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Obligation vaccinale

Suspensions de salaire : les soignants mobilisés dans plusieurs villes de France contre l’autoritarisme du gouvernement

L’obligation vaccinale est entrée en vigueur mercredi 15 septembre : la plupart du personnel soignant doit avoir reçu au moins une première injection de vaccin pour continuer à exercer, faute de quoi leur contrat de travail est suspendu. Une nouvelle désastreuse alors que la pandémie continue à mettre en tension les hôpitaux déjà affaiblis avant la crise du Covid par des années de travail en sous-effectif et de coupes budgétaires constantes. Dans plusieurs villes de France, des soignants se sont mobilisés pour demander le retrait de cette mesure répressive destinée à faire oublier la responsabilité du gouvernement dans la crise sanitaire et demander des moyens pour les hôpitaux publics.

jeudi 16 septembre

Crédits photo : Thomas Samson / AFP

Depuis la mise en place de l’obligation vaccinale pour les soignants ce mercredi 15 septembre, des soignants se sont mobilisés sur tout le territoire à l’occasion de rassemblements et manifestations, demandant le retrait de cette mesure autoritaire et répressive mais également davantage de moyens pour l’hôpital.

Les soignants, victimes de la gestion erratique du gouvernement

Déjà présent lors des manifestations contre le passe sanitaire, une partie du personnel soignant continue à se mobiliser contre l’obligation vaccinale entrée en vigueur mercredi 15 septembre. En effet, alors que le taux de vaccination des soignants était supérieur à la moyenne nationale, Emmanuel Macron avait annoncé la mesure dans son discours du 12 juillet, provoquant l’indignation de ce secteur pourtant resté en première ligne tout au long de la pandémie et qui n’a pu faire tenir le système de santé qu’au prix d’un rythme de travail épuisant. Ce sont ainsi 5 à 10 % du personnel soignant qui voient leur contrat de travail suspendu, les laissant sans rémunération et accentuant le sous-effectif chronique dans le secteur de la santé et particulièrement des hôpitaux publics. L’effectif manquant est estimé à pas moins de 300 000 soignants alors que malgré l’avancement de la couverture vaccinale indispensable pour faire reculer l’épidémie, les services de réanimation de métropole demeurent en tension dans certaines régions. Ainsi, plus de 71 % des lits sont occupés en région PACA. La suspension du personnel non vacciné ne sera pas appliquée en Outre-Mer, compte tenu du taux catastrophique de saturation des hôpitaux ultra-marins qui dépasse les 500 % en Martinique.

Pour faire combattre l’autoritarisme du gouvernement et en finir avec la crise sanitaire, il nous faut un plan de bataille !

Il est difficile de ne pas voir là une façon pour le gouvernement de prendre sur les salaires des soignants jusqu’à ce que la saturation des hôpitaux ne devienne à nouveau intenable, tout en pointant une minorité de soignants non vaccinés pour se défaire de ses responsabilités dans la dégradation du système de santé qui n’a pas vu ses moyens augmenter malgré la pandémie. Mais les soignants demeurent mobilisés. La CGT santé a ainsi pu appeler à la grève illimitée à partir du 14 septembre dernier et à des rassemblements. Les soignants craignent notamment d’autres fermetures de lits du fait de l’obligation vaccinale, alors même que des lits ont continué à fermer au cours des derniers mois, toujours faute d’investissements du gouvernement dans la santé et à cause de l’épuisement des soignants. À Orléans notamment, environ 80 soignants se sont rassemblés devant l’Agence Régionale de Santé selon France Bleu Orléans.

Outre les mobilisations dans la rue et par la grève, certains soignants ont refusé de transmettre leur certificat de vaccination, faute de garanties sur la sécurité informatique de la plate-forme devant les centraliser. Beaucoup d’entre eux n’ont pour le moment pas été suspendus, mais Sud Santé Social 31 dénonce la suspension de certains soignants ayant préféré transmettre leur certificat de vaccination à la médecine du travail :

On peut s’interroger alors sur la cohérence de la politique sanitaire du gouvernement qui semble se réserver le droit de suspendre jusqu’aux 10 % de soignants non vaccinés tout en ne le faisant que de façon tout à fait discrétionnaire compte tenu des besoins des structures hospitalières. Encore une fois la gestion de la crise semble opaque, erratique et laisse penser qu’il s’agit d’un moyen de précariser le personnel de santé. Contre ces politiques anti-sociales cherchant à faire payer la crise sanitaire aux travailleurs et en particulier au personnel soignant il faut urgemment renforcer les moyens alloués au secteur de la santé, massivement embaucher pour ouvrir des lits dans les hôpitaux publics de revaloriser le salaire des soignants et en particulier des plus précaires et mener une politique de santé publique globale et cohérente reposant sur la vaccination, sans négliger d’autres axes tels que la gratuité des tests de dépistage qui prendra pourtant fin au mois d’octobre, malgré son caractère essentiel pour casser les chaînes de contamination. Mais pour imposer une sortie de la crise par le haut, il nous faut un réel plan de bataille. En ce sens, le silence des directions syndicales telles que la direction de la CGT est questionnable, et il s’agit de se mobiliser autour d’un programme sanitaire ouvrier dans la rue.




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