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En grève !

Marseille. Les commerces de la gare Saint Charles en grève reconductible depuis plus d’une semaine

Depuis le 16 Octobre, 90% des travailleurs des commerces de la gare Saint-Charles de Marseille appartenant au groupe Aréas sont en grève reconductible. Ils protestent contre leurs mauvaises conditions de travail et les nombreux licenciements qui ont eu lieux durant ces derniers mois.

Martin Joubert

23 octobre 2023

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Marseille. Les commerces de la gare Saint Charles en grève reconductible depuis plus d'une semaine

Crédit photo : Révolution Permanente

Samedi matin, devant le Monop’Daily de la gare Saint-Charles à Marseille, une quinzaine de travailleurs des quatre enseignes de restauration rapide de la gare (Monop’Daily, Exki, Go Johnny Go, Paul) se sont rassemblés pour dénoncer leurs conditions de travail désastreuses et les nombreux licenciements subit depuis plusieurs mois.

Les salariés du groupe Aréas, qui détient plus de 60 marques en France, ont déclenché la grève lundi dernier. Une mobilisation qui a été suivie par plus de 50 salariés, y compris les plus précaires, en période d’essai ou alternants. Ainsi, trois des quatre magasins du groupe Aréas de la gare Saint Charles sont fermés, le dernier étant en effectif réduit.

Face au mépris de leur direction, la colère monte chez les grévistes

Les travailleurs mobilisés protestent contre un management qu’ils qualifient d’ « agressif ». Une employée d’Aréas témoigne ainsi : « ils (les managers) sont toujours derrière nous, à regarder la moindre petite faute ». Une situation intenable, qui s’ajoute à un manque d’entretien des locaux. En effet, les grévistes dénoncent l’inaction de leur direction quant aux conditions de travail désastreuses dans lesquelles les salariés doivent travailler : « on a des toilettes cassées, pas de salle pour manger, on mange dans les vestiaires », explique un des salariés mobilisés. De plus, les grévistes notent de gros problèmes d’insalubrité dans les magasins, comme en témoigne la présence de rongeurs et de cafards dans les arrière-salles.

Comme si cela ne suffisait pas, les travailleurs d’Aréas doivent travailler en sous-effectif. Une situation qui s’est empirée ces derniers mois, et pour cause : les licenciements successifs qui ont frappé de nombreux travailleurs : « Rien n’explique que soudainement, il y ait 5 ou 6 licenciements et que 3 collègues soient convoqués pour des procédures qui peuvent aboutir à un licenciement » explique Gounné Diop, délégué syndical CGT Areas France. Pour dénoncer cette situation, une des salariées licenciées durant l’été est présente sur le piquet ce lundi 23 octobre pour soutenir ses collègues.

Les travailleurs en première ligne face à la précarité

Cette grève intervient dans un contexte d’inflation très importante, avec notamment une hausse de plus de 21% des prix des produits alimentaires sur deux ans qui a provoqué une chute des ventes, mais aussi une augmentation de 10% des tarifs réglementés de l’électricité au 1er Août dernier. Et la hausse des prix ne se confinera pas à ces domaines, le gouvernement ayant par exemple déjà annoncé la possibilité d’un doublement de la franchise médicale.

Cette inflation se répercute sur les conditions de vie des travailleurs, et en particulier des plus précaires. Une situation qui touche particulièrement les travailleurs d’Aréas dont le salaire de base est le SMIC. « C’est dur quand tu as un crédit à payer, 3 enfants dont tu doit t’occuper  », témoigne une des grévistes. La grève est également marquée par la présence d’étudiants qui travaillent le week-end dans les commerces de la gare et qui se sont donc joints aux grévistes ce samedi. « Les étudiants sont venus nous soutenir. Ils sont solidaires du mouvement de grève, et eux aussi, ils ont a y gagner » précise Gounné.

À l’heure où l’inflation fait rage, où les salariés subissent la dégradation des conditions de travail de travail et où le gouvernement prévoit des coupes budgétaires toujours plus importantes, cette grève montre la voie à suivre pour défendre les intérêts des travailleurs. Plus largement, il est indispensable de s’appuyer sur ces mobilisations pour défendre la nécessité d’une lutte d’ensemble pour un programme offensif, une indexation des salaires, des pensions et des minimas sociaux sur l’inflation ainsi qu’une augmentation des salaires de 400€ pour tous !

Afin de les soutenir, nous relayons le lien de leur caisse de grève : https://www.leetchi.com/fr/c/pour-des-meilleures-conditions-de-travail-4017934?utm_source=native&utm_medium=social_sharing


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