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Monde

Offensive de coup d’État au Vénézuela

Les États-Unis annoncent des sanctions contre la pétrolière vénézuélienne et le gel de ses comptes.

Annoncé il y a quelques jours par le Trésor américain, le gouvernement américain mettra en place une série de sanctions financières contre la compagnie pétrolière d’État vénézuélienne (PDVSA). John Bolton, conseiller à la sécurité nationale américaine a réitéré son appel envers l'armée vénézuélienne à soutenir la tentative de coup d’État de Guaido tout en laissant filtrer des menaces d'intervention militaire.

mardi 29 janvier

Publiée sur Twitter par le département du Trésor fédéral, l’annonce est claire : “Le trésor sanctionne la société pétrolière d’État vénézuélienne (PdVSA) pour intensifier sa pression sur le régime de Maduro et ses membres.” Alors que la tentative de coup d’État de Guaido a eu lieu il y a seulement quelques jours, les États-Unis ont déjà démontré leur soutien et leur rôle de commanditaire dans la situation d’ingérence actuelle au Venezuela. La mesure annoncée par le gouvernement Trump implique que tous les actifs et intérêts détenus par une compagnie pétrolière soumise à la juridiction américaine soient bloqués. En même temps, il est interdit aux citoyens et aux entreprises américaines de faire affaire avec PDVSA. C’est bien évidemment une mesure aux conséquences extrêmes pour le pays qui a organisé son système d’entrée de capitaux directement sur son système pétrolier, représentant plus de 95% de ses exportations et la moitié de son PIB (dépendance qui a déjà démontré ses conséquences désastreuses avec la chute du prix du pétrole et la hausse exponentielle de l’inflation depuis 2013).

Autant dire que la mesure est un missile de guerre en termes économiques et se justifie selon les termes mêmes du communiqué publié par le gouvernement américain, paraphrasant Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor, qui a indiqué que " la décision d’aujourd’hui aidera à empêcher Maduro de détourner davantage les actifs du Venezuela. (...) la voie vers un allègement des sanctions pour la compagnie PDVSA est le transfert rapide du contrôle au président intérimaire ou à un gouvernement ultérieur démocratiquement élu.” Pour sa part, John Bolton a rappelé avec enthousiasme : "Nous nous attendons à ce que les mesures de ce lundi bloquent 7 milliards de dollars en actifs en plus de plus de 11 milliards de dollars pour les exportations perdues au cours de la prochaine année.” Une diplomatie de la canonnière et qui voudrait se justifier par un ensemble “d’irrégularités” émises par des fonctionnaires de la compagnie entre 2011 et 2015. La décision de l’administration américaine est bien évidemment posée dans le cadre de l’offensive de coup d’État qui n’a fait qu’avancer depuis mercredi dernier, lorsque le législateur Juan Guaidó s’est proclamé "président légitime" du Venezuela, obtenant la reconnaissance immédiate du gouvernement de Donald Trump et des dirigeants de droite de plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe.

Bien évidemment, cette offensive est grandement facilitée par la crise économique et sociale aiguë dans laquelle le pays est plongé du fait de la gestion de Maduro et du chavisme, qui par la répression constante de la classe ouvrière comme base sociale se sont transformés en un gouvernement dont le seul appui encore existant n’est autre que les forces armées et de répression comme les brigades Bolivariennes.
Juan Guaidó loin d’être une solution, a derrière lui les secteurs privés qui sont également responsables de la crise économique et politique qui secoue le Vénézuel.
C’est donc sur la base d’un mécontentement social largement répandu que les États-Unis cherchent à promouvoir démagogiquement des positions dans l’ensemble de la région, en recevant l’appui politique de tout les gouvernements de droite du continent alignés à Trump : du Chili, d’Argentine, du Brésil, de la Colombie, de l’Équateur etc.

La réunion, qui a été retransmise par les médias liés à l’administration, a permis à Maduro de présenter une réponse à la décision du Département du Trésor sur PDVSA. Il l’a fait en soulignant que les sanctions "sont illégales, immorales, criminelles". De plus, il a indiqué qu’il y aura des "réponses juridiques" de la part de sa direction. "J’ai donné des instructions précises au président de PDVSA pour qu’il prenne des initiatives politiques, juridiques, devant les tribunaux américains et mondiaux, afin de défendre la propriété et la richesse de Citgo, a-t-il dit.

De son côté, John Bolton a profité de la manœuvre du Trésor Américain pour faire de nouveau un appel aux forces armées vénézuéliennes, parfaitement conscient qu’elles sont le dernier appui réel du gouvernement de Maduro, déjà isolé de sa base sociale. Durant la conférence de presse d’hier, dans un acte délibéré de menace impérialiste et d’ingérence, celui ci a lâché aux journalistes présents qu’il y avait “5000 troupes en Colombie” refusant par la suite de développer.

La guerre économique est un outil très commun utilisé par la machine impérialiste qui, pour imposer ses intérêts aux peuples souverains, n’a aucun égard pour les conséquences catastrophiques causées à la population ouvrière, lui causant encore plus de souffrances qu’elle n’en subit déjà.

C’est pourquoi, plus que jamais, nous devons rejeter et affronter ces agressions et provocations impérialistes et exiger la fin immédiate de l’ingérence des Américains dans la politique intérieure du Venezuela, indépendamment du gouvernement Maduro, qui, avec sa politique économique et répressive, est responsable d’ouvrir la voie à la droite et de faciliter les plans impérialistes.




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