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SNCF : Première salve de privatisation dans le Grand Est

La région Grand Est, main dans la main avec la SNCF, a annoncé l’ouverture à la concurrence de 10% de son réseau.

lundi 25 mars

Il était annoncé que la région Grand Est serait « le laboratoire », mais cela a quand même fait l’effet d’un coup de tonnerre. La région Grand Est, malgré les bons résultats de la SNCF, a décidé de confier 3 lignes à des opérateurs privés.

La première ligne est déjà fermée. En plus de susciter beaucoup d’interrogations, elle avait fait sortir de ces gonds Macron. La ligne Epinal-Saint Dié a fermé fin 2018 à cause d’un tunnel en mauvais état, sauf que depuis c’est la débâcle. Parce que la SNCF et l’Etat se renvoient la patate chaude, des bus ont été mis en place en guise de substitution, mais sont loin de calmer la gronde des habitants de la région qui demandent la réouverture de la ligne. Macron lors de sa dernière sortie dans les médias sur le sujet s’était engagé sur sa réouverture là où Pepy avait déclaré que cela dépendrait de « si l’Etat souhaitais investir ». Mais nous savons que cette ligne sera laissée au privé, mais pour le moment on ne sait pas à qui.

La ligne Saint Dié-Molsheim, en très mauvais état, mais là ou les TERs circulent encore, est aussi prévue pour le privé. Et il ne faut pas oublier que 65 millions d’euros vont être investis pour sa rénovation par le contribuable afin d’accueillir comme il se doit le nouvel opérateur privé qui aura décroché le sésame !

La ligne Nancy-Merrey, déjà fermée et remplacée par des bus, est vendue à des investisseurs allemands, là encore sans réelle garantie que la ligne puisse être compatible avec le reste du réseau national. Tout ça pour que l’opérateur qui l’exploite reste seul sur cette ligne.

Un nouveau centre de maintenance va également ouvrir dans les murs de l’ancien (Montigny), sous le contrôle de la région. Il va être en concurrence frontale avec la SNCF qui a son centre juste à côté avec le Technicentre Lorraine, Les deux centres se partagerons vraisemblablement la maintenance des TER. Une catastrophe pour l’emploi et la sécurité, là où l’on sait que le centre de maintenance privé va user de tous les stratagèmes pour réaliser des économies en favorisant la polyvalence et en offrant de plus gros salaires dépassant la grille SNCF qui devient une entrave. Et là où le transfert de personnels pourrait également faire son entrée en scène, un véritable dumping social !

Et une fois de plus le contribuable va financer les rénovations de lignes pour que les actionnaires réalisent un maximum de bénéfices. Par la suite, nous aurons le droit au discours expliquant que l’ouverture à la concurrence a sauvé le ferroviaire en France, les prix vont flamber mais l’excuse sera toute trouvée : le sacrifice nécessaire pour sauver le rail. En tous cas cette destruction de la SNCF, du service public, d’emploi et de personnes ne fait que commencer, et la gronde est d’ores et déjà présente.

Crédits phot : DR




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