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Politique

Arnaque

Retraites. Nouvelle embrouille du gouvernement autour de la valeur du point

Alors que la population est toujours farouchement opposée à la réforme des retraites, nouveau mensonge du gouvernement, cette fois sur la valeur du point ! L’indexation pour le calcul des pensions ne se fera finalement pas sur les salaires, mais à partir d’un nouvel indicateur… qui n’existe pas encore.

mercredi 12 février

Crédit photo : DOMINIQUE FAGET / AFP

Décidément Macron et son gouvernement osent tout. Alors qu’Edouard Philippe avait annoncé au plus fort de la paralysie du pays, le 11 décembre dernier, sous l’impulsion de la grève reconductible conjointe de la SNCF et de la RATP, que la valeur du point serait indexée sur les salaires, patatras ! C’est désormais à partir du « revenu d’activité moyen par tête » que seront calculées vos pensions.

Ce terme vous paraît flou ? Rassurez-vous, le secrétaire d’Etat chargé des retraites va vous expliquer… « Lolo » Pietraszewski dans le texte, à consommer avec indigestion. Mise en bouche : cet indicateur est « ultra-technique ». En fait, il reste « à créer ». C’était le plat de résistance. Maintenant que vous le dites, pour le dessert en guise de bouquet final, petite confidence du secrétaire d’Etat, spécialiste à ses heures perdues du licenciement à tout va, cet indicateur « aujourd’hui n’existe pas » !

Le gouvernement confirme ainsi ses talents pour les enfumages, ruses, circonvolutions et autres entourloupes en tout genre. C’est ce que synthétise Laurent Mauduit dans un article sur Mediapart : « Ce changement de pied a donc tout de l’embrouille, pour au moins trois raisons. Primo, le gouvernement construit ainsi sa réforme sur un nouveau mensonge. Deuzio, il va demander à l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) de bricoler un nouvel indicateur, ce qui pourrait contrevenir aux règles d’indépendance de l’Institut. Et puis, tertio, cela veut donc dire que le Parlement va être amené à se prononcer sur la réforme des retraites sans en connaître l’une des principales modalités, ce qui est démocratiquement très inquiétant. »

Alors que le gouvernement avait promis de « rassurer » avec l’énoncé du projet de loi, c’est tout l’inverse qui se produit, il est obligé de tenter tant bien que mal d’éteindre les départs de feu. Et pour cause, la promesse d’une indexation de la valeur du point sur les salaires, finalement abandonnée au profit de ce mystérieux « revenu d’activité moyen par tête », a tout d’une arnaque pour attaquer la valeur du point.

C’est ce qu’affirme d’ailleurs Marianne dans son article Valeur du point : dans le flou, le gouvernement se dirige vers l’option la moins favorable aux retraités : « cette statistique complexe doit encore être mise au point, et garantirait une revalorisation moins favorable que celle initialement promise. » Effectivement, pourquoi vouloir demander à l’Insee de construire sur mesure un indicateur alors que l’institut en produit pléthore, si ce n’est pour nous enfler ?

Le fait de demander au parlement de se positionner sur un projet de loi sans que l’indicateur absolument crucial - qui va fixer la valeur de la pension de chaque retraité - n’existe, en dit long sur la démarche macroniste qui avance en piétinant (y compris) les institutions bourgeoises telles que le conseil d’Etat qui critiquait justement le manque de « visibilité d’ensemble ».

Cette nouvelle embrouille est une raison, une de plus, pour rentrer dans la bataille (ou la poursuivre), contre cette réforme des retraites qui ne promet que davantage de précarité à tous les travailleurs et à la jeunesse du pays.