^

Notre classe

Réforme des retraites

Les cheminots de gare du Nord veulent un plan pour partir en « grève reconductible dès février »

Ce matin, près de cent cheminots grévistes se sont réunis gare du Nord. Au cœur des discussions, la nécessité d’une grève reconductible pour faire plier le gouvernement.

jeudi 19 janvier

« Personne ici ne se voit travailler à 64 ans. Ce n’est que le début de la bataille  » explique Eric en introduction de l’assemblée générale. Et pour cause, les cheminots de la gare du Nord ne comptent pas laisser la réforme des retraites passer. En Assemblée Générale, c’est près de 100 grévistes qui se sont réunis, de tous les départements : les conducteurs (90% de grévistes), les aiguilleurs (73% de grévistes), et les travailleurs du triage de fret du Bourget ou encore de l’infrapôle (maintenance des voies), tous se sont réunis ce matin à 11h pour préparer la grève contre la réforme des retraites. Ici, le niveau de mobilisation est au moins aussi important que le 5 décembre 2019.

Tout l’axe nord est très mobilisé : aucun train ne circule sur le RER D, un train sur 10 circule sur les transiliens K, et un sur trois sur la ligne H. Sur le technicentre du Landy, 70% des ouvriers étaient en grève, ainsi que 52% des cadres, du jamais vu pour Karim, syndicaliste Sud Rail. Pour les cheminots, cette énième réforme des retraites est une trahison : « On avait un contrat avec la SNCF mais ils ne font que miroiter des choses qu’ils nous enlèvent à chaque fois. Les cheminots ne rentrent pas à la SNCF pour les salaires, mais parce qu’ils savaient qu’ils profiteraient de leur retraite » dénonce Anasse Kazib, aiguilleur au Bourget.

Dans l’assemblée générale, les grévistes posent d’ores et déjà la question des suites du mouvement. Il faut dire que la grève perlée contre la fin du statut des cheminots, tout comme les journées de 24h ne convainquent pas. « La colère et les grévistes sont là mais la question, c’est ce que l’on va en faire » explique Laura au micro. « Les raffineurs proposent un plan de bataille, et une chose est sûre : il va falloir mettre sur la table la reconductible dès début février » poursuit-elle. L’idée d’une grève reconductible semble convaincre beaucoup de cheminots, dans une gare où traditionnellement la grève reconductible fait partie de l’histoire des salariés. « Notre chair est faite de la solidarité entre collègues et de notre détermination dans la lutte, et on est fier d’être un bastion du mouvement ouvrier » déclare Anasse Kazib, pour qui les cheminots doivent être à l’avant garde du mouvement, avec les salariés de l’énergie et des raffineries. « Des grèves de 24h cela ne fait reculer aucun gouvernement. La seule chose qui les fera reculer, c’est la reconductible. On doit tirer le bilan des grèves du passé et arrêter de faire des grèves qui perdent » conclue-t-il.

Des étudiants de l’université Paris 8 (Saint Denis), sont aussi venus soutenir les grévistes. « Tous les jeunes rejettent la reforme. Aucun étudiant ne veut voir ses parents travailler jusqu’à 64 ans. On fera tout ce qu’on peut pour mobiliser la jeunesse, parce que c’est aux côtés des travailleurs qu’on construira un mouvement d’ensemble » explique Irène Karalis, du Poing Levé.

Une chose est sûre : au bout du quai 36 de la gare du Nord, c’est bien la grève reconductible qui se prépare. Un responsable Sud Rail nous confie que c’est dans ce sens que le syndicat cherche à intervenir dans la fédération, qui n’a pas encore proposé de calendrier au-delà du 19 janvier.



Mots-clés

Mouvement des retraites 2023   /    Réforme des retraites   /    mouvement ouvrier   /    SNCF   /    Notre classe