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Politique

Protocole insuffisant dans les écoles, les médecins scolaires demandent leurs fermetures pour 4 semaines

Malgré la propagation galopante du virus dans les écoles, le gouvernement cherche par tous les moyens à traverser cette crise sans prendre les mesures nécessaires pour minimiser les risques de contamination et sans fournir gratuitement le moindre masque aux élèves. Le syndicat des médecins de l’Éducation nationale dénonce la gestion criminelle de Blanquer.

lundi 8 février

Crédits photos : JEFF PACHOUD / AFP

Flambée de classe fermée : l’école contaminante

« Il faut garder les écoles ouvertes : c’est ma conviction profonde ». Au moment même où Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, assène une nouvelle fois sa décision irresponsable de garder au maximum les lieux d’éducation ouvert au mépris des conditions sanitaires de sécurité, le syndicat des médecins de l’Éducation nationale tire la sonnette d’alarme : « deux semaines de vacances d’hiver ne suffiront pas à diminuer l’incidence de la pandémie en milieu scolaire ». Selon le syndicat majoritaire le SNMSU-UNSA Education des médecins de l’Éducation nationale, il faut profiter de la période vacances qui s’ouvre pour la zone A pour instaurer quatre semaine de vacances dans le but de « ralentir la circulation du virus dans les établissements scolaires afin de tenter d’éviter une fermeture qui risque d’être beaucoup plus longue dans le cadre d’un confinement, ce qui va à l’encontre de l’intérêt des élèves ».

Les écoles connaissent une recrudescence de cas ces derniers temps. Entre le 29 janvier et le 5 février dernier, le nombre de classes fermées est passé de 444 à 934. Une augmentation en flèche que le gouvernement cherche à temporiser en affirmant que les vacances ayant commencées pour la première zone, il ne sera pas possible d’avoir de données fiables reflétant la situation dans les établissements avant la fin mars quand tous les élèves seront revenus en cours. Derrière cet alibi, se cache la volonté de noyer le poisson à l’heure où les mesures prises en cas de détections du variant brésilien ou sud-africain sont drastiques : un seul cas positif ou cas contact entraîne la fermeture immédiate de la classe où l’élève infecté se trouve. Dans de telles circonstances, la minimisation de la gravité de la situation dans la bouche du gouvernement est pour le moins contradictoire.

Pourtant, les médecins de l’Éducation nationale alertent sur le fait que les élèves sont considérés comme des « maillons actifs » dans la chaîne de transmission du virus, notamment depuis l’apparition des variants qui se diffusent plus rapidement parmi les plus jeunes et surtout dans les écoles maternalles et primaire. Le gouvernement qui avait dû, du bout des lèvres certes, reconnaître que les lieux d’enseignement sont bien des lieux de contamination et de diffusion du virus, ne semble toujours pas prêt à faire de nouvelle concession. À l’inverse, il communique sur le renforcement d’un protocole qui reste toujours insuffisant et en dessous des exigences fixées lors de la reprise en mai dernier après le premier confinement.

Masques obligatoire dans les écoles mais aucun moyen aux familles pour s’en procurer

« Il faut garder les écoles ouvertes : c’est ma conviction profonde »... et peu importe si cela crève le porte-monnaie des familles, pourrait-on compléter cette affirmation de Blanquer. En effet, le renforcement du protocolaire sanitaire à compter de la semaine du 8 février, comporte l’obligation pour tous les élèves de porter des masques chirurgicaux ou de catégorie 1. Exit donc les masques fait maison ou les masques en tissu achetés dans le commerce. Les parents doivent fournir à leurs enfants du jour pour le lendemain des masques filtrant à hauteur de 90% le virus sous peine de ne pas pouvoir envoyer leur enfant à l’école. Et pour ce faire, pas plus aujourd’hui que depuis le début de la crise sanitaire, la gratuité des masques ne fait partie des objectifs du gouvernement.

À raison de 3 masques par jours par enfant, vendus à 12,99 euros dans des boites de 50 masques ou de 5 euros pièce pour certains masques en tissu de catégorie 1, le prix de revient pour les familles risques d’être très élevé. Dans un reportage de TF1 dans une école du Nord près de Lille, un parent d’élève déplore cette charge supplémentaire imposées aux familles : « Je n’ai pas encore fait les comptes mais je pense qu’on va devoir se priver d’autre chose ». La crise économique qui fait suite à la crise sanitaire pèse sur le budget des familles qui ont déjà investi dans des masques en tissu qui ne sont plus forcément homologués par le nouveau protocole. Ces faux frais à la charge des familles montrent à quel point le ministère est coupé des réalités sociales du terrain.

Le coprésident de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), Rodrigo Arenas, s’insurge contre cette mesure qui ne prend absolument pas en compte que la crise sanitaire se double actuellement d’une crise économique et que « les parents n’achètent pas les masques en fonction de la protection. Ils vont continuer à se fournir sur internet ou sur des marchés populaires selon leur budget ». Devant l’urgence de la situation sanitaire, il demande également la gratuité des masques à l’école : « Ce ne sont pas des fournitures scolaires. Les vaccins sont pris en charge, alors pourquoi pas les masques ? ». Devant l’incurie du ministère, Rodrigo Arenas souligne que « le protocole sanitaire est inapplicable faute de moyens humains ».




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