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Politique

La privatisation du rail en marche

Les régions vont ouvrir certaines de leurs lignes TER à la concurrence

La privatisation des lignes nationales du transport de voyageurs, ultime étape de l’ouverture à la concurrence du rail a commencé. Dans 6 mois, les régions Sud (ex PACA), Grand-Est et Hauts-de-France comptent ouvrir certaines de leurs lignes TER à la concurrence. L’objectif affiché est d’améliorer le service public et de faire des économies. En réalité, la vente des lignes les plus rentables n’offre aucune garantie, ni sur le terrain des prix et encore moins sur celui de la fiabilité.

mercredi 15 janvier

Offrir le service public au patronat sur un plateau d’argent

Ces privatisations sont présentées comme une aubaine par la droite et le gouvernement. L’argument affiché est que la privatisation forcera la SNCF à améliorer son service ou à laisser place à de nouveaux opérateurs plus performants. En réalité, ces appels d’offre sont un cadeau offert au patronat et à peine déguisé sous les habits de la prétendue « concurrence libre et non faussée ». Or en fait, ce sont principalement les lignes rentables qui seront ouvertes à la concurrence, comme les lignes Marseille-Toulon-Nice et Cannes-Nice-Vintimille. La SNCF gardera ainsi la gestion des petites lignes, moins rentables mais également utiles, dans une logique de socialisation des pertes et de privatisation des bénéfices. De plus, les opérateurs privés n’auront qu’à se servir des infrastructures et des investissements déjà réalisés avec les ressources publiques. Comme avec les autoroutes, c’est la population qui plante les graines et le patronat qui mange les fruits.

Aucune garantie d’amélioration du service ni de limitation de l’augmentation des prix

Tous les responsables politiques clament d’une même voix que l’ouverture à la concurrence améliorera les services. Or il n’existe aucune garantie qui permet de l’affirmer, ce ne sont rien que des mots car tout le pouvoir reviendra ensuite aux opérateurs dans la gestion des services. Ce sont les gouvernements qui ont organisé la faillite du service public en imposant la loi de la rentabilité contre celle de la qualité du service produit. En matière de privatisation, le bilan outre-Manche a de quoi donner une idée de ce qui nous attend. Sur-inflation des prix, fermeture de gares et de lignes, accidents, tous les voyants sont au rouge et la majorité de la population pour la renationalisation.

Pour un véritable service public

La gestion capitaliste du service public par les gouvernements a eu pour objectif de dégrader consciemment l’image de la SNCF afin de préparer les esprits à sa privatisation. Une gestion véritablement publique du transport devrait appliquer un principe de qualité plutôt qu’un principe de rentabilité. Les lignes TER réputées « non rentables » produisent en fait un bénéfice social que les indicateurs capitalistes de la gestion ne peuvent prendre en compte. Le service public ne devrait avoir en vue que le bénéfice social réel et non le profit engendré. La privatisation du rail est un objectif politique de longue date pour les gouvernements libéraux, il faut continuer de le combattre en imposant une gestion vraiment publique du rail, c’est-à-dire pour un monopole public du rail aux mains des cheminots et des usagers !

Crédits photo : Joseph Furst/Pixabay




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