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Intérimaires en grève

« On est écœurés » : à Stellantis Vesoul, les intérimaires débrayent pour revendiquer la prime de 4 300€

Ce mardi 28 février, des intérimaires de Stellantis Vesoul ont débrayé pour revendiquer la prime de participation de 4 300 €. Une grève qui illustre un profond sentiment de colère chez de nombreux précaires travaillant pour le géant automobile.

Clovis Moreno

1er mars 2023

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Photo : Sameer Al-Doumy/AFP

Mardi 28 février, 24 intérimaires se mettaient en grève sur le site Stellantis Vesoul pour réclamer la prime de participation de 4 300 € octroyée à tous les salariés… sauf aux intérimaires. Dans la presse locale, les grévistes expliquent : « On est écœuré, déçu et en colère ! On travaille comme les embauchés et on n’a pas le droit à la prime de participation ».

Un écœurement plus que compréhensible alors que Stellantis réalise des profits record annoncé la semaine dernière avec 16,8 milliards de bénéfices réalisés en 2022, soit une hausse de 26 % par rapport à 2021. Un profit monstre réalisé sur le dos des travailleurs qui ont vu leurs conditions de travail se dégrader, notamment par l’absence d’entretien de l’outil de production, mais aussi avec des salaires qui ne pallie pas à l’inflation. C’est d’autant plus le cas pour les milliers d’intérimaires que le géant automobile emploie.

Ainsi, la grève des intérimaires de Vesoul est l’expression d’une colère plus profonde qui s’est installée chez les salariés. Vincent Duse, ouvrier retraité à PSA Mulhouse et militant CGT l’affirme : « C’est symptomatique de l’ambiance qu’il y a dans les usines du groupe. La colère est en train de s’installer dans tout le groupe Stellantis, on le voit à Mulhouse, à Sochaux. Surtout que les intérimaires qui n’ont pas les primes sont très nombreux dans le groupe. Lors de notre dernier décompte, on en avait recensé plus de 10 000 ».

Si la colère se cristallise aujourd’hui sur la prime de participation pour les intérimaires, les salariés de Stellantis se sont aussi mobilisés contre la réforme des retraites. Ainsi, Le 19 janvier, première journée de grève nationale à l’appel de l’intersyndicale de fortes mobilisations avaient eu lieu. Dans ce sens, Vincent Duse témoignait de l’ampleur de la grève : «  À Mulhouse, la CGT annonce 500 grévistes tandis que sur le site de SevelNord, ce sont 400 salariés qui se sont mobilisés, c’est quasiment du jamais-vu pour une date de mobilisation interprofessionnelle ».

En plein mouvement massif contre la réforme des retraites, la colère qui s’exprime sur les salaires montre tout l’enjeu de lier la bataille des retraites avec celle pour les salaires. C’est même une condition pour construire une mobilisation à même de faire reculer Macron. Dans ce sens, l’intersyndical doit élargir les revendications de la mobilisation en défendant non seulement le retrait de la réforme et la retraite à 60 ans (55 ans pour les métiers pénibles) mais aussi l’augmentation de tous les salaires de 400 euros et leur indexation sur l’inflation.


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