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Politique

Offensive contre le droit à s'organiser

Solidarité avec Nantes Révoltée menacée de dissolution par Darmanin : face à l’offensive autoritaire, il faut faire front !

Ce mardi, Gérald Darmanin a enclenché la procédure de dissolution de Nantes Révoltée après la tenue d'une manifestation ce week-end. Après la dissolution d'organisations anti-racistes, l'offensive autoritaire du gouvernement continue. Soutien à Nantes Révoltée ! Il est nécessaire que les organisations politiques et du mouvement social fassent front en solidarité !

mardi 25 janvier

Ce mardi, Gérald Darmanin a annoncé étudier la possibilité de dissoudre le « groupement de faits d’ultra gauche [Nantes Révoltée] qui répète sans cesse des appels à la violence » : « J’ai décidé d’engager le contradictoire qui permettrait sa dissolution. Une fois que les choses seront documentées, et que nous serons inattaquables, je proposerai au Premier ministre de l’inscrire en conseil des ministres. » a-t-il ainsi indiqué à l’Assemblée nationale.

Ces propos sont une réponse à l’interpellation faite par la présidente des Pays de la Loire Christelle Morançais suite à la manifestation antifasciste nantaise à laquelle avait pris part Nantes Révoltée et qui avait été largement réprimée par la police. « Le groupuscule Nantes révoltée qui revendique la haine de nos institutions a été moteur de rassemblement. Je vous demande que vous engagiez la dissolution de la structure Nantes révoltée à l’origine des débordements de vendredi soir » avait-elle ainsi indiqué, ajoutant que les membres du média sont « présents dans tous les rassemblements qui dégénèrent, et contribuent à faire de Nantes la capitale des violences d’ultra-gauche en France ».

Soutenue ce mardi dans l’hémicycle par la députée LaREM Valérie Oppelt, Gérald Darmanin a répondu par une procédure de dissolution. Celle-ci est une attaque d’ampleur qui vise l’ensemble du mouvement social. Elle s’inscrit dans la droite lignée des dissolutions du CCIF et de Baraka City par le gouvernement sur le fondement des articles L. 212-1 et suivants du Code de sécurité intérieure.

L’exécutif, fort des nouvelles dispositions issues de la Loi « Séparatisme » permettant notamment la dissolution des organisations pour simple agissement de leurs membres, peut en effet anéantir d’autant plus facilement ces dernières en conseil des ministres. Sur sa page Facebook et son Twitter, Nantes Révoltée a réagi à cette attaque d’ampleur, alertant sur le précédent que cela constituerait : « Si cette loi permet de censurer un média indépendant parce qu’il a relayé des appels à manifester, c’est la porte ouverte à une vague de censure gigantesque ». De fait, après les dissolutions d’organisations de défense des droits des musulmans telles que BarakaCity et le CCIF, le gouvernement poursuit son offensive en voulant dissoudre un média et un groupe militant qui s’oppose à la politique du gouvernement. C’est une offensive qui menace ainsi directement l’ensemble du mouvement social.

En effet, Nantes Révoltée est un média militant en ligne depuis 2012, suivi par plus de 200 000 personnes sur Facebook, qui couvre les manifestations, dénonce les violences policières et s’engage dans les mobilisations contre le gouvernement. Ayant révélé la mort de Steve lors de la fête de la musique en 2019, cible de l’extrême-droite et du syndicat de police Alliance, traîné en Justice pour des affiches parodiques sur les violences d’Etat, Nantes Révoltée est dans le viseur du gouvernement depuis longtemps.

Face à cette offensive autoritaire, solidarité avec Nantes Révoltée ! Il est fondamental que les organisations du mouvement social fassent front pour construire une réponse unitaire en soutien à Nantes Révoltée, à toutes les organisations de gauche menacées par le gouvernement et contre l’offensive autoritaire.



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