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Politique

« GLOIRE AUX OPERATIONS EXTERIEURES »

Macron et le 11 novembre : une inauguration à la gloire des guerres de l’impérialisme français

Parc André Citroën à Paris : profitant des cérémonies du 11 novembre, Macron inaugure un monument dédié aux 549 militaires « morts pour la France » en opérations extérieures depuis 1963. Un cercueil invisible porté par des militaires hyper réalistes symbolise leur mort. Mais bien plus invisibles et oubliés sont les milliers de morts civils, victimes de ces missions impérialistes.

lundi 11 novembre

Les « OPEX », présence armée de la France dans le monde

Afghanistan, Côte d’Ivoire, Irak, Tchad, Liban, Kosovo, République Centrafricaine, Libye, Mali, Sahel, Syrie etc… pas moins de 17 terrains d’intervention et de 110 opérations en dehors du territoire national, depuis 1963. Signe d’une politique impérialiste constante depuis la guerre d’Algérie, ces opérations ne sont pas des exceptions. Elles sont devenues une composante structurelle de l’activité opérationnelle des armées, en particulier de l’armée de terre, mais aussi de l’armée de l’air quand il s’agit de survol de territoires.

A la différence des forces pré-positionnées dans des bases en Afrique en vertu d’accords de défense ou en mer, ces opérations sont décidées au cas par cas. La décision d’engagement des armées est prise par le président de la République en Conseil de défense sur le fondement des prérogatives qu’il tient de l’article 15 de la Constitution. Même si le parlement est doté d’un pouvoir de contrôle, qui a été renforcé en 2008, par une obligation d’information et une possibilité de débat - comme ce fut le cas pour l’intervention en Irak en septembre 2014 ou pour l’engagement des forces aériennes en Syrie en 2015 - c’est le chef de l’Etat qui décide.

Sa décision se prend au nom de la constitution qui fait de lui le « garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités ». Autant dire une couverture très large qui autorise toutes les ingérences et toutes les implantations temporaires ou durables.

Quelques centaines de « morts pour la France », des milliers de morts par la France

On comprend pourquoi Macron saute sur l’occasion du 11 novembre 2019 pour venir inaugurer un monument qui, au départ, avait été commandité par Hollande, afin de s’assurer le support d’une armée de métier constituant, avec la police, les forces sur lesquelles il compte s’appuyer, en cas de nécessité, pour assurer son positionnement international et mater, nationalement, des révoltes qui pourraient se faire jour.

549 militaires de métier, c’est le prix payé pour quelques décennies de guerres impérialistes et qu’il faut faire admettre à leur corps et à leur entourage. Un monument d’un peu plus d’un million, réalisé par un grand sculpteur se veut un signe de reconnaissance marquant capable d’apaiser les doutes et les deuils. Et pour faire bon poids le discours habituel : « Celui qui meurt pour la France, ne meurt pas en vain. Celui qui tombe au champ d’honneur, ne tombe jamais pour rien. Sa vie donnée, ce sont des vies protégées, des vies sauvées… »

Mais qui paiera réparation aux milliers de civils morts ou blessés sous les effets des tirs et des bombardements de la France et des différents coalisés impérialistes qui prétendent régenter des zones géopolitiques sensibles à grand renfort d’armes et font, au passage, tourner les industries d’armement, souvent de plusieurs côtés à la fois.

Il n’existe pas, sauf peut-être dans les services du Ministère de la défense, de calcul global du nombre de morts civils engendrés, toutes générations confondues, lors de ces « opérations extérieures » et considérées comme de simples « dégâts collatéraux » d’une « légitime intervention » à des milliers de kilomètres du territoire français.

Pour ne citer qu’un seul cas, celui de l’Afghanistan ; selon l’ONU elle-même, alertée par le nombre croissant de victimes, plus de 3800 civils ont été tués en 2018. C’est seulement récemment, après treize ans de présence, que l’armée française vient de quitter les lieux, combien de morts laisse-t-elle derrière elle ? Pour eux, pour elles, jeunes ou vieux, pas de monuments, pas de pensions, pas de discours, pas de fleurs, une simple disparition aux pertes d’une population ravagée et aux profits de l’impérialisme.




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