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Face à l'ouverture à la concurrence

Quatre nouveaux dépôts de bus en grève : « Il faut se coordonner dans toute l’Île-de-France »

Après un premier mouvement de grève jeudi et vendredi sur les dépôts de bus de Rambouillet et Houdan, les dépôts du sud des Yvelines se coordonnent et appellent à élargir la grève lundi 18 décembre. Une première tentative de coordination qui montre la voie à suivre.

Ivan Ferrero


et Léna Nilène

12 décembre 2023

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Quatre nouveaux dépôts de bus en grève : « Il faut se coordonner dans toute l'Île-de-France »

Crédit photo : CFDT Transport Île-De-France

Jeudi dernier, sur les dépôts de bus de Rambouillet et Houdan près de 85% des conducteurs se sont mis en grève, soit environ 150 travailleurs à Rambouillet et une centaine à Houdan. Alors que le mouvement s’est poursuivi vendredi sur le dépôt de Rambouillet, une nouvelle grève est prévue lundi 18 décembre, à l’appel de la CFDT, de la CGT et de Solidaires Transport. Une grève qui devrait s’élargir au dépôt de bus de Plaisir. Les travailleurs de transports d’île de France se mobilisent contre la casse de leurs conditions de travail dans le cadre d’un transfert vers une nouvelle entité Transdev Sud-Yvelines.

« La direction fait du dumping social pour s’en mettre plein les poches sur notre dos »

Alors que c’est le groupe Lacroix-Savac qui a remporté le marché, ce même groupe, avec l’accord d’Île de France Mobilité (IDFM), a fait appel à la sous-traitance pour maximiser ses profits. Ainsi, les deux dépôts de bus de Rambouillet ainsi que celui de Houdan sont gérés par Transdev tandis que celui de Plaisir est géré par Cars Hourtoule. Au 1er janvier 2024, les travailleurs des dépôts de Rambouillet, Houdan ainsi que la moitié de ceux de Plaisir vont être transférés vers une nouvelle entité, Transdev Sud-Yvelines. Le reste du dépôt de Plaisir va quant à lui passer aux mains de Francilité Ouest Express.

Une politique de sous-traitance à tout va qui se fait au détriment des conducteurs de bus et des usagers comme l’explique Miguel Gomes secrétaire général adjoint de la CFDT Transport Île-De-France et délégué syndical CFDT sur le dépôt de Plaisir (78). « Ils transfèrent les véhicules dans un état lamentable parce que l’entreprise qui sort ne veut pas engager de dépenses. Après chaque transfert, les véhicules sont pourris. J’ai commencé il y a 20 ans, aujourd’hui, on marche sur la tête, on voit des cars avec des pneus lisses, des directions qui tremblent et des fils qui se touchent sur le tableau de bord » dénonce le syndicaliste.

Ainsi, c’est l’annonce du transfert des salariés vers une nouvelle entité, Transdev Sud-Yvelines, menaçant certaines conditions de travail (disparition des congés d’ancienneté, de la prime pénibilité ou encore non prise en compte des coupures de plus de 30 minutes dans le temps de travail) qui a mis le feu aux poudres. Cette menace a entraîné une mobilisation très suivie sur les dépôts concernés qui en appelle d’autres. « Nos acquis sociaux, on n’y touche pas ! Il y a eu des bagarres syndicales pendant 30 ans pour les obtenir. Maintenant, la direction tire les rémunérations et notre métier vers le bas alors qu’en parallèle, il y a l’inflation, les salariés n’en peuvent plus aujourd’hui ! » s’exclame Miguel.

Une première tentative de coordination des grèves dans le secteur des transports face à la mise en concurrence

Cette nouvelle grève dans les transports de région parisienne fait écho à celle récemment menée par les salariés de Keolis Montesson en septembre et s’inscrit dans une vague de mobilisation chez Savac & Lacroix avec le dépôt d’Etampes, chez Transdev, avec pour départ les dépôts de Coubron (93) et Chelles (77) pour toucher en suivant ceux de Villepinte et Tremblay (93). Une vague de mobilisation qui se poursuit désormais dans les Yvelines. L’ensemble de ces grèves dénoncent une casse des conditions de travail, des bus dans un état déplorable qui mettent en danger les usagers et des rémunérations qui ne suivent pas l’inflation.

Une situation qui est la conséquence directe de la mise en concurrence des transports en Ile-de-France. « Le problème, c’est la politique de IDFM qui oblige les opérateurs à réduire les coûts ce qui impacte directement les salariés. Aujourd’hui, il y a une mascarade organisée entre l’opérateur et IDFM pour casser nos conditions de travail explique Miguel.

Alors que les précédentes grèves dans les transports étaient isolées, l’appel à la grève du lundi 18 décembre dans l’ensemble du secteur sud des Yvelines est une première tentative de coordonner le mouvement. Un appel qui devrait être fortement suivi selon Miguel : « on s’attend à environ 80 % de grévistes sur les 4 dépôts », ce qui représenterait entre 300 et 350 grévistes.

La nécessité de se coordonner dans l’ensemble des transports d’Ile-de-France

Face à une direction qui fait tout pour diviser les travailleurs d’un même secteur entre différentes entreprises sous-traitantes, développer une mobilisation commune est la voie à suivre pour construire un rapport de force qui permette d’arracher les revendications des salariés.

« C’est devenu indispensable de se coordonner à l’échelle de l’Ile-de-France parce que tout ça, c’est lié aux appels d’offres. Ils compressent les temps de parcours, désorganisent les services, baissent nos salaires, etc. Quelle que soit notre étiquette syndicale, c’est uni qu’on pourra les faire reculer » explique le syndicaliste avant d’annoncer : « Après le 1er janvier, on envisage des actions beaucoup plus fortes. On va inciter les délégués syndicaux à déposer des préavis de grève à travers l’Île-de-France pour coordonner les travailleurs des transports qu’ils soient de Transdev, de Keolis, de la RATP ou encore de Savac.

Ainsi, l’appel commun des dépôts du Sud des Yvelines est un point d’appui pour développer une coordination plus large qui cherche à rassembler différentes entreprises des transports. Une initiative qui, si elle se concrétise, pourrait être un appui précieux pour l’ensemble des travailleurs des transports en Île-de-France afin de s’attaquer à la mise en concurrence qui risque de s’étendre à l’entièreté des bus RATP au 1er janvier 2025.


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