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Steve. La scandaleuse enquête IGPN sans aucun témoin

Selon l’IGPN, « aucun lien » entre la présence des forces de l’ordre et la mort de Steve. Comment en sont-ils arrivés à cette conclusion ? Sans interroger aucun participant de la fête de la musique ! Alors que les témoignages accablants affluent, le gouvernement ne pourra pas faire l’autruche indéfiniment.

samedi 3 août

Crédit photo : Isabelle Grenet

Une enquête sans témoins : il n’y a pas eu d’enquête.

Alors que le rapport d’enquête de l’IGPN et le discours du premier ministre ont provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, le contenu de l’enquête est évidemment remis en question aujourd’hui. Et pour cause, durant leur soit-disant enquête, l’IGPN n’a interrogé aucun participant à la fête de la musique ! Se basant donc, uniquement, sur les propos des CRS et les agents de sécurités.

Un des témoins affirme avoir laissé ses coordonnées à l’IGPN afin d’expliquer la soirée de son point de vue : les enquêteurs n’ont pas estimé nécessaire de le rappeler, celui ci souhaitait témoigner « pour se plaindre des jets de lacrymogènes […] ayant entraîné des chutes et autres malaises  ». Un mail aurait été envoyé à l’intéressé, mais celui-ci dément. D’une manière générale, plusieurs médias ont cherché à contacter les participants de la soirée, L’Obs explique par exemple avoir facilement retrouvé une vingtaine de participants de la soirée durant laquelle le drame s’est produit. Les nombreux témoignages vont évidemment dans le sens de la version qui semble déterminante : il existe bel et bien un lien entre la présence des forces de l’ordre et les plusieurs chutes dans la Loire, dont celle de Steve !

La responsabilité de la police de plus en plus claire

D’autres témoignages viennent appuyer ces dires, notamment dans Presse Océan un journal local, où on peut lire les mots de l’avocate de deux personnes tombées à l’eau ce jour là : ils sont tombés alors qu’ils étaient «  asphyxiés et aveuglés par les gaz lacrymogènes », durant un « mouvement de foule ». De plus, les témoins affirment qu’ils étaient 5 à être tombé dans la Loire et que seulement 4 ont été secouru, l’avocate relate les faits pour l’un de ses clients : « Il s’est luxé l’épaule et n’était pas en mesure de se mettre à l’abri, énonce-t-elle. Il a été tiré par le col par une autre personne tombée dans le fleuve, à qui il doit sans doute la vie sauve. Au moment de sa chute dans l’eau, il est catégorique : ils étaient 5 à se débattre dans l’eau. Il est sûr qu’un homme a été emporté par les flots et a coulé à pic. Il ne peut pas dire s’il s’agit de Steve, il ne le connaissait pas et ne peut donc pas le reconnaître physiquement. Et tout s’est passé très vite. Mais voilà ce qu’il me dit : « On est quatre personnes à avoir été secourues, alors qu’on était 5 dans l’eau ». Il y en a un qui manquait à l’appel. Alors oui, au vu des événements, il a acquis la conviction intime qu’il s’agissait de Steve.  ». Enfin, les témoins affirment que durant les vingts minutes qu’ils ont passé dans l’eau : « les grenades lacrymogènes ont continué à pleuvoir, empêchant toute opération de secours dans un contexte calme.  » : tout simplement accablant.

Ce samedi, de nouveau témoignages sont arrivés, ceux des agents de la Protection civile qui étaient présent durant l’intervention des forces de l’ordres. Des témoignages qui confirment encore une fois la brutalité de l’intervention policière : «  Cette nuit-là, il s’est produit une injustice, il y a un truc qui s’est passé qui n’est pas normal  » commence un des agent. Les citations rapportés par Presse Océan sont impressionnantes : « On entendait des explosions. Des gens criaient et couraient désorientés. Des voix ont dit qu’il y avait des gens à l’eau. Certains d’entre nous se sont approchés du quai et ont aperçu des gens dériver. » ou encore : L’intervention me paraît totalement disproportionnée. Un tel déploiement de grenades juste pour de la musique, dans un secteur sans habitation, me paraît incroyable. D’autant que les autres années, les sound system continuaient après 5 heures du matin.  ». Des apports accablants pour les CRS, et plus largement contre les mensonges de l’IGPN et du gouvernement. Car ces témoignages ont été reçu par l’IGPN contrairement à ceux des participants à la fête mais ils ont vraisemblablement été passé sous silence.

Malgré ces faits, on peut lire dans le compte rendu rédigé à la fin de opération que : aucun lacrymogène n’a été utilisé et que les CRS ont réglé les problèmes en « en discutant avec les jeunes  » … Un tissu de mensonges, soutenus évidemment par le gouvernement, qui voit aujourd’hui cette affaire le mettre en danger !

Alors que ce samedi, le préfet de Loire-Atlantique a annoncé une interdiction de manifestations à Nantes, il s’agit de poursuivre la lutte contre la répression, en exigeant la vérité et la justice pour tous les morts tués par la police française, contre « l’enfumage » constant de l’État sur cette question, qui est le premier responsable de cette politique.




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