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Rentrée mouvementée

Tolbiac. Les étudiants et personnels votent l’extension de la grève

Ce lundi 20 janvier s’est tenue à Tolbiac (P1) une Assemblée générale qui a rassemblé 400 étudiants et des professeurs en grève. Plusieurs agents de la RATP et de la SNCF sont intervenus pour appeler les universités à rejoindre la mobilisation. Une rentrée sur les chapeaux de roue.

lundi 20 janvier

En ce jour de rentrée, après plus d’un mois et demi de fermeture administrative, les étudiants ont connu une rentrée anormale. Dès 8h ce matin professeurs, personnels administratifs et étudiants ont tenu un piquet de grève, distribué des tracts et redécoré la faculté aux couleurs de la grève pour lancer un mot d’ordre : il n’y aura pas de rentrée et ce jusqu’au retrait de la réforme des retraites. A l’image de ce qui a pu être constaté dans la rue le 16 janvier avec un cortège de jeunesse, de l’enseignement et du milieu universitaire très réussi, une dynamique nouvelle de mobilisation est en train de se lancer dans les lycées et maintenant sur les universités.

Ce sont donc les assemblées générales d’UFR (Unité de Formation et de Recherche) qui se succèdent depuis une semaine. L’UFR de sciences politiques a appelé à la grève générale la semaine dernière, les professeurs se déclarant en grève reconductible et proposant pour cette semaine de rentrée des cours alternatifs tels que l’organisation de conférences sur la réforme des retraites ou sur la convergence des luttes. L’UFR de socio leur a aujourd’hui emboîté le pas votant en assemblée à l’unanimité la grève générale jusqu’au 28. Enfin la jeunesse, qui a pour l’instant pris part de manière assez discrète à ce mouvement historique, s’est réunie en Assemblée générale à environ 400 personnes pour tenter de s’organiser et combattre une hésitation à l’engagement, à l’heure où la situation est urgente alors que le mouvement de grève dure depuis 47 jours, pour enfin saisir l’opportunité incandescente de gagner face à Macron.

C’est pour rappeler la nécessité des liens interprofessionnels et de la généralisation de la grève que sont venus des grévistes du dépôt de bus RATP d’Ivry et des agents SNCF du Bourget ou du technicentre de Chatillon. Alors que le gouvernement et les médias tentent de faire croire à une disparition du mouvement, les grévistes sont intervenus dans l’assemblée générale des étudiants pour dire que l’heure n’était pas à l’abandon, que la RATP et la SNCF avaient joué le rôle de locomotive et qu’il était temps que les étudiants prennent le relais. C’est dans ce sens que Clément du technicentre de Chatillon ou encore Romain machiniste sont venus s’adresser aux étudiants, aux professeurs et personnels en les appelant à se lancer enfin pleinement dans la bataille.

Les discours de ces grévistes, acclamés, illustrent ce qui inquiète le gouvernement et la présidence de l’université : l’union des travailleurs et de la jeunesse tellement décisive en 1968 ou encore en 1995. C’est contre cette union que la présidence de l’université de Paris 1, George Haddad en tête, lutte activement en ayant décidé de fermer les centres étudiants à chaque fois qu’une assemblée générale était annoncée, empêchant de fait toute possibilité de cadre d’auto-organisation estudiantin, interdisant ainsi la création d’un mouvement étudiant et sa jonction avec les travailleurs en grève.

C’est ainsi que Tolbiac a été fermé plus d’un mois et demi, que la direction a tenté de maintenir les partiels coûte que coûte alors même qu’un mouvement historique était en cours. Aujourd’hui enfin dix camions de CRS et un car attendaient les étudiants à la sortie de leur Assemblée générale.

L’AG de rentrée s’est donc faite sous surveillance policière, avec des CRS prêts à réprimer et empêcher tout débordement. Une fois de plus il est évident que ce dispositif est la conséquence d’un travail effectué main dans la main entre les forces de police et la présidence pour prévenir toute tentative de mobilisation, tout risque de blocage ou d’occupation.

C’est donc en votant la tenue de la prochaine Assemblée générale jeudi prochain à la veille du passage de la réforme en conseil des ministres et d’une manifestation qui s’annonce d’ampleur, c’est en préparant une semaine de mobilisation et la participation à de nombreuses actions, que les étudiants de Tolbiac ont terminé cette AG et ont décidé de s’inscrire dans le combat contre la réforme des retraites. Un premier essai qu’il s’agit de confirmer.




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