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Télétravail et garde d’enfants : le gouvernement se fout de nous !

Alors que de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer l'incompatibilité du télétravail et de la garde d'enfants, le gouvernement propose une nouvelle mesure cosmétique, qui ne sera appliquée qu'au bon vouloir des patrons.

jeudi 1er avril

Les dernières annonces de Macron ont tout d’une mascarade. Refusant tout bilan critique sur son absence de stratégie, il s’est contenté d’annoncer la fermeture des établissements scolaires une semaine avant les vacances de Pâques. Trois semaines pour réduire les contacts entre les enfants, et aucune annonce concernant les revendications pourtant vitales portées par les enseignants et les soignants : un investissement massif dans l’éducation et la santé, plus de personnels et de lits, des vaccins pour tous !

Des annonces qui constituent donc un véritable mépris pour ces travailleurs qui multiplient les droits de retrait pour alerter sur la situation dans lesquels ils sont. Et un véritable casse-tête pour les parents qui ont à charge des enfants en bas âge mais que le gouvernement et le patronat préfèrent voir télé-travailler plutôt que de proposer une solution pérenne.

Des annonces dans la continuité du confinement « made in MEDEF » imposé par le gouvernement depuis des mois, qui restreint drastiquement toute possibilité de vie sociale, mais a maintenu tant que possible les écoles ouvertes pour que leurs parents continuent à aller travailler, sans se soucier du taux de contamination impossible à endiguer dans les établissements scolaires et les transports en commun.

En effet, selon le gouvernement les travailleurs ne pouvant travailler depuis leur domicile mais ayant des enfants de moins de 16 ans ou handicapés à charge pourront bénéficier du chômage partiel (qui, rappelons-le, correspond seulement à 84% du salaire net). Mais cette mesure ne s’applique pas automatiquement aux parents en télétravail, situation sur laquelle Macron n’a absolument pas communiqué lors de son allocution, et qui a rapidement été dénoncée dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Ainsi, sur le plateau de BFMTV ce jeudi, on pouvait entendre le député de la majorité Bruno Questel se prendre les pieds dans le tapis quand le journaliste lui demande s’il trouve normal qu’un parent seul qui télétravaille doive prendre en charge son enfant sans indemnisation : « Mais il télétravaille, donc il est rémunéré », répond Bruno Questel avec un mépris inégalable. La polémique a pris une telle ampleur que le gouvernement a rapidement dû annoncer des mesures supplémentaires pour les parents travaillant à domicile, notamment via un tweet d’Élisabeth Borne, ministre du Travail.

Une personne se trouvant dans cette situation devra « remettre à son employeur une attestation sur l’honneur indiquant qu’il est le seul des deux parents demandant à bénéficier de l’activité partielle au motif de la garde d’enfant ». Le ministère du Travail ajoute : « Chaque salarié peut avoir une discussion avec son employeur/manager en fonction de sa situation personnelle ».

Ainsi, la possibilité de bénéficier du chômage partiel pour s’occuper de ses enfants est soumise à l’arbitraire des patrons, qui ont prouvé à de multiples reprises depuis le début de la crise sanitaire et économique que pour eux, nos vies valent moins que leurs profits.

Cette mesure n’est en rien contraignante pour les employeurs – au contraire, le gouvernement multiplie les tentatives de rassurer le patronat, en faisant reposer sur l’État la rémunération du chômage partiel notamment. Il y a fort à parier que de nombreux parents se verront refuser l’application de cette mesure s’ils en font la demande, voire même seront soumis à un chantage à l’emploi, puisque l’employeur n’a aucune obligation d’accepter ces aménagements.

Pourtant, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer l’impossibilité totale de travailler depuis chez soi tout en gardant ses enfants, en leur faisant cours à la maison.

Récemment, un drame a mis en lumière l’impossibilité de travailler à domicile tout en gardant des enfants en bas âge. Quelques heures avant l’allocution de Macron ce mercredi, deux fillettes de 2 et 5 ans sont tombées par la fenêtre du premier étage de leur maison, tandis que leur mère était en visio-conférence pour le travail.

Et qu’en est-il pour les enseignants, forcés de donner cours à distance sans moyens supplémentaires tout en s’occupant de leurs enfants ? Les élus LREM semblent tout juste réaliser, après plus d’un an de crise sanitaire, qu’avoir des enfants à charge représente un véritable travail. Un travail qui repose encore en grande majorité sur les femmes et révèle d’importantes disparités au sein des foyers, sur lesquelles le gouvernement a fait le choix de fermer les yeux, en laissant au bon vouloir des patrons la possibilité de s’occuper de ses enfants dans de bonnes conditions.

« C’est pour les femmes que la situation s’est le plus nettement détériorée, relate une étude. Parmi celles qui étaient en emploi au 1er mars 2020, deux sur trois seulement continuent de travailler deux mois plus tard, contre trois hommes sur quatre. Quand elles sont en emploi, les femmes sont autant en télétravail que les hommes, mais leurs conditions diffèrent. La pratique du télétravail révèle en réalité des inégalités plus profondes de conditions de vie, qui se déploient au domicile et dans la sphère privée. »

Face aux effets d’annonce du gouvernement, qui nous mène droit vers la catastrophe depuis plus d’un avec une gestion de crise désastreuse, il est temps de prendre nos affaires en main et d’exiger un chômage partiel à 100 % et pris en charge par le patronat, un investissement massif dans l’éducation et le système de santé, un plan vaccinal à la hauteur de la situation, pour ne plus payer cette crise à la place du patronat.




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