique ainsi que des masques gratuits et la gestion des transports devrait être pensée pour limiter au maximum les risques de contamination.

Les transports devraient être un véritable service public, géré par les usagers et les salariés de la profession pour être mis au service de la population et devenir un service public gratuit et de qualité. Plutôt qu’offrir des milliards en cadeau au grand patronat, nous devons exiger un investissement massif dans les transports pour un service public de qualité.




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