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Par-delà la posture de Macron au G7, une rentrée risquée pour le gouvernement

Le sommet du G7 qui s'est clôt ce lundi 26 août a été l'occasion pour Macron de se positionner comme dirigeant diplomate capable d'apaiser les tensions internationales. Mais si Macron se veut chef d'orchestre des relations diplomatiques entre grandes puissances, c'est essentiellement pour camoufler son incapacité à stabiliser la situation nationale.

mercredi 28 août

« Soigneusement préparé en amont, ce G7, qui s’annonçait difficile, sur fond de rivalités entre des dirigeants affaiblis ou focalisés sur leurs enjeux de politique intérieure, était, lundi matin, à quelques heures de la clôture du sommet, un succès du président français » concluaient ce lundi les éditorialistes du Monde Cédric Pietralunga et Marc Semo. Dans un contexte de tensions entre les différentes puissances internationales, la presse qui craignait un « difficile G7 pour Macron » a ainsi unanimement salué l’intervention de ce dernier en mettant au cœur de la prétendue réussite diplomatique le président français.

Au-delà de l’enjeu immédiat de démontrer qu’il était capable, en tant qu’hôte du G7, de mener à bien ce sommet malgré les tensions internationales, le pari du président français était surtout de se relocaliser sur la scène internationale à un moment où des menaces pèsent sur la stabilité économique mondiale. Ainsi, comme le note Juan Chingo, « c’est la menace chinoise ainsi que la peur de la récession mondiale qui a permis cette fragile unité des puissances du G7 ».

Or, si les éditorialistes semblent dépeindre le retour d’un Macron quasi jupitérien sur la scène internationale, le bilan des discussions du G7 décrit une réalité beaucoup plus mitigée, sans véritable réalisation pour Macron. Outre l’échec du « coup de théâtre » de la venue du ministre des affaires étrangères iranien, le président français a évité le sujet de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats Unis, et son appel à une « mobilisation de toutes les puissances » n’a pas obtenu le succès espéré.

Si Macron pouvait espérer tirer profit de la scène internationale pour afficher une posture conquérante, rappelant ainsi les débuts du quinquennat Macron et son interpellation impuissante de Trump, force est donc de constater que cet artifice ne tient que par la complaisance des médias dominants. En effet, si Macron a annoncé entamer un Acte II du quinquennat au lendemain des élections européennes, la situation d’instabilité et de contradictions profondes dont les Gilets jaunes ont été l’expression la plus importante est loin d’être refermée.

Une situation dont témoigne l’impressionnant dispositif policier mis en place pour le G7, visant à contenir et réprimer les actions contestataires à Hendaye et dans la région qui ont réuni plus de 15 000 manifestants, de même que l’affaire De Rugy ou l’indignation provoquée par la mort de Steve au cours de l’été.

En cette rentrée, l’attitude du gouvernement exprime la persistance de ces contradictions dont un changement de méthode prétend contenir l’explosion. « Cela s’appelle « l’acte 2 » du quinquennat, et le gouvernement devient un club de ministres démineurs. » résume ainsi Cécile Cornudet dans Les Echos. Sur la réforme des retraites, le gouvernement a ainsi lancé une « concertation citoyenne » avant que Macron annonce revenir sur l’âge-pivot, au profit d’un allongement de la durée de cotisation prétendument plus juste, pour obtenir l’appui de la CFDT. Du côté de l’éducation nationale, théâtre d’un mouvement inédit au moment du bac, Jean-Michel Blanquer a quant à lui promis une hausse des salaires.

Si ces quelques concessions ne semblent pas suffire pour calmer la colère latente et l’envie d’en découdre de nombreux secteurs, des Gilets jaunes au mouvement ouvrier organisé, l’absence de plan de bataille des syndicats contestataires apparaît cependant encore comme un obstacle important dont pourrait à nouveau tirer profit le gouvernement.

Crédits photo : Michel Spingler/Pool via REUTERS




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