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Répression en Chine. Ouverture du procès des 12 de Hong Kong

Le procès des « 12 de Hong Kong », arrêtés fin août par les garde-côtes chinois alors qu'ils tentaient de rejoindre Taïwan, s’ouvre aujourd’hui en Chine continentale. Accusés de franchissement illégal de la frontière mais également d'avoir participé aux manifestations de l’an dernier sur l’île, ils risquent de lourdes peines, allant d’années d’emprisonnement jusqu’à la perpétuité. Appliquant la « loi sécurité nationale » adoptée en juin dernier, le gouvernement hongkongais laisse donc carte blanche à Pékin pour exercer sa répression.

lundi 28 décembre 2020

Crédits photo : AFP

Tentant de fuir par bateau Hong Kong pour Taïwan, 12 personnes, dont deux mineurs, avaient été arrêtées par les garde-côtes chinois le 23 août dernier. Détenus à Shenzhen sans qu’aucune nouvelle ne soit donnée depuis, le procès de dix d’entre eux s’ouvre aujourd’hui dans un contexte de répression massive de la part de la Chine, en collaboration avec le gouvernement pro-Pékin de l’île. En effet, face aux mouvements de soutien qui avaient fleuri sous le #save12HKyouths, le gouvernement hongkongais, aligné sur Pékin, a fait savoir qu’il ne demanderait la remise en liberté des 12 qu’une fois que leurs poursuites en Chine seront terminées.

Mis en accusation pour passage illégal de la frontière ou pour avoir organisé la fuite du groupe, certains des passagers du hors-bord étaient déjà menacés de poursuites à Hong Kong pour leur implication dans les manifestations ayant massivement secoué la ville l’an dernier. Ce procès témoigne du tournant répressif que compte définitivement instaurer le gouvernement chinois sur Hong Kong pour mater toute contestation et toute dénonciation. Étouffant également toute critique internationale, la justice chinoise, qui qualifie ce dossier de « secret », refuse non seulement la présence de la presse mais également celle des familles, au prétexte de la pandémie. Une opacité du système judiciaire chinois qui s’ajoute au caractère répressif du gouvernement, qui, au nom de la loi « sécurité nationale » adoptée en mai dernier, compte bien renforcer son contrôle sur l’ensemble de ses territoires périphériques.

La Chine a carte blanche pour assoir définitivement son système répressif sur Hong Kong

Alors que Hong Kong bénéficiait d’une semi-autonomie, concernant notamment la préservation de certaines libertés fondamentales, depuis la rétrocession en 1997 de l’ex-colonie britannique à la Chine, cette exception est désormais définitivement enterrée depuis l’adoption par Pékin de la loi « sécurité nationale » en mai dernier. Entrée en vigueur en juillet, cette loi permet au régime chinois d’imposer un contrôle répressif plus fort sur Hong Kong, accélérant l’alignement de la politique de l’île à celle du gouvernement central. Le procès des 12 en est une illustration flagrante, ces derniers risquant de lourdes peines, comme celles dont a écopées la « journaliste citoyenne » Zhang Zhan. Arrêtée en mai 2020 après avoir couvert en début d’année la mise en quarantaine de la ville de Wuhan, la journaliste a été condamnée aujourd’hui par le tribunal de Shanghai à quatre ans de prison pour « provocations aux troubles ». Une condamnation qui témoigne une nouvelle fois du système répressif et liberticide mis en place par le gouvernement chinois pour mater toute contestation.

C’est en effet pour mettre fin aux manifestations massives qui ont mobilisé jeunesse et travailleur-se-s en 2019-2020 que la loi « sécurité nationale » a été adoptée en mai dernier. Punissant les actes de « sécession », de « subversion », de « terrorisme » et de « collusion » avec des puissances étrangères, cette loi s’attaque à certains droits comme la liberté de réunion, l’accès illimité à Internet, la liberté de presse entre autres. Et c’est ainsi qu’une dizaine de jours seulement après son entrée en vigueur, 10 personnes – dont deux des principaux leaders du mouvement de contestation –, avaient été arrêtées au nom de cette loi.

Ce procès des 12 de Hong Kong par le système judiciaire chinois est donc une nouvelle mise en œuvre de tout l’apparat autoritaire dont dispose Pékin. Et face à cela, les Etats-Unis se saisissent de l’occasion pour crier à une « tyrannie » et instrumentaliser à leurs propres fins économiques et démagogiques les mouvements de contestation à Hong Kong.

Contre l’oppression du système chinois, les alliés ne sont pas les impérialistes !

Les Etats-Unis, les yeux rivés sur leur ennemi commercial, n’ont pas trainé pour dénoncer le procès et exiger la libération des 12 de Hong Kong. Un appel hypocrite de la part de la puissance impérialiste américaine qui se pose en défenseur de la démocratie et instrumentalise le combat des habitants de Hong Kong. Il s’agit en réalité pour les États-Unis de réaffirmer leur propre leadership mondial, dans un contexte où le pays fait face à une grave crise économique et sanitaire. Déjà, Donald Trump avait décidé de mettre fin au traitement économique préférentiel de Hong Kong par les États-Unis, pénalisant ainsi toute la Chine, en représailles de la nouvelle loi.

La cité-Etat devenue un enjeu géopolitique central, les régimes impérialistes et capitalistes ne sont pas les alliés des opposants hongkongais ; au contraire, ils profitent de leur oppression, et de celle de tous-tes travailleur-se-s chinois-es. Au niveau international, ce sont les entreprises multinationales et les investisseurs occidentaux qui ont largement tiré bénéfice du régime répressif de Chine.

Les familles des 12 hongkongais, dans une lettre ouverte publiée le 26 décembre dernier en appellent au soutien de toute la communauté internationale, et s’il ne fait aucun doute qu’une mobilisation face à l’oppression du régime chinois doit être menée, elle doit se faire dans la rue et non pas sous l’égide des gouvernements des puissances impérialistes européennes ou étatsunienne. Les seuls alliés des manifestants hongkongais ne peuvent être que les travailleurs et travailleuses et les classes populaires de la Chine continentale et de Hong Kong et à l’international.




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