^

Politique

Retour sur l’échange entre Adrien, raffineur à Grandpuits, Extinction Rebellion et les amis de la terre

Vendredi dernier, un live Instagram à été organisé par Révolution Permanente autour d’un débat avec Adrien, raffineur de Grandpuits en grève et deux organisations écologiques : XR et Les Amis de la Terre. Ce débat s'organisait autour d’un échange sur la lutte en cours de Grandpuits, le “greenwashing” de Total et le lien entre luttes sociales et écologiques.

vendredi 29 janvier

En grève depuis 3 semaines, les raffineurs de Grandpuits dénoncent la suppression de 700 emplois sous couvert de greenwashing par Total. Une lutte sociale et écologiste que les grévistes partagent avec les groupes écolo tels que Extinction Rébellion et Les Amis de la Terre. Ce vendredi, lors d’un live sur Révolution Permanente, un débat exclusif entre ces deux organisations incontournables de l’écologie politique et Adrien, un raffineur en grève s’est déroulé. Voici un retour sur ce débat rare qui illustre à quel point la lutte écologiste ne peut que se mener aux côtés des travailleurs.

La grève de Grandpuits, une lutte autant sociale que écologiste.

Si les raffineurs luttent pour la sauvegarde de leurs emplois, ils dénoncent aussi les excuses qu’utilise Total pour justifier ce plan de licenciements. En effet, la 17ème entreprise la plus polluante du monde tente de se repeindre en vert en proposant une reconversion de la raffinerie vers un projet plus “vert”.

Cependant, comme Cécile, la représentante de l’organisation Les Amis de la Terre l’explique, si Total tente de se faire une belle image verte en France, elle continue de construire des pipelines en Ouganda. L’ONG, en effet, connaît bien les “lascars de Total” puisqu’elle l’a attaqué sur de nombreux projets comme celui en Ouganda où Total construit le plus grand pipeline chauffé et creuse mille puits de forage. Cécile explique en quoi cette entreprise a un fort impact sur la biodiversité mais aussi sur les droits humains, particulièrement en Ouganda où des milliers de familles doivent se déplacer à cause du projet pétrolier de Total. Total poursuit sa politique impérialiste qui date de sa création et en fait le pilier historique de l’impérialisme français.

Finalement Total reproduit toujours le même schéma dans ces différents projets : l’accaparement des terres ce qui mène à des désastre sociaux et environnementaux. Si en France, l’entreprise tente de se faire une image verte avec des projets de reconversion, basée notamment sur le gaz, n’oublions pas que ça reste une énergie fossile tout aussi polluante. C’est en deux minutes de discours que Cécile démontre le greenwashing de Total et du vide de leur argumentaire écologiste.

Une stratégie de lutte en alliance avec les organisations écologiques.

Adrien a défini la question qui se pose au cœur de la stratégie de lutte : comment va-t-on penser l’industrie de demain avec une économie verte et sociale ? En effet, penser à une industrie qui lie les impératifs écologiques et sociaux est essentiel. La première réponse à cette question est la convergence des luttes. En effet, comme les intervenants n’ont cessé de le répéter tout au long du débat, il est nécessaire que les travailleurs se lient et dialoguent avec des organisations écologiques et inversement pour trouver une alternative écologique et sociale. Mais aussi avec d’autres secteurs ouvriers stratégiques tel que l’aéronautique.

“En tant que travailleurs on pourrait protéger l’environnement mieux que personne”. En effet, si ces travailleurs possédaient le contrôle de leur entreprise, ils pourraient penser plus facilement à des alternatives car ce sont eux qui connaissent le mieux leur outil de travail. Et ce, sans réfléchir à la façon de produire pour réaliser le plus de profit possible, mais à la façon de “produire de l’énergie pour les masses” et dans une optique plus écologique et respectueuse de l’environnement et de l’humain.

La question du capitalisme est aussi abordée par la militante de XR. Elle explique que la transition écologique et énergétique n’est pas réalisable sous ce système guidé par la recherche de profits pour la classe possédante, et que par conséquent, il ne faut rien attendre de Total pour espérer qu’elle ne mette ses moyens au service de la lutte contre le réchauffement climatique. D’où l’importance pour les organisations écologiques d’entamer les discussions le plus rapidement possible avec les travailleurs, pour un contrôle ouvrier sur la production et la transition énergétique, que celle-ci ne soit pas une farce du point de vue écologique, ni un prétexte pour la casse sociale.




Mots-clés

Raffinerie Grandpuits   /    Total   /    Ecologie   /    Politique