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Politique

#MacronistesAnonymes

Offensive médiatique sur Twitter : une campagne de soutien au gouvernement

Sur Tweeter, avec le hashtag #MacronistesAnonymes, une opération communication a été lancée en soutien au président et sa clique. Une offensive médiatique qui met encore une fois les contradictions du gouvernement au grand jour, puisque, alors que celui-ci venait de se prononcer en faveur de la suppression de l'anonymat sur internet, de nombreux internautes "anonymes", qui semblent avoir créé un compte pour l'occasion, sont intervenus pour le soutenir, ce qui accommode tout à fait l'exécutif. Mais cette campagne médiatique est en fait une offensive contre le mouvement des Gilets Jaunes, et s'accompagne d'une répression sans précédent à la fois avec les violences policières et avec l'appareil judiciaire.

vendredi 15 février

Sur Tweeter, de nombreux internautes ont affiché leur encouragement au président accompagné d’un hashtag "Macronistes anonymes". Cette campagne de soutien lancée depuis le 14 février recueille de nombreux témoignages qui affirment qu’ils voteront pour Emmanuel Macron à l’occasion des Européennes, et en 2022. Profils ouvertement pro-foulards rouges ou encore des pseudos anonymes, ces quelques tweets se disent satisfaits par la politique que mène le chef de l’État.

Alors qu’Emmanuel Macron était au plus bas de sa popularité, et majoritairement contesté, cette campagne est un répit de facade inespéré pour le gouvernement, dans un contexte de crise de celui-ci avec le mouvement des Gilets Jaunes qui aborde son quatorzième acte. Quelques ministres ont répondu à cette initiative en remerciant chaleureusement la démarche. Benjamin Griveaux, porte parole du gouvernement, paraît extrêmement soulagé de lire enfin quelques notes d’encouragement, qui semblent se faire rare aujourd’hui.

Christophe Castaner, de son côté, a pris le temps d’enrichir son tweet : d’un ton grave avec une tentative de pointe d’ironie entre parenthèses, il semble se voir offrir un refuge de réconfort.

Mais il apparaît que de nombreux tweets, signés par des pseudos, sont énigmatiques : des comptes qui viennent de se créer pour l’occasion, et dont les seuls tweets sont des odes à Macron, comme c’est le cas d’un certain Rousset25248517, qui semble dédier non sa vie, mais ses tweets à La République en Marche :

Ou encore comme "annie filoche" qui n’a qu’un seul tweet sur son compte dévoué au chef de l’exécutif :

Ce n’est pas la première fois que la question de faux comptes qui suivent Macron se pose : en été 2018, plusieurs enquêtes avaient été faites sur les followers du compte Twitter du président de la République, et il apparaissait que de nombreux de ses fidèles "suiveurs" du net se trouvaient n’être que des faux comptes créés pour suivre sur Twitter le président, et grossir son nombre d’abonnés.

Alors que Macron lance une offensive contre l’anonymat sur internet, le gouvernement semble se complaire pourtant de cette campagne de soutiens de généreux internautes anonymes. C’est bien évidemment une occasion inespérée pour celui-ci de s’acheter une base sociale qu’il n’avait quasiment plus et qui n’apparaissait presque pas, si ce n’est les Foulards Rouges que l’exécutif a fini par préférer les maintenir à distance tant ils n’étaient pas crédibles.

Finalement, Macron et les anonymes de l’internet sont devenus les meilleurs amis du monde : grâce à eux, on dirait presque qu’il est très soutenu. En effet, le gouvernement a repris quelques points de popularité. Mais ceci n’est que le revers de la grande Comédie non pas italienne mais bien française qu’est la Macronie : après le kit de noël en ligne développé par LREM pour ses adhérents, pour échapper aux terribles débats du dîner traditionnel face aux méchants mélenchonistes, LREM passe à un niveau de désespoir pour se sortir de leur popularité en toboggan par leurs (pas si) experts en communication. Cette offensive médiatique est en fait un tournant de l’exécutif qui compte se sortir de cette crise des Gilets Jaunes, et s’accompagne d’une répression en escalade pour mater la mobilisation. Les mutilés et éborgnés ne se comptent plus tant ils sont nombreux chaque samedi, mais elle se complète d’une répression judiciaire effroyablement sévère. Selon Castaner lui-même, 8400 personnes ont été interpellées depuis le début du mouvement, et 7500 mises en garde à vue. Le ministre de l’intérieur a déclaré s’opposer à "toute demande d’amnistie formulée au sein du mouvement des gilets jaunes" : depuis le 17 novembre, la justice, qui, comme son nom ne l’indique précisément pas, est au service de la classe qui domine, a prononcé près de 1800 condamnations, 1500 dossiers sont encore en attente de jugement, et 316 personnes ont été placées sous mandat de dépôt.




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