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Réforme des retraites

« Les salariés sont déterminés » : la CGT énergie envisage à son tour la grève reconductible

Après les syndicats du pétrole, la fédération CGT de l’énergie a annoncé sa volonté d’aller vers une grève reconductible dans les industries électriques et gazières contre la réforme des retraites et la fin de leur statut.

vendredi 13 janvier

Pour la Fédération Mines Energie de la CGT (FNME-CGT), le plan de bataille contre la réforme des retraites est clair : « la reconduction dans nos entreprises n’est plus une question » explique la fédération, qui prépare d’ores et déjà des actions sur les centrales nucléaires et plus largement tout le réseau électrique français. Celle-ci précise que les syndicats « ne s’interdiront rien dans cette lutte sans doute historique ».

La colère gronde dans les centrales nucléaires, de quoi effrayer le gouvernement, qui avait déjà dû, à l’automne, plier face aux revendications salariales des salariés d’EDF, alors que planait le risque d’une coupure et de délestage. Une « victoire historique », qui avait alors mobilisé surtout les cadres et les agents de maîtrise. Mais aujourd’hui, la colère est encore plus large : « Les salariés sont déterminés, explique Charles Carlhant, élu CGT sur le centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube). Ils le sont encore plus qu’à cet automne. On a toutes les populations : même les cadres voient qu’ils vont devoir travailler deux ans de plus, d’autant qu’on n’a personne qui est né avant 1961, donc tout le monde est concerné ».

Face à cette colère, les syndicats se préparent d’ores et déjà à une bataille dure, avec la possibilité de grèves reconductibles, qui pourraient aboutir à des arrêts de tranches (arrêt d’un réacteur nucléaire) sur certaines installations. « Les travailleurs, s’il le faut et si le gouvernement n’entend pas, agiront sur l’outil de travail à travers des grèves reconductibles », avance le syndicaliste. La fédération appelle de son côté à de possibles « rétablissements d’électricité aux plus précaires, coupures ciblées, baisses de production, non déchargement des méthaniers et gel des arrêts techniques ».

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Au-delà du report de l’âge de départ en retraite et de l’augmentation de la durée de cotisation, les électriciens voient comme une trahison le projet du gouvernement de mettre fin au régime spécial des IEG (Industries Electriques et Gazières) : « pendant la Covid, l’ensemble des électriciens et gaziers ont assuré la production, la maintenance et les dépannages du réseau. Beaucoup d’agents venaient la peur au ventre, mais personne ne s’est défilé et tout le monde était là. Maintenant, on se fait cracher dessus, alors que notre statut est largement bénéficiaire, et qu’on est solidaire avec le régime des agriculteurs qui est déficitaire, ce qu’on fait avec fierté », dénonce le chimiste. En effet, en plus d’être largement bénéficiaire, le régime des IEG reverse, chaque année, plusieurs millions d’euros au régime des agriculteurs, la MSA.

La fin du régime spécial est donc perçue comme une insulte, et la proposition de « clause du grand père » du gouvernement, ne semble pas être à même de réduire la mobilisation : « on sait que c’est uniquement pour limiter l’impact de la lutte, et dans cinq ans quand la caisse ne sera plus bénéficiaire, ils utiliseront ça pour nous faire passer au régime général » finit le syndicaliste.

Après les syndicats du pétrole, le secteur de l’énergie vient renforcer la nécessité d’un mouvement large, interprofessionnel et reconductible. Voir les raffineries et les centrales nucléaires bloquées, en pleine crise énergétique, effraye d’ailleurs déjà le gouvernement qui appelle à la « responsabilité ». Des appels qui doivent servir d’exemple à tous le mouvement ouvrier, pour aller vers un mouvement dur et généralisé.

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