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Politique

Edito

Steve est mort. Tous mobilisés pour mettre fin à l’impunité policière !

Hier après-midi, le corps retrouvé dans la Loire était identifié : il s’agit bien de Steve Maia Caniço, disparu après une charge de police à Nantes lors de la Fête de la musique. Et si Castaner et Philippe ne veulent pas assumer leurs responsabilités, ce sera à la rue de les obliger à le faire.

mardi 30 juillet

La rage. On ne pouvait ressentir autre chose en entendant Edouard Philippe oser dire, après avoir hypocritement adressé ses condoléances à la famille de Steve, qu’il n’y avait « aucun lien établi » entre l’opération de police qui s’est déroulé la nuit de la Fête de la Musique à Nantes et la noyade de Steve, un jeune éducateur de 24 ans.

Une colère contre un gouvernement qui nie alors qu’il a, en six mois, éborgné et mutilé des dizaines de Gilets Jaunes, et que sa police humilie, tue ou blesse tous les jours. Cette colère s’exprimait déjà depuis 38 jours, sur le quai Wilson à Nantes, dans la ville et partout en France, où les pancartes « Où est Steve ? » se sont multipliées, que ce soit dans les manifestations des Gilets Jaunes, le 14 juillet, ou même dans des tags sur les routes du Tour de France.

Une question à laquelle l’exécutif et la préfecture de Nantes n’ont jamais voulu répondre, et n’ont jamais donné les moyens d’y répondre. Alors que la police avait attendu 3 semaines avant de se mettre à utiliser les moyens plus sophistiqués pour retrouver son corps, c’est finalement un bateau de transport en commun qui a trouvé son corps, si abîmé qu’il n’était pas reconnaissable à sa découverte.

38 jours d’inaction du gouvernement pendant lesquels sa famille, ses proches, auxquels vont avant tout nos pensées, ressassaient cette question : Où est Steve ? Une inaction telle qu’il aura fallu un mois avant que la police scientifique commence son enquête, alors que dès le 29 juin, un millier de nantais manifestaient pour réclamer la vérité sur l’affaire !.

Aujourd’hui, la question doit changer : tout le mouvement social doit maintenant demander Justice et Vérité pour Steve, réclamer la démission de Castaner et faire condamner ses assassins. Car les responsables de la mort de Steve ce ne sont pas seulement les CRS qui ont provoqué le mouvement de panique Quai Wilson : c’est aussi toute la chaîne de commandement, de Grégoire Chassaing, qui a donné l’ordre de la charge à Christophe Castaner, qui imprime sa politique répressive partout où il passe, en passant par le préfet de Nantes, responsable lui aussi de plusieurs blessés lors des manifestations des Gilets Jaunes.

Concernant Castaner, sous son mandat, Steve est loin d’être le premier tué par les mains de la police : en décembre dernier, Zineb Redouane était tuée par une grenade lacrymogène tirée contre les Gilets Jaunes, qui la visait personnellement ; le 3 juillet dernier, Lakhdar Bey mourrait d’une crise cardiaque alors qu’il était expulsé de son logement par les policiers. Dans les quartiers, dans les manifestations, et maintenant dans les soirées, la police tue.

Face à l’hypocrisie du ministre et d’Edouard Philippe, qui continuent à nier l’implication des forces de l’ordre dans ce meurtre, la seule solution reste la mobilisation, dans la rue, à Nantes et ailleurs. Des premières marches ont commencé à réclamer Justice Pour Steve. A Bordeaux, un rassemblement était organisé hier soir, et les éléments de convergence entre les Gilets Jaunes et le Comité Adama lors de la marche Justice pour Adama le 20 juillet sont autant d’exemples à multiplier. Pendant que certains députés s’acharnent à demander des « commissions d’enquête parlementaires » qui n’aboutiront à rien, la seule Justice qui pourra être obtenue sera celle gagnée par la lutte, dans la rue. Ce serait le plus bel hommage à faire à Steve et aux autres, et c’est à nous de le construire dès demain.

Crédits photos : LOIC VENANCE / AFP




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