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Politique

Nouveau dérapage

Le chauffeur de Macron poursuivi en justice, nouvel épisode dans la République des barbouzes

Un an après l'affaire Benalla, une nouvelle affaire à l'Elysée : le chauffeur de Macron est poursuivi en justice pour avoir refusé de se soumettre à un contrôle de police au volant de la voiture présidentielle.

lundi 6 mai

Crédit photo / AFP

Médiapart vient de révéler ce qui s’annonce comme un nouveau scandale à l’Elysée. L’article fait état du renvoi devant le tribunal correctionnel du chauffeur du président, Stéphane P. « un gendarme du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) ». Les faits qui lui sont reprochés, le refus de se soumettre à un contrôle de police pour excès de vitesse alors qu’il était au volant d’une voiture de la présidence – il a donc pris la fuite – remontent au 27 février. Malgré ces poursuites, l’Elysée l’a maintenu en poste et l’a simplement changé d’affectation au sein du GSPR à titre conservatoire : il n’est donc plus chauffeur mais chargé de la sécurité présidentielle. Quant à une éventuelle sanction administrative, comme dans l’affaire Benalla, les choses restent très opaques : le gendarme a peut-être été suspendu pendant vingt jours sans retenue de salaire, mais la présidence de la République s’est refusée à tout commentaire.

Cet énième accroc à « l’exemplarité » tant vantée par Emmanuel Macron au début de son quinquennat n’est pas qu’un nouveau faux-pas au sein de l’Elysée. Elle démontre avec force, que l’affaire Benalla, loin d’être « l’erreur d’un homme » était surtout le symptôme d’une gestion humaine défaillante. Couverts par l’Elysée, les abus de la petite sphère qui entoure la présidence montrent une impression de toute-puissance liée aux passes-droits et à l’impunité qu’ils obtiennent de l’Elysée. En ce sens, les agissements voyous de ces hommes de l’ombre sont bien le reflet de l’arrogance du pouvoir dont Macron se pare.

Cette arrogance est accompagnée par des pratiques de pouvoir basées sur le copinage. Médiapart évoque en effet les réseaux troubles de copains qui se rendent service à l’Elysée. Ainsi, il semble que Stéphane P. fait partie des proches de Christian Guédon, lui-même entré à l’Elysée grâce à Benalla.

La « république benallanière » de Macron dénoncée par les Gilets Jaunes a de beaux jours devant elle ! A moins qu’on y mette fin...

Crédits photo : Ludovic MARIN / AFP




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