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Notre classe

Grève contre le pass sanitaire

Lyon. A l’hôpital Edouard Herriot, un appel à la grève contre l’obligation vaccinale

Dans un communiqué publié vendredi, le syndicat Sud Santé Sociaux de l'hôpital Edouard Herriot à Lyon a déposé un préavis de grève illimité à partir de ce jeudi 28 juillet à 6h afin de lutter contre l'obligation vaccinale des personnels soignants sous menace de licenciement ainsi que contre le pass sanitaire pour les patients à l'entrée de l'hôpital.

mercredi 28 juillet

Crédits photo : JEFF PACHOUD/AFP

Dans un préavis rendu public vendredi, le syndicat Sud Santé Sociaux de l’hôpital Edouard Herriot appelle à la grève à partir du 29 juillet. Un appel associé à des revendications qui s’opposent à la gestion autoritaire du gouvernement. A commencer par l’obligation vaccinale, face à laquelle le syndicat revendique « le non licenciement des agents hospitaliers non vaccinés contre le Covid-19 » ainsi que « le respect du libre choix de chaque agent d’être vacciné sans contrainte ni menace de licenciement. »

En outre, le syndicat entend également s’opposer à la mise en place du pass sanitaire à l’entrée des hôpitaux, notamment pour les patients hors-urgences ainsi que les visiteurs. Cité par Rue 89 Lyon, le syndicat explique : « Si on ne peut plus laisser rentrer les patients parce qu’ils n’ont pas de pass sanitaire, la mission de service public de l’hôpital n’est plus respectée. »

Un appel à la grève qui s’inscrit dans le refus des mesures autoritaires du gouvernement, et témoigne de la colère des soignants, héros du premier confinement désormais pointés du doigt. Ainsi, si le vaccin est évidemment un moyen fondamental pour en finir avec la pandémie, l’obligation vaccinale et le pass sanitaire apparaissent comme un tour de vis autoritaire du gouvernement qui choisit la coercition plutôt que la conviction et cherche, en pointant du doigt les non-vaccinés, à masquer sa propre responsabilité dans la gestion catastrophique de la crise.

L’hôpital Edouard Herriot de Lyon n’est d’ailleurs pas le seul à se mobiliser contre ces mesures autoritaires. Ces dernières semaines, l’hôpital de Montélimar s’est lui aussi mobilisé contre l’obligation vaccinale et les menaces de licenciement. En Martinique, les soignants ont organisé plusieurs manifestations importantes, alors que l’île subit une quatrième vague particulièrement virulente et fait face à un fort risque de saturation des hôpitaux. L’intersyndicale dénonce auprès de France Info : « Ces dispositions sont inacceptables, alors que ce qui nous manque ce sont des moyens et du personnel pour soigner, pas une obligation d’être vaccinés. »

Des mobilisations qui expriment une colère légitime, et face auxquelles il est urgent que le mouvement ouvrier réagisse en construisant un plan de bataille pour s’opposer aux mesures autoritaires du gouvernement. Un plan de bataille dans le cadre duquel il serait fondamental d’opposer une stratégie sanitaire alternative, qui défende les intérêts des travailleurs en mettant au centre l’investissement dans l’hôpital public, la mise en place de réelles mesures de prévention pour limiter les contaminations, et la mise en place d’une campagne ouvrière en faveur de la vaccination, élément central pour endiguer durablement l’épidémie.

Une stratégie sanitaire alternative qui refuse les menaces de licenciement mais qui cherche à convaincre les travailleurs de la nécessité de se vacciner, ainsi qu’à arracher les moyens de cette vaccination en France comme dans le monde en revendiquant la levée des brevets, l’expropriation des grands laboratoires pharmaceutiques sous contrôle des travailleurs, mais aussi des moyens pour informer et permettre à toutes et tous d’accéder au vaccin. Une démarche centrale pour lutter contre l’influence de l’extrême-droite et des covidosceptiques qui tentent d’hégémoniser la colère pour la canaliser sur un terrain obscurantiste et réactionnaire.




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