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Jeunesse

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Réforme de l’assurance chômage, la jeunesse va ramasser !

Entrée en vigueur le 1er novembre la réforme de l'assurance chômage est une attaque importante contre les classes populaires. L'objectif de la réforme est d'économiser 1 milliard d'euros d'ici 2020 et 4,5 milliards d'ici 2022. Conséquences ? Selon l'Unedic, les prestations vont baisser pour 1,3 millions de personnes, notamment les plus jeunes, soit la moitié des allocataires. Une nouvelle mesure antisociale dans la lignée des retraites d'un gouvernement qui à jouer avec le feu risque de se brûler.

mercredi 6 novembre

Crédit photo : AFP

Une réforme difficile à comprendre...

Les modifications sont techniques, et c’est peut-être pour cette raison que la réforme ne fait pas beaucoup parler d’elle. Et pourtant elles vont avoir des conséquences importantes sur la vie de millions de personnes comme en témoigne les simulations faites par Dan Israel dans un article publié par Mediapart. Article dont nous reprenons ci-dessous les infographies.

Il y a aujourd’hui en France 8,5 % de chômeurs. Ce chiffre ne compte que les personnes indemnisées, excluant les personnes n’ayant pas assez cotisé, au chômage depuis longtemps ou ayant été radiées par Pôle emploi. De plus, ce chiffre cache des réalités bien disparates puisque ce sont les jeunes (près de 20 %) qui sont déjà le plus touchés par le chômage qui verront leurs revenus diminuer le plus. Ce sont les premiers concernés par cette réforme et nombreux sont ceux qui verront leurs revenus diminuer. 

Pour rendre les pauvres encore plus pauvres

Il y a en France plus de 9 millions de personnes sous le seuil de pauvreté et la priorité du gouvernement est de rogner sur les maigres aides qui nous permettent de continuer à vivre. En baissant l’assurance chômage ils affirment pousser les chômeurs à "se responsabiliser" (comprenez accepter un job de merde, en deçà de ses compétences, mal payé et/ou précaire). Mais peut-on sérieusement penser que le chômage est dû à un manque de responsabilité alors même que qu’il n’y avait au second semestre 2019 que 200 000 emplois vacants pour 2,6 millions de chômeurs ? L’actuelle réforme des retraites - qui est fortement contestée - va en augmentant l’âge de départ à la retraite, faire diminuer le nombre d’emplois disponibles et donc augmenter le nombre de chômeurs. Chômeurs, qui en plus d’être faiblement indemnisés devront travailler plus longtemps pour cotiser pour leur propre retraite. La boucle est bouclée.

Il ne faut pas être dupe, cette réforme n’a pas pour objectif de faire diminuer les chiffres du chômage. C’est une réforme politique et idéologique dont l’objectif est de rappeler à ceux qui ont un travail la chance qu’ils ont, et donc de surtout ne pas se plaindre : plus de 2 millions de personnes aimeraient être à leur place. Alors, même si les cadences sont dures, que les conditions se dégradent, qu’on travaille de nuit, à mi-temps, pour un salaire de misère, que l’on subit pressions et harcèlements : il faut se taire. Marx parlait des chômeurs comme de "l’armée de réserve du capital" elle permet de faire baisser les salaires et de diminuer les prestations sociales. C’est la logique du capitalisme, les travailleurs ne sont bons qu’à produire et augmenter les profits. Notre qualité de vie n’intéresse ni Macron, ni les actionnaires, ni le CAC40.

La jeunesse directement ciblée

La jeunesse est particulièrement touchée parce qu’au sortir de l’université peu sont ceux qui trouveront un CDI et nombreux sont ceux qui enchaîneront petits boulots et période de chômage. Mais comment vivre avec 250 euros par mois ? Faut-il retourner vivre chez nos parents ? Dormir dans sa voiture ? Ne faire qu’un repas par jour ? Pas un mot du gouvernement là-dessus. De plus, avec ces alternances de périodes travaillées et chômées et la réforme des retraites en cours la jeunesse ne peut même pas espérer sortir de ce cycle infernal de l’exploitation. Il faudra cotiser 172 semestres, soit 43 ans. En cas de chômage, d’accident de vie, ou tout simplement d’études longues, nous mourront au travail. Ou alors il faudra partir en avance, avec une retraite faible et finir nos jours dans la précarité. Ce à quoi la réforme de l’assurance chômage nous prépare dès aujourd’hui. 

Vivre pauvres, devoir accepter le premier job de merde qui vient, cumuler les emplois : voilà le futur que nous promet le capitalisme dont Macron est le meilleur des représentants. La France est pourtant plus riche qu’elle n’a jamais été. Le montant cumulé des 500 plus grandes fortunes de France été multiplié par deux en dix ans. 

Et si cette réforme est passée inaperçue et a été peu commentée ce n’est pas le cas de la réforme des retraites contre laquelle la colère gronde. Nous tous, jeunes et vieux, chômeurs et travailleurs devons nous saisir de la date du 5 décembre - et des jours qui suivent - pour faire entendre notre colère, pour protester contre le projet de société qu’on nous propose et construire un projet de société basé sur la solidarité et la répartition du travail.




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