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Politique

"Unité nationale"

Notre-Dame, la récup continue : LREM et le RN suspendent pour 24h leur campagne

Après l'incendie qui a ravagé Notre Dame, c'est tout un pan du patrimoine qui est parti en fumée. En pleine campagne pour les Européennes, de quoi donner du grain à moudre aux principales formations politiques, LREM et le RN qui n'ont pas manqué de sauté sur l'occasion pour se faire des coups de com', décidant notamment de "suspendre" leur activités durant 24h.

mercredi 17 avril

Crédit photo : BERTRAND GUAY / AFP

Avec l’incendie qui a ravagé Notre Dame, c’est tout un florilège et un pan du patrimoine qui est parti en fumée. Mais c’est aussi un drame qui touche l’ensemble de la classe ouvrière, héritière des métiers ancestraux qui ont donné naissance à la cathédrale de Paris mais aussi à bien d’autres chefs d’œuvres, souvent dans des conditions très difficiles et au prix d’accidents du travail parfois mortels. Notre Dame c’est aussi des souffrances et du sang.

Une suspension opportuniste à laquelle se rallie la classe politique

A peine l’incendie à peu près éteint, c’est Nathalie Loiseau, tête de liste macroniste, qui a entamé le concert de l’union nationale en déclarant : « Nous vivons un moment de tristesse profonde » et en ajoutant :« Ceci doit être un moment d’union nationale ». Le RN lui a emboîté le pas, via l’un des membres du bureau exécutif, Nicolas Bay, qui a déclaré suspendre le combat politique puisque « c’est une petite part de la France mais aussi de notre civilisation européenne qui est partie en fumée. » C’est également le cas de debout la France et de LR qui a annulé son meeting .

Nous sommes bel et bien en présence d’une récupération politique réactionnaire qui, prenant appui sur cet évènement, remet en avant le fait religieux chrétien. Dès le soir de l’incendie, les chaînes d’information qui tournent en continu ne se sont pas privées de faire allusion au 11 septembre et de laisser entendre que certains islamistes pourraient se réjouir de voir Notre-Dame en feu. Ils oubliaient au passage les 3000 morts que l’incendie et la chute des tours avaient entraînés.

Une propagande et un recentrage politiques destinés à redistribuer les cartes dans un sens nationaliste et réactionnaire, à contre-courant des derniers épisodes de radicalité générés par le mouvement des Gilets jaunes.

Une tentative d’union nationale interclassiste, dans laquelle tout le monde exprimerait sa solidarité derrière le drapeau national. Quant à Macron, surfant sur ce moment d’émotion collective, il en profite pour repousser encore ses annonces aux gilets jaunes dont les fuites montrent déjà qu’elles sont dérisoires et laissent intacte la crainte de nouvelles attaques contre l’ensemble de notre classe.

Pourtant, les mêmes n’ont jamais autant saigné le patrimoine national

Ils nous la jouent « solidarité nationale » alors que tous les gouvernements successifs , comme le souligne le communiqué de presse de la CGT de la culture, ont laissé quantité de sites en danger, menacés par des moyen humains et financiers à la baisse permanente.

Et voilà qu’une fois que l’irréparable arrive, tous les donateurs riches à milliards donnent sans compter, alors que les travaux de rénovation de Notre-Dame étaient exécutés par des personnels pour la plupart salariés précaires, payés au lance-pierre. Voilà qui donne à réfléchir. En réalité, l’Etat, en organisant la baisse des cotisations sociales au bénéfice des patrons, fait des grands groupes, les premiers massacreurs de notre Dame de Paris.

Alors arrêtons cette hypocrisie capitaliste qui utilise tous les leviers pour culpabiliser tous ceux qui luttent contre cette société. C’est eux qui sont le plus profondément solidaires de Notre Dame de Paris, née des mains des ouvriers bâtisseurs. C’est eux qui portent un changement radical de société grâce auquel l’expression artistique et la préservation du « trésor collectif » seront l’œuvre des travailleurs eux-mêmes, pour eux-mêmes.




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