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Politique

Gilets Jaunes et répression judiciaire

Le procureur de la République de Paris veut prolonger les GAV pour empêcher de manifester

Le 12 janvier, une note du Procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, intitulée « permanence gilet jaune » était envoyée à tous les procureurs parisiens. Elle indiquait les consignes à suivre quant au traitement judiciaire porté aux gilets jaunes : au programme garde à vue abusive et toujours plus de fichage.

mardi 26 février

Crédit Photo : Abdul Abeissa/AFP

Cette note censée donner les moyens de mieux contrôler voire endiguer le mouvement des Gilets Jaunes. Rémy Heitz préconise ainsi de garder à vue les gilets jaunes interpellés jusqu’à la fin de la journée ou jusqu’au dimanche matin, même s’ils ne sont reconnus coupables d’aucun chef d’inculpation. Il s’agirait d’éviter qu’ils ne massifient les rangs des manifestations à leur sortie de garde à vue s’ils étaient relâchés en journée. La note précise aussi qu’il est nécessaire d’inscrire les gilets jaunes interpellés sur le fichier de traitement des antécédents judiciaires même si ces derniers n’ont pas de poursuite judiciaire à leur sortie de garde à vue. Il y est aussi recommandé de ne pas re-convoquer les policiers pour établir les faits (les forces de l’ordre ayant déjà bien assez de travail le samedi à réprimer les Gilets Jaunes...) et de n’utiliser les caméras de surveillance que pour les faits graves ou contestés.
Le Syndicat de la magistrature quant à lui dénonce dans un communiqué une « atteinte à la liberté individuelle » et un « détournement de la garde à vue ».

Cette note de Rémy Heitz, Procureur de la République de Paris, fait suite au projet de loi « anticasseurs » mis en avant par Edouard Philippe pour palier aux « trop nombreux heurts » prenant place lors des manifestations des gilets jaunes qui durent maintenant depuis plus de trois mois, mais aussi en réponse aux « débordements » lors des manifestations du mouvement cheminot et étudiant du printemps 2018. C’est la seule réponse du gouvernement en crise de Macron ne sachant plus comment faire face à la masse de manifestants contestant sa politique sinon frapper, mutiler, incarcérer, voir tuer ceux qui ne veulent pas courber l’échine.

D’ailleurs le gouvernement ne voit pas de problème avec cette note. Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a déclaré ce matin sur France Info, ne pas avoir eu vent de cette note et que ça ne le choquait pas. « Qu’il y ait eu des consignes de sévérité particulières qui aient pu être données à certains moments pour rétablir l’ordre public, parce que vous aviez dans certaines manifestations des personnes qui s’y rendaient avec l’intention ferme de piller, de voler, de brûler, de violenter je dirais même de tuer les forces de l’ordre, qu’il y ait des consignes de sécurité ça ne me choque pas ».

Le placement en octobre dernier de Rémy Heitz au poste de Procureur de la République de Paris avait fait jaser ! En effet, c’est Macron lui même qui avait décidé de qui prendrait la succession de François Molins à ce haut poste de la magistrature. Avec Édouard Philippe, ils avaient fait passer des entretiens à leurs candidats favoris pour « s’assurer qu’ils seraient parfaitement à l’aise avec lui », ce qui montre l’illusion qu’est la séparation des pouvoirs exécutifs et judiciaires. Cette nomination prend tout son sens lorsque l’on voit la note envoyée à tous les procureurs parisiens. Le procureur de la République est aux ordres de Macron et s’assure de mener la politique répressive contre les Gilets jaunes et l’ensemble des mouvements sociaux au sein de la justice.




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