^

Monde

Répression dans l’État Espagnol

Madrid. La police réprime les opposants au meeting d’extrême-droite organisé par VOX

Un rassemblement antifasciste massif empêche le rassemblement de VOX dans le quartier populaire de Vallecas, à Madrid. Finalement, la police a chargé les jeunes manifestants, arrêtant plusieurs personnes et frappant des journalistes.

jeudi 8 avril

Article paru initialement en espagnol sur La Izquerda Diario.es.

Plusieurs détenus, des charges policières et des journalistes les dénonçant, frappés et traînés au sol. C’est ainsi que la journée s’est terminée dans le quartier populaire de Vallecas, à Madrid, suite à la répression policière sur les manifestants.

Alors que la place était pleine de jeunes scandant “¡Fuera fascistas de nuestros barrios !” ["Fascistes hors de nos quartiers !"], lors du meeting du parti d’extrême-droite VOX, qui n’avait réussi à rassembler qu’une poignée de soutiens, protégés par des dizaines de policiers. Le meeting de VOX s’est avéré être un échec, mais la police n’a pas hésité à réprimer.

La tension était dans l’air dès le début. « La police identifie tous ceux qui sortent du métro. » « Attention, c’est plein de voitures de police ». Ce type de messages ont été échangé par des amis dans les groupes Whatsapp et Telegram autour de 18 heures. La manifestation antifasciste été appelée à cette heure-là à Vallecas, pour s’opposer à la provocation de VOX dans le quartier. Et, comme cela s’est produit lors des dernières manifestations, la police avait déployé un important dispositif et était prête à réprimer les jeunes.

La venue de VOX à Vallecas pour son meeting de campagne est une provocation à tout point de vue. En prenant place au cœur de Vallecas, le quartier qui, tout au long de la pandémie, s’est mobilisé pour soutenir les professionnels de santé et contre la répression policière. Le quartier ouvrier et populaire du club de football du Rayo Vallecano où se situent de nombreux centres sociaux de quartier, solidaires et anti-répression.

C’est pourquoi, dès que l’information a filtré, les associations sociales et de voisin du quartier ont réagi en appelant à une manifestation : « Face à leur haine, Vallecas pour tous. Le Madrid travailleur, divers, migrant, féministe et antifasciste ».

Mais la police, envoyée par la Délégation du Gouvernement à Madrid (de « gauche »), était prête à garantir à coup de matraque la tenue du meeting VOX. Les environs de la place étaient remplis de policiers anti-émeute, dont beaucoup étaient armés. Et comme le montrent plusieurs vidéos, il y a eu toutes sortes de provocations contre les jeunes, qui manifestaient pacifiquement.

En fait, plusieurs vidéos montrent comment la bande de VOX a jeté des pierres sur les manifestants. Plusieurs d’entre eux se sont infiltrés de manière provocante dans la marche antifasciste afin de générer un incident qui donnerait l’excuse pour charger.

Enfin, les charges policières ont commencé, sans distinction, contre tous ceux qui se trouvaient sur la place, y compris plusieurs journalistes. Une autre vidéo montre la police frappant et traînant au sol le journaliste Guillermo Martínez, lui retirant sa carte de presse. De telles scènes rappellent les manifestations en France ces dernières années.

En outre, le rôle de Podemos et de Más Madrid, qui, quelques heures avant la manifestation, ont publié un communiqué sur les réseaux sociaux avec le PSOE, pour appeler à la démobilisation, a suscité beaucoup d’indignation. « L’extrême droite se combat socialement et électoralement », ont-ils déclaré dans leur communiqué, en faisant valoir qu’il n’était pas nécessaire de participer à la manifestation pour boycotter le meeting de VOX. Beaucoup leur ont répondu sur les réseaux sociaux, à l’image de notre camarade du Courant Révolutionnaire des Travailleuses et Travailleurs (CRT), Lucía Nistal : « Communiqué honteux de Podemos, Más Madrid et PSOE contre la réponse que les habitants de Vallekas organisent pour contrer l’extrême droite de VOX. Que nous allions voter pour eux, c’est le seul chemin qu’ils nous proposent. Une raison de plus de se mobiliser, une raison de plus de ne pas voter pour eux. »

Enfin, la police envoyée par le « gouvernement le plus progressiste de l’histoire » montre à nouveau comment elle agit : en réprimant la jeunesse, les organisations de quartier et les journalistes, tout en protégeant l’extrême droite.

Traduction Flo Balletti




Mots-clés

Répression policière   /    Extrême-droite   /    Etat Espagnol   /    Répression   /    Monde