^

Politique

Le Sénat vote un amendement protégeant les patrons en cas de contamination des travailleurs

Le Sénat a voté un amendement permettant au patronat de bénéficier d’une protection en cas de contamination. Un amendement qui pourra donner les mains libre au patronat pour imposer le déconfinement au prix de la santé des travailleurs.

mardi 5 mai

Crédits photo : A. GELEBART

L’état d’urgence sanitaire a été prolongé jusqu’au 10 juillet par le Sénat et avec lui les mesures liberticides. Les mesures autoritaires de surveillance et de répression se durcissent pour les travailleurs au moment où des débats s’ouvrent quant au déconfinement, et ni le gouvernement ni le Sénat n’évoquent la nécessité de mettre en place des tests massifs.

Ainsi là où les travailleurs se voient imposer des semaines de 60h en étant moins bien payés, le patronat et surtout celui des grandes entreprises ont encore besoin de faire massivement reprendre la production pour continuer à faire des profits malgré le danger de contamination pour les travailleurs et par conséquent la possibilité d’une seconde vague par le développement de nouveaux foyers plus importants. C’est dans ce sens que le Sénat a déployé un nouveau dispositif qui complète l’état d’urgence sanitaire, à savoir que si les employeurs avaient pu être poursuivis en justice pour ne pas avoir respecté les mesures sanitaires, ils sont dorénavant reconnus comme non-responsables en cas de contaminations de leurs salariés, au même titre que les élus locaux, comme l’explique l’Express. De la même manière, pour assurer que tous les parents puissent reprendre le travail, les écoles doivent rouvrir dans des conditions sanitaires déplorables dont tout le monde a bien conscience. Nombre d’entre eux refusent d’ores et déjà de les rouvrir malgré l’ « immunité » pénale que le Sénat leur a offert.

Cela révèle la faiblesse du gouvernement. En effet ce nouveau dispositif a été soumis au vote par le rapporteur LR Philippe Bas, pourtant le gouvernement qui a déjà beaucoup de difficulté à trouver du soutien pour sa politique ne peut pas ouvertement assumer une telle position qui viendrait ajouter à son instabilité, il a donc déposé un amendement au Sénat pour que le dispositif soit retiré. Philippe a déclaré vouloir préserver « l’équilibre » actuel, alors qu’il traverse une crise profonde. L’amendement du gouvernement a ainsi été rejeté par 327 voix contre et 0 pour. Le gouvernement trouve si peu de soutien que cette fracture s’approfondit même au sein de LREM puisque 13 de leurs sénateurs se sont abstenus, et 10 ont voté contre.

Mais sans s’y tromper, cette Chambre réactionnaire qu’est le Sénat n’a pas des intérêts contraires à ceux du gouvernement. Macron et son gouvernement n’ont pas remis en cause le dispositif, on sait de toute manière l’impunité du patronat qui met en danger la vie des millions de travailleurs et en sont totalement responsables. Le gouvernement a suivi cette ligne depuis le début de la crise par sa politique criminelle qui laisse les travailleurs en première ligne sans matériel ni moyens. Le gouvernement et le patronat sont bien évidemment responsables des 25 000 morts en France et c’est par conséquent aux capitalistes de payer cette crise.

Ils doivent tout d’abord payer leurs charges et même celles-ci doivent être augmentées, les salaires doivent être augmentés et un impôt sur la fortune doit fortement taxer ces richesses. Le gouvernement devra ainsi investir massivement des fonds publics pour la production de matériel sanitaire dont les travailleurs ont besoin et pour la mise en place d’une campagne de tests massifs. Il n’y a rien à attendre ni du gouvernement ni de la Justice bourgeoise, ce seront aux travailleurs eux-mêmes de s’organiser et d’imposer ces revendications.




Mots-clés

Coronavirus   /    Sénat   /    Politique