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Surprise : le LBD est bien une "arme de guerre" et une arme "létale"

C’est le Canard enchaîné qui nous révèle que la réglementation internationale contraint à classer les LBD que la France achète comme des "armes de guerre". Le fabricant la décrit comme une "arme à létalité atténuée".

vendredi 26 avril

Le gouvernement a été contraint de modifier la clause de son contrat d’achat de plus de 1280 LBD, 270 lanceurs de 4 coups et 180 de 6 coups auprès du fabricant suisse car celui-ci ne peut les exporter sous la dénomination « arme civile » mais seulement en tant qu’ « arme de guerre » d’après la réglementation internationale sur le commerce d’arme. Le contact du gouvernement ne prévoit donc plus l’achat « d’armes civiles », maintenant, il s’agit « d’armes de guerres ».

Les LBD et différents lanceurs multi-coups qui ont déjà causé des centaines de blessures et des dizaines de mutilations graves et irréversibles avec des munitions dites « semi-létales » peuvent donc très bien servir en temps de guerre, c’est même pour cela qu’ils ont été conçus, des lanceurs similaires étant déjà utilisés lors de la Guerre du Vietnam.
Malgré tout, le ministère de l’Intérieur, qui se retrouve contraint de modifier son appel d’offre, poursuit sans scrupule son achat d’armes de guerres. Son fabricant a toutefois tenu à "rassurer" en affirmant que le LBD était une "arme à létalité atténuée"... Mais létale tout de même, quoi qu’en dise Castaner qui avançait il y a quelques mois que le LBD était une arme « non-létale ». Et malgré le changement de nom, il est largement utilisé contre la population dans le mouvement des gilets jaunes mais aussi depuis plus de 10 ans dans les quartiers populaires.

L’usage d’un armement militaire contre la population a été validé par toutes les structures d’Etat. Le conseil d’Etat avait fin janvier maintenu l’usage du LBD par les forces de répression face à la demande de plusieurs organisations telles que la Ligue des droits de l’homme de ne plus faire usage de ces armes qui ont causé et continuent de causer des centaines de blessés chaque samedi.

Macron et son gouvernement, tout en balayant d’un revers de main les accusations d’autoritarisme et violence, reconnaissent l’achat et l’usage d’armes militaires contre la population civile. Une escalade autoritaire symptomatique d’un gouvernement qui compense son impopularité par une violence d’Etat inouïe depuis plusieurs décennies.

Crédit photo : AFP/Alain Jocard




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