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Politique

En Marche pour la fusion

Les Jeunes avec Macron débarquent au Mirail. Débat démocratique ou offensive idéologique ?

C'est un événement pour le moins insolite qui est apparu sur les réseaux sociaux. Ce mardi 21 février, les jeunes avec Macron organisent une rencontre à l'Université du Mirail, à Toulouse. Si l'objectif affiché est de proposer de « discuter politique », l'intérêt soudain pour En Marche envers l'Université qui, jusqu'à présent, reste la plus massivement mobilisée contre un projet de fusion en France, a de quoi laisser perplexe. En effet, l'ex-banquier de chez Rothschild porte, dans son « programme », la fusion des universités. Alors, réelle volonté d'ouvrir un débat « démocratique », ou entreprise de propagande libérale pour faire émerger un secteur anti-mobilisation ? Julian Vadis

lundi 20 février 2017

Un intérêt soudain pour le Mirail…

Les « Jeunes avec Macron » le savent, l’idéologie libérale n’est guère dominante sur l’Université du Mirail. Ces dernières années, plusieurs mobilisations d’ampleur ont secoué ce campus historiquement ancré très à gauche. Du mouvement « Rémi Fraisse » en 2014 à celui contre la fusion des universités actuellement, en passant, bien évidemment, par la mobilisation contre la loi travail l’an dernier, le Mirail a réémergé comme un haut lieu de la contestation étudiante. Pour la présidentielle de 2017, il n’y avait jusqu’à présent que les militants de la France Insoumise et du Nouveau Parti Anticapitaliste pour mener campagne. Les partisans de François Fillon, Marine Le Pen, Benoît Hamon et d’Emmanuel Macron étant bien conscients que le potentiel électoral de leurs champions respectifs était très limité, voir totalement inexistant et ce malgré quelques tentatives quasi invisibles de temps à autres.

Mais alors, d’où vient cet intérêt soudain des militants macronistes pour le Mirail ? Et ce alors que Science Po’ Toulouse est un bastion important pour Benoît Hamon (comme en atteste le meeting du désormais candidat du PS à Toulouse, le 20 janvier dernier), qu’il serait bien plus intéressant pour le candidat d’En Marche de batailler.

La réponse se trouve-t-elle en partie dans le programme pour la Jeunesse de Macron ? En effet, ce dernier est un partisan convaincu de la fusion des universités, projet qui s’inscrit dans la continuité de la politique de casse de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche mené depuis des décennies par les gouvernements successifs. En tant que challenger sérieux pour l’Élysée en mai prochain, il est certain que commencer un mandat avec une mobilisation sans aucun contre poids sur le terrain serait un désavantage. Loin d’être une simple « discussion politique », il semble donc que les jeunes avec Macron lancent une offensive idéologique sur le Mirail, dans l’espoir de faire émerger une potentielle fraction d’étudiant « pro-fusion » organisée qui, aujourd’hui, n’existe pas sur le Mirail.

Au delà des désaccords politiques, les limites de la démarche des militants d’En Marche

Nous soulignons ici deux limites importantes de la part des militants d’En Marche.

D’une part, leur événement facebook ne mentionnant que la volonté de « discuter politiquement » relève, et c’est l’objet de la première partie de l’article, de la malhonnêteté intellectuelle. Il s’agit en réalité d’un mensonge par omission de ne pas mentionner ce pan de programme d’Emmanuel Macron, en réalité peu connu, quand on annonce publiquement vouloir « discuter politique » sur une université mobilisée contre le dit pan de programme. D’autre part, il y a là une démarche qui relève de l’anti-démocratisme.

En effet, pourquoi les militants de Macron ne viennent-ils pas exposer leur vision de la fusion dans les Assemblées Générales ? Cadre démocratique par excellence, où chaque étudiant est libre de prendre la parole, il semble surtout que les « jeunes avec Macron » entendent ouvrir un dialogue… mais sans contradicteurs. Drôle de vision de la démocratie de la part des partisans du candidat« anti-système » qui prone, comme l’ensemble des politiciens professionnels, un programme austéritaire.

Mais après tout, en termes de démocratie, Macron semble se situer dans la lignée de Hollande. Ainsi, le candidat d’En Marche entend renforcer encore plus le bras armé de l’Etat, celui-là même qui a violé Théo, qui a réprimé récemment les camarades de Besançon en lutte contre la sélection et, bien sur, qui a été déployé pourimposer la feuille de route de la fusion au Mirail avant les vacances.

À bas le banquier, venez à la rencontre de l’ouvrier ! Meeting de Philippe Poutou le 24 au Mirail.

Mardi, il semble donc important que l’ensemble des personnes mobilisées contre la fusion se coordonnent pour ne pas laisser le champ libre aux jeunes avec Macron. S’il ne s’agit bien entendu pas d’un appel à les empêcher de s’exprimer, il s’agit plutôt de les prendre au mot. Après tout, ce sont bien eux qui appellent à « parler politique » !

Mais dans cette même perspective de débat politique, Révolution Permanente, parti prenante de la campagne de Philippe Poutou, appelle au meeting du candidat anti-capitaliste sur l’université du Mirail, le vendredi 24 janvier à 12h30, amphi 9. Il y sera abordé les diverses luttes qui se mènent un peu partout en France, de revenir sur la situation politique actuelle, notamment l’affaire Théo, la la journée du 8 mars et sur notre programme de lutte contre le chômage et la précarité. À bas le banquier, venez à la rencontre de l’ouvrier !

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