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Politique

État raciste

Sécurité sociale : L’Etat condamne les demandeurs d’asile à ne pas être soignés

Le soit disant rempart de l’extrême-droite prend l’eau de toute part. Aujourd’hui Édouard Philippe va annoncer une mesure qui instaure un délai de carence de trois mois pour les demandeurs d’asile avant d’avoir accès aux soins.

mercredi 6 novembre

Crédits photo : JEFF PACHOUD / AFP

Aujourd’hui se tient un Comité Interministériel sur l’immigration, à l’issue duquel Édouard Philippe annoncera une vingtaine de mesures pour prendre à fond le virage xénophobe décidé par Macron pour chasser sur les terres du RN. Une de ces mesures a été confirmée à l’AFP par des parlementaires qui ont été briefés par le chef du gouvernement lundi : un délai de carence de trois mois sera mis en place pour les demandeurs d’asile, une fois leur dossier déposé, avant de pouvoir accéder à la sécurité sociale de base !

Une mesure qui fait suite à l’atmosphère nauséabonde instaurée par le gouvernement et ses relais depuis le mois de septembre, avec les fake news de Stanislas Guerrini (député et délégué général de LREM) sur les migrants qui viendraient profiter des largesses de l’Etat pour de la chirurgie esthétique, avec les interventions islamophobes des membres du gouvernement, « carte Jean-Michel Blanquer » (dixit Macron dans Valeurs Actuelles) en tête.

La mesure sur le délai de carence vient mettre en danger des personnes qui cherchent l’asile en France, après avoir souvent risqué leur vie pour y venir et indique que tout demandeur d’asile est suspecté de frauder (une loi déjà particulièrement contraignante) : par précaution la République En Marche décide tout de même de les priver de soin. Quand on connaît de plus les conditions d’accueil qu’ils doivent éprouver, l’épopée que représente la constitution d’un dossier face à la bureaucratie d’un État raciste, le gouvernement décide de rajouter des embûches et pas des moindres. La France, pays des droits de l’homme, du LBD, de la gazeuse et des CRS, attendra les bras croisés pendant trois mois avant de leur fournir des soins gratuits. Bien entendu, les services de l’Etat leur seront ouverts, à condition de payer !

« Porter atteinte à leur couverture santé, que ce soit par la mise en place d’un délai à l’entrée, ou en restreignant le maintien de droit à la fin d’un titre de séjour, c’est pousser les personnes vers une prise en charge encore plus tardive ou plus restreinte, et donc dans une situation dangereuse pour elles, et pour leur entourage en cas de maladies transmissible ou contagieuse » dénonce un communiqué de presse signé par de nombreuses associations qui viennent en aide aux demandeurs d’asile.

Il s’agit d’une politique criminelle qui met en danger de nombreuses vies. Non content de semer la misère et le chaos à l’internationale, l’impérialisme français s’assure que ses victimes ne puissent avoir un îlot de répit. Mis à la défensive sur le terrain social et en difficulté pour faire face à la réforme des retraites, le gouvernement détourne le débat sur la question de l’immigration et met en avant son visage le plus abject : que sont des vies (non-françaises par-dessus le marché !) mises en jeu pour faire oublier le temps d’un JT les attaques contre les retraites, contre le chômage et tenter de souder les Français, comme y appelle vainement Macron depuis plus de six mois, contre un ennemi intérieur à l’heure où la bourgeoisie multiplie ses attaques.




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