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Jeunesse

Comme un vent d’insubordination...

Perpignan. 300 lycéens en manifestation, 6 arrestations !

Face à la désorganisation de leurs emplois du temps, à un serrage de vis sur les horaires d’entrée au lycée, des lycéens de Perpignan ont décidé de bloquer leur lycée. La police a chargé les lycéens et interpelé six d'entre eux.

mardi 17 septembre

A Perpignan, ce matin, près de 300 lycéens ont manifesté d’abord devant le lycée Pablo Picasso avant de traverser la ville pour rejoindre le lycée Arago. Les lycéens se sont spontanément révoltés à propos de modifications d’emploi du temps qui, suite aux méandres de la réforme Blanquer, viennent désorganiser considérablement les journées des profs et des élèves qui ne s’y retrouvent plus et touchent ainsi également aux horaires des repas, pour lesquels certains lycéens se retrouvent à avoir tout juste 30 minutes de pause.
Une réaction à un autoritarisme ambiant et à une infantilisation de la jeunesse qui ne passe plus ! Un lycéen confiait à L’Indépendant :"Tous les horaires ont été changés. On commence à 8h mais le portail de l’entrée ferme vers 7 h 45. Quand on arrive au-delà de cet horaire, des billets de retard doivent être faits personne par personne à l’entrée. Ce qui nous met encore plus en retard... Le midi, certains finissent à 12 h 05 pour reprendre les cours à 12 h 35. Et pour les cours de 14 heures le portail ouvre à 13 h 35 et ferme à 13 h 40. C’est juste impossible d’avoir un rythme correct.".
Un flicage de la jeunesse qui existe depuis de nombreuses années, des brimades et des punitions qui peuvent avoir lieu pour un retard de quelques minutes, des pressions à la réussite alors même que l’avenir de la jeunesse (à l’école et après) semble toujours plus assombrie par les réformes successives des gouvernements, y compris à très court terme dès la fin du bac avec la mise en concurrence des lycéens pour des places à la fac mise en place par Parcoursup.

A cela, une seule et unique réponse : les flics ! Ainsi, les forces de répression sont arrivées casques vissés sur la tête, boucliers, matraques et LBD en main devant le lycée Arago où se massaient plusieurs jeunes. La police a décidé de charger le cortège pour plaquer un lycéen au sol et lui passer les menottes, direction le commissariat ! En tout, sur tout le chemin de la manifestation, la police aura procédé à six interpellations pour quelques poubelles brûlées...

Source vidéo : L’Indépendant

Un cas isolé qui fait pourtant suite au blocage, hier, du lycée Mozart à Paris pour des raisons semblables : problèmes liés aux réformes du lycée et du bac, manque de moyens, classes surchargées etc. Une rentrée mouvementée qui a eu lieu, que ce soit du côté des élèves ou de profs, dans de nombreux établissements.

Des problèmes qui ne sont pas nouveaux, chaque lycéen pourrait fournir de nombreuses anecdotes en ce sens, ajoutés aux petites piqûres d’autorité quotidiennes toutes plus ridicules les unes que les autres (heures de colle pour des retards, interdiction de coiffures ou de tenues...), mais qui sont renforcés par le manque de moyens accordés au service public d’éducation (gel du point d’indice des profs, mauvaises condition de travail, matériel manquant ou en mauvais état) et par les dernières réformes du ministre Blanquer. Des conditions que les générations actuellement au lycée ne semblent pas prêtes d’accepter.
Des sursauts de mobilisation et de révolte des lycéens qui se déroulent dans un contexte de serrage de vis idéologique et autoritaire made in Blanquer : refonte des programme (en sciences éco, en histoire, en philosophie), mise en place du Service National Universel pour former une jeunesse patriote et qui devra comprendre que la raison d’Etat est tout et qu’il convient de ne pas la remettre en cause. Une jeunesse qui doit être mise au pas aussi pour fournir de bons petits soldats à la discipline d’entreprise, où il ne s’agirait tout de même pas d’arriver en retard ou de tenir tête au patron ! C’est aussi en ce sens qu’a été écrite la réforme de l’apprentissage professionnel !

Pourtant, et comme l’année dernière l’a montré de manière explosive au mois de décembre, les lycéens ne sont pas prêts à se taire et à baisser la tête. Des lycéens de Mantes-la-Jolie devenus un symbole des violences policières, en passant par tous ceux qui ont manifesté aux côtés des gilets jaunes, contre Parcoursup et la réforme Blanquer, à ceux qui ont manifesté et manifesteront encore ce vendredi et ce samedi pour le climat, et à ceux à venir qui vont se mobiliser en refus de cette autorité absurde qui cherche à soumettre la jeunesse et à contenir ses explosions de révolte : il semble souffler comme un petit vent d’insubordination dans les lycées.

Crédits photo : Capture d’écran, L’Indépendant




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