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Répression syndicale. 18 élus CGT Monoprix assignés en justice pour s’être mobilisés pour la prime Covid

Alors que la direction de Monoprix avait annoncé lors du premier confinement la mise en place d’une prime de 1000 euros pour saluer l’engagement des travailleurs du groupe, ce sont 18 élus syndicaux CGT qui ont été assignés en justice pour avoir réclamé sa juste application et s’être mobilisés contre la dégradation de leurs conditions de travail.

samedi 21 novembre

Collectif CGT Monoprix IDF

Depuis plusieurs mois, la colère gronde dans les rangs des salariés de Monoprix. Alors que Jean-Charles Naouri, PDG du groupe Casino et unique actionnaire de Monoprix avait précisé au début du premier confinement qu’il comptait bien verser la prime Covid de 1000 euros et qu’il était "naturel qu’elle ne soit pas la même pour quelqu’un en télétravail ou en caisse", c’est finalement l’inverse qui s’était produit puisque ce dernier s’était octroyé une prime de 655 000 euros à la sortie du confinement tout en proratisant les primes des salariés.

Après avoir travaillé sans gel hydroalcoolique, ni gants, ni vitres de protection dans des magasins qui ont réalisé des profits exceptionnels avec une hausse du chiffre d’affaires de 3,6%, les salariés ont découvert à la sortie du confinement que les primes seraient calculées au prorata du temps de présence et que seuls les employés présents en temps complet, sans jour d’absence, entre le 16 mars et le 10 mai pourraient en bénéficier excluant ainsi les étudiants à temps partiel et un grand nombre de travailleurs qui avaient dû garder leurs enfants, prendre en charge un proche dépendant ou s’arrêter suite à la contraction du virus.

Refusant cet état de fait, le collectif CGT Monoprix Île-de-France a décidé d’organiser tous les week-ends les « Samedis de la Colère » pour réclamer la prime pour l’ensemble des salariés et dénoncer les bas salaires, les conditions de travail indignes et le projet Socrate de Monoprix prévoyant un nouveau système de « polycompétence » dont le but est d’instaurer une polyvalence à outrance et de supprimer des emplois tout en faisant supporter la même charge de travail sur quelques-uns. Une situation que Salimata, élue CGT, qualifie de scandaleuse : « On est obligé de faire le boulot de trois personnes parce que Monoprix a décidé de licencier les étudiants pour ne pas avoir à leur verser la prime. Nous n’avons pas signé un contrat pour faire trois jobs à la fois ».

Mais face à une mobilisation qui s’est poursuivie mois après mois devant les magasins, la direction a préféré sortir la carte de la répression plutôt que de négocier avec ses salariés d’abord en ayant recours à des huissiers et à des vigiles dans le but de briser la mobilisation puis en assignant en justice 18 élus CGT dont l’audience aura lieu jeudi 26 novembre à 9h au tribunal judiciaire de Paris avec pour motif la nuisance à l’image de l’enseigne et à l’activité commerciale. « Monoprix nous assigne car nous exerçons nos droits en tant que représentants du personnel. L’entreprise nous avait déjà envoyé une vingtaine de vigiles devant un magasin où nous étions invités par un élu pour informer les salariés » affirme Lou.

Alors que Jean-Charles Naouri avait remercié les salariés du groupe dans un courrier le 11 mai où il avait déclaré « revoir rapidement et profondément [ses] pratiques et [ses] modes d’organisation, dans le respect du dialogue social », c’est dans les faits une exacerbation de la répression syndicale qui s’organise à l’échelle du groupe Monoprix qui s’est à nouveau illustré par sa politique antisociale dernièrement en mettant en place le chômage partiel sans compenser les pertes de salaire et sans consulter le CSE au préalable.

Les licenciements massifs vont plonger la majorité de la population dans la misère alors que la politique autoritaire du gouvernement (avec la LPR et la loi Sécurité Globale) cherche à criminaliser les mouvements sociaux et empêcher toute information et preuve de la violence de la police au quotidien dans les quartiers populaires, les manifestations et sur les piquets de grève. Dans ce contexte, « faire front » face à la répression syndicale est d’une importance cruciale pour relever la tête dans les entreprises et dans la rue pour préparer les mobilisations à venir à l’heure où certains secteurs comme l’éducation nationale, l’aéronautique, les éboueurs et les gaziers commencent à exprimer leur colère. Pour la défense des libertés syndicales et démocratiques, il est d’intérêt commun de venir soutenir les 18 de Monoprix jeudi 26 novembre à 9h au tribunal judiciaire de Paris (métro Porte de Clichy).




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