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JO de la honte

Primes pour les JO : Guérini tente d’éviter des grèves, il faut le contraindre à abandonner sa réforme !

Après le dépôt de préavis de grève durant les JO par la CGT et FO, le ministre Stanislas Guérini a annoncé des primes pour les agents mobilisés durant les Jeux. Des miettes pour prévenir de potentielle mobilisations.

Léo Stella

13 mars

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Primes pour les JO : Guérini tente d'éviter des grèves, il faut le contraindre à abandonner sa réforme !

Crédits photo : Capture d’écran "8.30 France Info"

Jeudi dernier, Sophie Binet a annoncé le dépôt d’un préavis de grève dans la fonction publique (Etat, territoriale, hospitalière) pour les Jeux olympiques. Une annonce suivie dans la foulée par Force ouvrière. Face à ce coup de « pression » de la direction de la CGT face aux conditions de travail difficiles qui attendent les agents de la fonction publique pour les JO, le ministre de la Transformation et de la Fonction Publique Stanislas Guérini est directement monté au créneau.

Dès le samedi matin, le ministre a tenté de calmer toute perspective de mobilisation en déclarant que selon « l’effort mobilisé » pour les JO « il y aura un dispositif de prime très cohérent de 500, de 1 000, de 1 500 euros pour tous les agents publics qui seront sur le terrain ». En plus des primes, le ministre annonce aussi l’ouverture de la pratique du télétravail durant les JO (surtout pour éviter toute surcharge de fréquentation dans les transports) et 10 000 chèques emploi-service universel ainsi que l’ouverture de places pour les crèches pour les familles des agents.

Cependant, l’obtention de ces primes restent flou et devrait surtout bénéficier aux « agents des ambassades, la sécurité » ou encore aux policiers. Ces derniers qui joueront un rôle central dans le renforcement sécuritaire durant les JO vont recevoir 1 900 euros de primes. Ainsi, les annonces du ministre devrait contenter en premier lieux ceux qui participent aux dispositifs sécuritaire, tandis que la masse des fonctionnaires risque elle de n’obtenir que des miettes.

Pourtant, une majorité des travailleurs de la fonction publique vont subir une surcharge de travail conséquente durant les JO. Certains seront même réquisitionnés pour être postés comme agent d’accueil et leur demandes de congés seront entravés pour qu’ils restent disponible durant la période de compétition. Alors que les JO s’annoncent catastrophiques sur tout les plans, les fonctionnaires des différentes branches seront ainsi utilisé pour combler les problèmes structurels des services publics.

Dans ce contexte, l’annonce des primes par le ministre ne peut apparaître que comme des miettes jetés pour tenter de calmer une colère déjà là liée à la dégradation des services publics et de la souffrance au travail que vivent les différents secteurs. Alors que les mesures austéritaires de Bruno Le Maire vont continuer de casser les services publics et que Guérini prévoit une réforme XXL de la Fonction publique avec comme principal axe la casse du statut de fonctionnaire par la mise en place de la réforme au mérite, ces mesures s’inscrivent par ailleurs dans des logiques d’individualisation de la rémunération des fonctionnaires au service d’attaques d’ampleur.

Alors que Céline Verzeletti, dirigeante de la Fédération de la Fonction Publique de la CGT, s’est satisfaite de l’annonce de Guérini affirmant que les « discussions vont reprendre sérieusement », tout en demandant l’alignement des primes sur celle des policiers, ces mesures ne sont pas à la hauteur. Si Sophie Binet a opéré un changement de ton en posant un préavis dans la fonction publique pour la période des JO, aucun réel plan de bataille n’est mis en avant limitant ainsi ce changement de ton à une logique de pression qui vise à renouer avec le « dialogue social ». C’est avec cette même logique que la CGT aborde d’ailleurs la future réforme de la fonction publique.

Plutôt que se préoccuper de ne « pas gâcher fête » et d’ouvrir le « dialogue » pour que les Jeux Olympiques se passent le mieux possible, l’heure devrait être à profiter de tous les leviers pour construire le rapport de forces face au gouvernement. En ce sens, la date du 19 mars devrait servir à penser une mobilisation de l’ensemble des secteurs de la fonction publique pour exiger de véritables augmentations de salaire, leur indexation sur l’inflation mais aussi le retrait de la réforme à venir, l’arrêt de la casse des services publics et l’embauche massive de fonctionnaires. Face aux miettes que nous propose Guérini et à la logique de la rémunération au mérite, seules ces mesures pourront réellement répondre à la question des salaires et aux problèmes structurels engendré par la casse des services publics.


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