^

Politique

Informer n’est pas un délit

Procès de Taha Bouhafs : solidarité face aux violences policières et pour la liberté d’informer !

Ce mercredi a lieu le procès du journaliste Taha Bouhafs. Victime de violences policières alors qu'il couvrait un rassemblement de travailleurs sans-papiers, la police l'accuse d'outrage et rébellion. Contre l'impunité policière et les atteintes au droit de la presse, rendez-vous à 13h devant le TGI de Créteil pour soutenir le journalisme du bon côté de la barricade !

mercredi 10 mars

Crédit photo : LouizArt

L’affaire remonte au 11 juin 2019 : alors qu’il couvrait une manifestation de travailleurs sans-papiers de Chronopost à Alfortville, le journaliste a été pris à parti et violemment interpellé par un policier de la BAC. Embarqué pour « outrage et rébellion sur personne dépositaire de l’autorité publique », Taha Bouhafs dénoncera son interpellation violente qui lui a valu 19 jours d’ITT ainsi qu’une épaule déboité, et portera plainte contre un des policiers.

Depuis le début de cette affaire, lui et son avocat Arié Alimi dénoncent des irrégularités de procédures illustrant la connivence entre la police et le système judiciaire. Par exemple, son téléphone qui avait été confisqué lors de l’interpellation a été mis sous scellé et conservé pendant plus de 8 mois, soit bien plus longtemps que prévu : en effet, alors que la restitution du portable avait été approuvée par un juge, le greffe refusait de lui remettre, alors qu’il contenait la vidéo de son interpellation, ce qui aurait pu considérablement l’aider à préparer sa défense et infirmer la version policière.

Publiée sur Twitter quelques heures avant une précédente audience, le 3 juillet 2020, elle montre clairement que le journaliste a demandé à plusieurs reprises au policier d’arrêter de le « pousser » , de le « toucher », de le « frapper » et de lui « mettre des coups ». On voit également que le policier tente d’intimider Taha Bouhafs en s’approchant très près de lui, en l’empêchant de filmer et en lui intimant de « faire attention à ce [qu’il] dit ». De plus, contrairement à ce que déclare l’agent de la BAC , la vidéo montre que Taha Bouhafs n’a jamais prononcé la phrase que lui reproche la police avant son interpellation : « t’es une racaille de flic ».

Face à la version policière et à la complicité du système judiciaire, son avocat a déposé une QPC (question prioritaire de constitutionnalité), afin de mettre en lumière une rupture d’égalité existante entre les policiers et les victimes de violences policières face à la justice. Comme le rapporte le journal Libération, Arié Alimi estime que la différence de traitements entre les policiers et les victimes de leurs violences est une entrave au droit à un procès équitable : « Il y a un dysfonctionnement structurel dans notre système judiciaire : très souvent les fonctionnaires de police déposent plainte pour outrage et rébellion pour couvrir des bavures policières. »

Face aux attaques contre les droits de la presse et aux intimidations policières envers les journalistes du bon côté de la barricade, soutenons Taha Bouhafs, soyons nombreux au rassemblement prévu à 13 heures devant le TGI de Créteil !




Mots-clés

liberté de la presse   /    Taha Bouhafs   /    journalisme   /    Violences policières   /    Politique